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Moins d'espions russes aux USA mais plus difficiles à surveiller

reuters.com

Publié le 28 mars 2018 à 14:49 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:09

Moins d'espions russes aux usa mais plus difficiles a surveiller

Moins d'espions russes aux usa mais plus difficiles a surveiller

LINDSEY WASSON

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Warren Strobel et John Walcott

WASHINGTON (Reuters) - L'expulsion par les Etats-Unis de 60 diplomates Russes ne réduira sans doute pas la capacité de la Russie d'espionner les Etats-Unis, expliquent des responsables actuels et passés de l'administration américaine, car l'espionnage a évolué et passe désormais souvent par le piratage informatique.

Le président Donald Trump a annoncé lundi l'expulsion de 60 diplomates russes et la fermeture du consulat de Russie à Seattle après l'empoisonnement de Sergueï Skripal, un ancien agent russe installé en Grande-Bretagne.

Au XXIe siècle, la Russie, comme les Etats-Unis d'ailleurs, continue d'envoyer des espions à l'étranger sous le couvert de postes dans ses missions diplomatiques. Mais elle va aussi beaucoup plus loin dans le recrutement.

Ses cibles sont des émigrés russes, des ressortissants américains et son mode opératoire passe par l'établissement de sociétés-écrans quand ce n'est pas l'infiltration d'entreprises par des "hackers" pour y pirater les réseaux informatiques.

Le président Vladimir Poutine, lui-même un ancien espion, a modernisé l'approche des services de renseignement russes, estime un ancien haut responsable de l'administration américaine.

"La Russie auparavant avait une seule manière de faire les choses (en matière d'espionnage). Maintenant, avec Poutine, c'est 'on sème à tout vent'", résume-t-il.

Une nouvelle approche qui a pris de l'ampleur à partir de 2012 et le retour de Vladimir Poutine à la présidence et s'est renforcée lors de la crise ukrainienne et l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014.

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Un autre ancien responsable à Washington explique que cette diversification dans l'approche préconisée par Moscou rend la lutte contre l'espionnage russe "plus complexe", notamment en raison des techniques utilisées.

"NOUVEAUX" ESPIONS

De grandes entreprises informatiques sont parfois ciblées. Ce fut le cas il y a quelques années de Microsoft.

En 2010, un espion russe de 23 ans, Alexeï Karetnikov, qui travaillait dans une unité de codage au siège de Microsoft, à Richmond, dans l'Etat de Washington, avait été expulsé par une décision de justice.

Microsoft a refusé tout commentaire pour cet article.

Néanmoins, l'espionnage "classique" - des espions se faisant passer pour des diplomates - continue d'exister.

Avant l'ordre d'expulsion des diplomates russes lundi, un responsable de l'administration Trump expliquait à la presse qu'il y a avait "plus de 100" espions russes présents aux Etats-Unis en tant que diplomate.

Leur nombre varie, souligne un autre, "mais c'est en moyenne autour de 150".

Le FBI et les services de contre-espionnage américains disposent, dit-on de mêmes sources, des moyens humains et techniques pour suivre de près tous ces espions.

Mais, fait-on remarquer, il faut une dizaine d'agents du FBI ou d'une agence de renseignement pour effectuer une surveillance efficace d'une seule personne 24 heures sur 24.

Face à ces surveillances, les Russes, ajoute-t-on, ont développé une parade. Ils font parfois sortir plusieurs personnes en même temps d'une mission diplomatique afin de semer la confusion et de compliquer les filatures.

Pour Michael Rochford, un ancien directeur des services d'espionnage au FBI, l'expulsion massive de diplomates russes décidée cette semaine aura un impact sur les services de renseignement de Moscou, ne serait-ce que sur leur moral.

Dans le passé en pareil cas, les Russes ont transmis les dossiers en cours à ceux qui n'ont pas été expulsés et qui restent sur place ou à des "illégaux" - des agents n'ayant pas de liens avérés avec le gouvernement de Moscou.

L'ironie d'une telle situation, et cela va être le cas actuellement, explique Michael Rochford, est qu'on se retrouve face à de "nouveaux" espions, dont on ne connaît pas l'identité.

Parfois, dit-il, "c'est préférable de savoir qui ils sont pour pouvoir les surveiller".

(Gilles Trequesser pour le service français)

reuters.com

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