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Les Occidentaux frappent en Syrie, avertissement à Assad

reuters.com

Publié le 14 avril 2018 à 09:07 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:05

Le soutien de moscou pose question

Le soutien de moscou pose question

Sana Sana

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par Steve Holland et Tom Perry

WASHINGTON/BEYROUTH (Reuters) - Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont mené dans la nuit de vendredi à samedi des frappes coordonnées en Syrie en représailles à l'attaque chimique menée le week-end dernier à Douma, dans l'ex-enclave rebelle de la Ghouta orientale, imputée au régime de Bachar al Assad.

Le président américain Donald Trump, qui a annoncé l'opération lors d'une brève allocution télévisée vers 21h00 (01h00 GMT), s'est félicité dans un tweet matinal que la mission avait été accomplie lors de cette opération "parfaitement exécutée".

Le Pentagone, dans sa première évaluation de l'initiative, a précisé qu'un coup sévère avait été porté au programme d'armement chimique du régime syrien qui se trouve affaibli pour plusieurs années, a dit le directeur de l'état-major américain, le général Kenneth McKenzie.

Selon la ministre française de la Défense, l'opération menée en Syrie est un succès et tous les missiles français ont atteint leurs cibles.

"Compte tenu des informations dont nous disposons, je peux affirmer que la mission est un succès", a déclaré la ministre des armées. "Ses objectifs militaires sont atteints et la capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie."

L'ONU NE CONDAMNE PAS

Ces frappes constituent la plus importante intervention des puissances occidentales contre le président syrien en plus de sept ans de guerre civile mais elles ne devraient pas changer le cours du conflit, comme l'a déploré l'opposition syrienne, qui craint désormais des représailles.

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Si les trois puissances ont salué l'efficacité de cette opération coordonnée, cette dernière pose la question de savoir ce que Paris, Londres et Washington entendent faire désormais face au régime d'Assad soutenu par Moscou.

Réuni à la demande de la Russie, le Conseil de sécurité n'a pas adopté le projet de résolution russe qui entendait condamner l'agression commise contre la République arabe syrienne par les Etats-Unis et leurs alliés en violation du droit international et de la Charte des Nations unies".

Parmi les membres du Conseil, seules la Russie, la Chine et la Bolivie ont voté en faveur du projet. Huit pays s'y sont opposés et quatre autre se sont abstenus.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a toutefois prévenu que les Etats-Unis restaient prêts à frapper de nouveau.

"Nous sommes prêts à maintenir cette pression, si le régime syrien est assez fou pour tester notre volonté", a-t-elle dit . "Si le régime syrien utilise à nouveau ce poison, les Etats-Unis sont prêts à faire feu".

POUTINE SILENCIEUX

A Moscou, le président russe, Vladimir Poutine est pour l'heure resté silencieux tandis que son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dénonçait des frappes "inacceptables et hors-la-loi."

Les puissances occidentales ont dit que les frappes étaient terminées pour l'instant tandis que la Syrie diffusait une vidéo montrant Assad arrivant à son bureau comme à l'accoutumée et sous-titrée "matinée de résistance".

La Première ministre britannique Theresa May, qui a qualifié les frappes de "limitées et ciblées", a dit qu'elle les avait autorisées sur la base de renseignements confirmant l'utilisation d'armes chimiques lors de l'attaque qui a fait des dizaines de morts le 7 avril dernier à Douma.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré dans un communiqué que la réponse des Occidentaux avait "été circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques".

Plus de 100 missiles ont été tirés au cours de l'opération qui a combiné des moyens navals et aériens et ciblé trois des principales capacités chimiques du régime syrien, ont indiqué le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, et le président de l'état-major interarmes des forces américaines, le général Joseph Dunford, lors d'un point de presse au Pentagone.

Les cibles visées étaient un centre de recherche, de développement et de test d'armes chimiques et biologiques situé dans la grande banlieue de Damas, un entrepôt d'armes chimiques situé à proximité de la ville de Homs et un site comprenant à la fois des capacités de stockage d'armes chimiques ainsi qu'un poste de commandement, également à proximité de Homs.

Il n'a pas été fait état de victimes civiles.

DEUX FOIS PLUS FORT QU'EN AVRIL 2017

La Russie, qui soutient, comme l'Iran, le régime syrien, a mis en garde les Occidentaux.

"Une fois de plus, on nous menace. Nous avons prévenu que de telles actions ne resteraient pas sans conséquences", a averti l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, sur Twitter.

La ministre française de la Défense, Florence Parly, a dit que les Russes "avaient été prévenus en amont" pour éviter tout risque d'escalade militaire.,

Le Pentagone a estimé que la défense aérienne syrienne avait été relativement inefficace pourtant selon la Russie 71 missiles ont été interceptés.

Un haut responsable de l'alliance régionale soutenant Assad a dit que le gouvernement syrien et ses alliés avaient "absorbé" l'attaque et que les sites ciblés avaient été évacués il y a plusieurs jours à la suite d'informations émanant de la Russie.

Le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a qualifié les frappes de crime qui ne leur donnera aucun avantage tandis que le numéro 2 des Gardiens de la révolution iranienne a dit que Washington devait se préparer à affronter les conséquences de ses actes.

Lors de son point de presse, Jim Mattis, a précisé que les armes utilisées contre la Syrie étaient deux fois plus nombreuses qu'en avril 2017, quand 59 missiles Tomahawk avaient été lancés contre une base aérienne de l'armée syrienne en riposte à une précédente attaque chimique à Khan Cheikhoune.

"VOIE SOMBRE"

Les Etats-Unis n'ont procédé aux attaques qu'après avoir obtenu des preuves indiscutables de l'utilisation de chlore lors de l'attaque du 7 avril à Douma, a indiqué Jim Mattis. Il n'y a en revanche pas de preuve concluantes de l'utilisation de gaz sarin, a-t-il ajouté.

Le chef du Pentagone, qui selon des responsables américains souhaiter éviter une opération d'envergure par crainte d'une confrontation directe avec la Russie, a précisé qu'il s'agissait de "frappes ponctuelles".

La suite dépendra d'Assad, a-t-il ajouté, laissant entendre que le président syrien s'exposerait à de nouvelles frappes s'il recourt à nouveau à ses armes chimiques.

Trump, très critique de l'engagement militaire américain au Moyen-Orient, a dit souhaiter un retrait rapide des quelques 2.000 soldats américains déployées en Syrie dans la cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique.

"Les Etats-Unis ne cherchent, sous aucun prétexte, à rester indéfiniment en Syrie", a-t-il déclaré lors de son allocution télévisée.

"Le but de nos interventions cette nuit est de créer un puissant effet de dissuasion contre la production, la diffusion et l'utilisation d'armes chimiques."

"A l'Iran et à la Russie, je pose la question: quel genre de nation veut être associée au meurtre de masse d'hommes, de femmes et d'enfants innocents ?", les a interpellées Trump.

Le président américain a trouvé un écho chez son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qui a salué le message adressé à Bachar al Assad qui, a-t-il dit, massacre son peuple.

L'opération a également été favorablement accueillie en Israël où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé d'un "signal important".

(Avec les bureaux de Washington, Londres, Beyrouth, Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey à Paris; Henri-Pierre André et Marc Joanny pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

reuters.com

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