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Le procureur veut éviter la prison aux huit de Tarnac

reuters.com

Publié le 28 mars 2018 à 17:33 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:09

Le procureur veut eviter la prison aux huit de tarnac

Le procureur veut eviter la prison aux huit de tarnac

Eric Gaillard

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le ministère public a requis mercredi des peines symboliques contre huit militants anticapitalistes du groupe dit de Tarnac, dont deux accusés de dégradation d'une ligne TGV en 2008, peines qui leur éviteraient d'aller en prison.

Il a requis quatre ans de prison dont 42 mois avec sursis contre Julien Coupat, 43 ans, présenté à l'époque comme le chef et l'idéologue du groupe, et deux ans de détention dont 22 mois avec sursis, contre son ex-compagne, Yildune Levy, 34 ans.

Des peines assorties d'une mise à l'épreuve de 24 mois et couvrant la détention provisoire qu'ils ont déjà effectuée - respectivement six et deux mois.

Tous deux sont accusés d'avoir posé, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, un cavalier en fer à béton sur la caténaire d'une ligne TGV, fait qu'ils ont toujours nié.

Le ministère public a requis contre les six autres prévenus des peines de six mois à un an de prison avec sursis.

Il a également demandé contre six des huit prévenus, dont Julien Coupat et Yildune Levy, une amende de 1.000 euros avec sursis pour refus de se soumettre à un prélèvement ADN.

Le principal procureur a certes estimé que ces cinq hommes et trois femmes étaient coupables de pratiquement tous les faits qui leur sont reprochés.

Mais "il est évident qu'il faut prendre en compte le temps écoulé et les personnalités des prévenus", a-t-il ajouté. "La société n'aurait rien à gagner à ce qu'ils soient condamnés à des peines qui les enverraient en prison."

En 2008, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ils étaient présentés par les autorités comme des terroristes en puissance de la mouvance "anarcho-autonome". Mais la Cour de cassation a écarté la qualification terroriste le 10 janvier 2017.

Après neuf ans de procédure, Julien Coupat, Yildune Levy et deux autres prévenus sont jugés pour association de malfaiteurs et, pour l'ex-couple, de dégradation de matériel ferroviaire, pour laquelle la SNCF demande 74.600 euros de réparations.

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Les autres comparaissaient pour des délits mineurs, comme la falsification de documents ou le recel de documents volés.

ZONES D'OMBRES

Le 26 octobre 2008 et dans la nuit du 7 au 8 novembre, des cavaliers en fer à béton posés sur les caténaires de lignes TGV avaient provoqué d'importantes perturbations du trafic SNCF.

Mais faute d'éléments probants pour quatre de ces sabotages, l'accusation n'a retenu que celui de Dhuisy (Seine-et-Marne), lieu près duquel la police dit avoir repéré la nuit des faits Julien Coupat et Yildune Levy, déjà sous surveillance.

Le ministère public a rejeté l'argument d'une balade en amoureux, invoqué par ces deux prévenus pour justifier leur présence cette nuit-là dans une région fort peu touristique.

Mais un transport du tribunal sur place, fait exceptionnel pour un tel procès, n'a cependant pas vraiment permis le 23 mars de lever les doutes pesant sur le PV de surveillance, que les avocats de la défense disent truffé d'incohérences.

Si des prévenus, dont Julien Coupat, se sont montrés très loquaces, donnant parfois l'impression de prendre eux-mêmes en main leur défense tout au long du procès, plusieurs acteurs clefs de l'époque des faits ne sont en revanche pas venus.

C'est le cas de l'ancienne ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui avait évoqué une "résurgence violente de l'extrême gauche radicale". Ou de Jean-Claude Marin, alors procureur de la République, selon qui Tarnac, village corrézien où les prévenus vivaient en communauté, était la base arrière d'"un noyau dur dont l'objet est la lutte armée".

Les deux procureurs représentant le ministère public ont défendu la procédure, tout en reconnaissant ses faiblesses.

"Ce n'est pas une procédure exemplaire mais ce n'est pas non plus une procédure indigne ou un monstre juridique et politique marqué du sceau de la déloyauté ou fondé sur des faux PV", dit l'un d'eux au début de son réquisitoire.

Les avocats de la défense, qui n'ont eu de cesse de dénoncer un dossier monté pour couvrir, selon eux, les zones d'ombre de l'enquête, voire pour des raisons politiques, ont l'intention de plaider la relaxe de leurs clients.

(Edité par Arthur Connan)

reuters.com

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