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La France frappe les "capacités chimiques" de la Syrie

reuters.com

Publié le 14 avril 2018 à 09:09 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:05

La france frappe les "capacites chimiques" de la syrie

La france frappe les "capacites chimiques" de la syrie

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PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi avoir donné l'ordre aux forces armées françaises de participer à une opération militaire aux côtés des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne contre l'arsenal chimique syrien, sept jours après l'attaque de Douma imputée au régime de Damas.

"Les faits et la responsabilité du régime syrien (dans l'attaque du 7 avril-NDLR) ne font aucun doute", a estimé le chef de l'Etat dans un communiqué. "La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 (en matière d'utilisation d'armes chimiques) a été franchie."

"Notre réponse a été circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques", a-t-il poursuivi. "Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques, qui est un danger immédiat pour le peuple syrien et pour notre sécurité collective."

Une courte vidéo diffusée dans la nuit sur le compte Twitter de l'Elysée montre le décollage de plusieurs avions de chasse Rafale d'une base qui n'est pas identifiée, avec cette légende : "Décollage, cette nuit, des forces armées françaises qui interviennent contre l'arsenal chimique clandestin du régime syrien."

La ministre des Armées, Florence Parly, a pour sa part diffusé sur son compte Twitter la photo d'un Rafale en phase de décollage. Le ministère n'avait pas apporté plus de précisions à ce stade. Les Rafale sont dotés de missiles Scalp. Les appareils basés en France le sont à Saint-Dizier (Haute-Marne), notamment.

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Il s'agit des premières frappes françaises visant des installations du régime de Bachar al Assad depuis le début du conflit en 2011 en Syrie où la France est engagée militairement depuis 2015 contre l'Etat islamique.

La Syrie a démenti être à l'origine de l'attaque chimique du 7 avril à Douma qui a fait selon des témoins et des sauveteurs plus de 60 morts et de près de mille blessés. La Russie, fidèle alliée et soutien militaire de Damas, a elle dénoncé "une mise en scène" et prévenu cette semaine que tout missile américain tiré sur la Syrie serait abattu.

Dans son communiqué, Emmanuel Macron a précisé qu'il poursuivrait "avec détermination dans les jours et les semaines à venir" les priorités de la France : "terminer la lutte contre Daech, permettre l'accès de l'aide humanitaire aux populations civiles, enclencher une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit, afin que la Syrie retrouve enfin la paix, et veiller à la stabilité de la région".

"La France et ses partenaires reprendront, dès aujourd'hui, leurs efforts aux Nations unies pour permettre la mise en place d'un mécanisme international d'établissement des responsabilités, prévenir l'impunité et empêcher toute velléité de récidive du régime syrien", a-t-il ajouté.

"RESPECTER LES LIGNES ROUGES"

Conformément à l'article 35 de la Constitution, le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, a-t-il ajouté, répondant à une demande exprimée notamment par le chef de file des députés Les Républicains Christian Jacob vendredi.

A l'été 2013, la France était prête à intervenir après les informations faisant état de bombardements chimiques dans la Ghouta orientale, avant d'être contrainte de renoncer à la dernière minute en raison de la volte-face de l'administration américaine.

Ce "lâchage" en plein vol de Barack Obama - alors président - avait été mal vécu par son homologue français de l'époque François Hollande qui estimait qu'une intervention aurait pu changer le cours du conflit.

Dès son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron avait pour sa part fixé, à l'issue d'un entretien avec Vladimir Poutine à Versailles en mai 2017, deux "lignes rouges" en Syrie - l'accès à l'aide humanitaire et le recours à des armes chimiques "par qui que ce soit" - évoquant une "riposte immédiate de la part des Français" si un tel recours était avéré.

"Quand vous fixez des lignes rouges", avait-il ajouté un mois plus tard dans une interview au Figaro, "si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d'être faible. Ce n'est pas mon choix."

(Jean-Baptiste Vey, Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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