Le chef de l'opposition arménienne appelle à la grève générale
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Le chef de l'opposition appelle les armeniens a le soutenir
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Le chef de l'opposition appelle les armeniens a le soutenir
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par Hasmik Mkrtchyan et Margarita Antidze
EREVAN (Reuters) - Le chef de l'opposition arménienne, Nikol Pachinian, a appelé mardi des dizaines de milliers de partisans réunis à Erevan à mener une vaste campagne de désobéissance civile après le rejet de sa nomination comme Premier ministre par le parti au pouvoir.
L'ancien journaliste devenu député, qui a pris la tête de la contestation à l'origine de la démission du Premier ministre et ancien président Serge Sarkissian le 23 avril dernier après onze jours de manifestations, avait présenté son élection au poste de Premier ministre par intérim comme le seul moyen de sortir de la crise qui secoue le pays depuis près de trois semaines.
Mais sa candidature n'a obtenu que 45 voix sur 105 à l'Assemblée nationale, le parlement monocaméral, contrôlé par le Parti républicain de Serge Sarkissian (58 élus).
"Nous bloquerons les rues, les aéroports, le métro, les chemins de fer, tout ce qui peut être bloqué", a déclaré à l'issue du vote Nikol Pachinian à la foule rassemblée sur la place de la République à Erevan.
"Si tout le monde participe à cet acte total de désobéissance cvile, ce sera une victoire totale pour le peuple d'Arménie. Notre lutte est une lutte non-violente, c'est un acte pacifique de désobéissance civile", a-t-il lancé, appelant les policiers à rejoindre le mouvement, qui débutera à 08h15 (04h15 GMT).
L'élection de Pachinian à la tête du gouvernement - il était le seul candidat - aurait représenté un bouleversement politique dans un pays dominé par les mêmes dirigeants depuis la fin des années 1990.
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Mais au terme de débats acrimonieux au Parlement, le Parti républicain a annoncé qu'il retirait son soutien à sa nomination. "Honte !" a crié la foule réunie place de la République, où deux écrans géants retransmettaient le vote.
"Cela montre une fois encore qu'ils se fichent de nous, les gens ordinaires", a réagi un chômeur de 61 ans, Gurgen, rencontré parmi les manifestants.
MOSCOU VIGILANT
L'Arménie, dont les relations avec l'Azerbaïdjan voisin demeurent conflictuelles, est proche de Moscou et héberge plusieurs bases militaires russes.
Le Kremlin suit avec attention l'évolution de la situation en Arménie, qui n'est pas sans rappeler les exemples de la Géorgie et de l'Ukraine, où des soulèvements populaires ont porté au pouvoir des dirigeants qui ont sorti leurs pays de l'orbite de Moscou.
Nikol Pachinian n'a cependant exprimé aucune intention en ce sens, ses critiques envers le pouvoir portant sur des questions purement intérieures, comme la corruption et la pauvreté.
L'ancien journaliste, âgé de 42 ans, est un opposant de longue date à Robert Kocharian et Serge Sarkissian, les deux hommes qui monopolisent le pouvoir en Arménie depuis une vingtaine d'années.
En 2008, il avait appuyé la tentative de retour aux affaires de Levon Ter-Petrossian, premier chef de l'Etat à l'indépendance du pays, en 1991, après la dislocation de l'Union soviétique.
Il avait été arrêté en juin 2009, accusé d'avoir organisé des manifestations post-électorales qui avaient dégénéré en violences. Condamné à quatre ans de prison, il avait été libéré deux ans plus tard à la faveur d'une amnistie.
Elu député en 2012, réélu en 2017, Pachinian s'est imposé comme leader du mouvement de contestation lorsque Sarkissian, auquel la Constitution interdisait de briguer un nouveau mandat de président, a annoncé qu'il deviendrait Premier ministre, avec des pouvoirs renforcés. Sarkissian a été président de 2008 à 2018.
(Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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