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Macron à Washington, acte II de sa lune de miel avec Trump

reuters.com

Publié le 21 avril 2018 à 08:59 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:03

Macron a washington, acte ii de sa lune de miel avec trump

Macron a washington, acte ii de sa lune de miel avec trump

Benoit Tessier

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Neuf mois après le défilé du 14-Juillet et le "dîner entre amis" en haut de la Tour Eiffel, Emmanuel Macron entame lundi une visite d'Etat à Washington, acte II de sa lune de miel avec Donald Trump qui pourrait être mise à rude épreuve dans les prochaines semaines avec des échéances cruciales sur l'Iran et le commerce.

Un an après leur première et vigoureuse poignée de main en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles, Donald Trump va dérouler pendant trois jours le tapis rouge à son homologue français, premier dirigeant étranger à être reçu en visite d'Etat à la Maison blanche sous sa présidence.

Au programme, un dîner à Mount Vernon, demeure historique de George Washington lundi, un entretien à la Maison blanche, un déjeuner au département d'Etat, une cérémonie au cimetière d'Arlington mardi puis un discours au Congrès mercredi, avant un échange avec des étudiants.

L'allocution au Capitole, qui devrait durer une trentaine de minutes, est devenue une tradition pour les présidents français de la Ve République qui, à l'exception de François Hollande, se sont tous exprimés devant les élus américains dans des contextes plus ou moins tendus.

Plus de 40 ans après Valéry Giscard d'Estaing, Emmanuel Macron devrait lui aussi opter pour l'anglais et adresser un message "d'amitié et de respect" à la nation américaine, selon son entourage.

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"L'idée est de dépasser les contingences de l'actualité immédiate, d'élargir la focale pour regarder l'ensemble de l'histoire des relations entre nos deux pays qui n'ont jamais été en guerre", souligne-t-on à l'Elysée.

"A l'heure où nous sommes confrontés à des défis d'une complexité inégalée, la question qui se posera lors de ce discours devant le Congrès c'est : est-ce que vous voulez qu'on continue d'écrire l'Histoire ensemble?"

PAS D'ESPOIR D'ACCORDS

Les pommes de discorde - climat, Iran et commerce - seront certes abordées pendant cette visite d'Etat, notamment lors de l'entretien dans le bureau Ovale mardi, mais ne devraient donc pas être au centre du déplacement, selon l'entourage d'Emmanuel Macron.

"On espère que cette visite va être utile pour mieux expliquer nos positions mais, sur ces trois sujets, on n'espère pas de 'deal', on ne prévoit pas d'engranger d'accord lors de ces trois jours", dit-on. "Ce n'est pas vraiment l'objet de cette visite, c'est une visite très politique".

Depuis son élection en mai 2017, Emmanuel Macron est parvenu à tisser une relation "amicale" avec son homologue de 30 ans son aîné, en optant pour une mise en avant des points de convergence, notamment la lutte contre le terrorisme.

"L'alchimie particulière qui s'est construite entre les deux présidents s'est progressivement transformée en une volonté authentique de dialogue constructif même lorsqu'ils sont en désaccord", souligne Pierre Vimont, chercheur associé à Carnegie Europe sur le site du think tank.

Le chef de l'Etat français est toutefois contraint de marcher sur des oeufs avec l'ancien magnat de l'immobilier, dont l'imprévisibilité a donné - et continue de donner - des sueurs froides aux chancelleries du monde entier.

"Ce n'est pas un homme politique classique", reconnaissait diplomatiquement le chef de l'Etat français en janvier. "Parfois je parviens à le convaincre, parfois j'échoue".

"Ce qui est important pour nous, c'est d'être engagé dans un dialogue continu", insiste un haut responsable français, qui ajoute : "on sait les décisions qu'il a prises, on ne sait pas les décisions qu'il aurait pu prendre ni quelle part on a eu dans l'évolution de sa réflexion".

"INTERLOCUTEUR PRIVILÉGIÉ EN EUROPE"

Les deux échéances sur l'accord sur le programme nucléaire iranien et l'acier devraient constituer un bon baromètre. Donald Trump a donné aux signataires européens jusqu'au 12 mai pour "réparer les affreuses erreurs" de l'accord, faute de quoi il refusera de prolonger l'assouplissement des sanctions américaines contre la république islamique.

Parallèlement, l'Union européenne a jusqu'au 1er mai pour négocier des exemptions permanentes aux tarifs de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium que Donald Trump a décidé en mars d'instaurer.

"Sur l'Iran, il y a des négociations qui ont bien avancé depuis le mois de janvier mais son équipe rapprochée nous dit qu'il n'a pas encore pris sa décision", note-t-on à Paris, où l'on se montre très prudent.

"Les Européens, notamment l'E-3 (France, Allemagne te Grande-Bretagne, ndlr), ont travaillé dur pour essayer de répondre à certaines de nos préoccupations les plus importantes concernant le programme de missiles balistiques de l'Iran (...) Ce travail n'est pas encore terminé", a confirmé vendredi un haut fonctionnaire américain ayant requis l'anonymat.

La marge de manoeuvre s'annonce étroite. Alliés dans la lutte contre l'Etat islamique et contre les groupes djihadistes dans le Sahel, la France et les Etats-Unis ont encore une fois pu démontrer la solidité de cette alliance avec les récentes frappes menées en Syrie contre l'arsenal chimique du régime de Bachar al Assad.

Mais le limogeage du secrétaire d'Etat Rex Tillerson et son remplacement par "le faucon" Mike Pompeo, combinés à la nomination de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale, sont perçus comme un durcissement de la politique américaine et de mauvais augure pour l'accord iranien.

Il n'en reste pas moins qu'à l'heure actuelle, Emmanuel Macron est parvenu à échapper aux tweets ou aux déclarations critiques - contrairement à la chancelière allemande Angela Merkel, qui était le point de contact en Europe sous la présidence Obama aux dépens de François Hollande.

"L'interlocuteur principal à l'heure actuelle de Donald Trump en Europe, c'est la France", abonde Dominique Moïsi, géopolitologue et conseiller spécial de l'institut français des relations internationales (Ifri).

Angela Merkel, qui sera en visite à Washington le 27 avril, "a incontestablement irrité Donald Trump, elle ne semble pas exercer de séduction ou de fascination sur lui et le contraire est vrai".

(avec John Irish, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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