L'Iran volera de ses propres ailes quoiqu'il arrive-Rohani
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Rohani: l'iran volera de ses propres ailes quoiqu'il arrive
Keith Bedford
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Rohani: l'iran volera de ses propres ailes quoiqu'il arrive
Keith Bedford
LONDRES (Reuters) - L'Iran souhaite avoir des relations constructives avec le reste du monde mais continuera à se développer en dépit d'éventuelles sanctions, a déclaré mardi le président Hassan Rohani, quelques heures avant la décision des Etats-Unis sur l'accord nucléaire iranien.
Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de se retirer de l'accord de 2015, qui a levé les sanctions économiques contre l'Iran en échange d'un encadrement strict de l'activité nucléaire de la République islamique, à moins que ses alliés européens, qui ont également signé l'accord, ne comblent ce qu'il a qualifié de lacunes.
Le chef de la Maison blanche doit annoncer sa décision à 14h00 (18h00 GMT, 20h00 à Paris).
"Notre politique étrangère est fondée sur des relations constructives avec le monde", a déclaré Hassan Rohani dans un discours diffusé en direct à la télévision.
"Que nous soyons sous sanctions ou pas, nous devons voler de nos propres ailes. C'est très important pour le développement de notre pays", a déclaré Hassan Rohani qui rencontrait des professionnels de l'industrie pétrolière à Téhéran.
Le gouverneur de la banque centrale iranienne a pour sa part déclaré que l'économie du pays ne serait pas affectée en cas de retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire.
"Nous sommes prêts pour tous les scénarios. Si l'Amérique se retire de l'accord, notre économie ne sera pas affectée", a déclaré Valiollah Seif à la télévision.
DOLLARISATION
L'Iran a déclaré lundi que son industrie pétrolière continuerait de se développer même si les Etats-Unis réimposaient des sanctions contre Téhéran.
Les sanctions imposées à l'Iran début 2012 par les Etats-Unis et l'Union européenne sur son programme nucléaire ont réduit les exportations brutes de l'Iran, qui sont tombées d'un pic de 2,5 millions de barils par jour avant les sanctions à un peu plus d'un million de bpj, avant de remonter lorsque les sanctions internationales ont été suspendues en janvier 2016.
Sur le marché libre des changes, bien qu'officiellement fermé par les autorités, le rial se négociait mardi près de ses plus bas niveaux contre le dollar, les Iraniens, craignant un retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015, cherchant à se procurer des devises fortes.
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Le dollar s'échangeait contre 65.000 rials, selon le site web de changes Bonbast.com [https://www.bonbast.com], qui suit le marché libre. Fin 2017, il fallait 42.890 rials pour avoir un dollar.
"Cette dé-rialisation à grande échelle de l'économie iranienne a créé un chute totale de la confiance", a déclaré Mehrdad Emadi, un Iranien qui travaille comme économiste chez Betamatrix à Londres.
Selon lui, si le gouvernement iranien ne prend pas des mesures immédiates pour consolider le système bancaire et restaurer la confiance des entreprises, la monnaie pourrait dégringoler jusqu'à 110.000 rials pour un dollar.
"Un tel niveau de change se traduirait par un triplement du taux d'inflation et une dollarisation profonde de l'économie iranienne, et des transactions basées sur le troc dans les cas où une monnaie forte ne pourra être trouvée."
(Bozorgmehr Sharafedin avec Parisa Hafezi et Andrew Torchia à Dubai; Danielle Rouquié pour le service français)
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