Premières élections en Irak depuis la défaite militaire de l'EI
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Premieres elections en irak depuis la defaite militaire de l'ei
Abdullah Dhiaa Al-deen
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Premieres elections en irak depuis la defaite militaire de l'ei
Abdullah Dhiaa Al-deen
par Ahmed Aboulenein et Michael Georgy
BAGDAD (Reuters) - Plus de 24 millions d'électeurs irakiens étaient invités à participer samedi aux premières élections législatives depuis la victoire militaire sur les djihadistes du groupe Etat islamique, mais rares sont les Irakiens à penser que leurs nouveaux dirigeants seront en mesure d'apporter la stabilité et la prospérité économique promises de longue date.
Plus de 7.000 candidats étaient en lice cette année pour les 329 sièges du parlement irakien, dans les 18 provinces, ou gouvernorats, du pays. Les bureaux de vote ont fermé à 18h00 (15h00 GMT) et les résultats devraient être connus dans la soirée.
Le taux de participation s'est élevé à 44,5% des inscrits, a annoncé dans la soirée la commission électorale, après dépouillement de 92% des bulletins de vote. En 2014, il avait atteint 60%.
Une fois les résultats proclamés, la Constitution prévoit un délai maximum de 90 jours pour la formation du futur gouvernement.
Depuis le renversement de Saddam Hussein, en 2003, le poste de Premier ministre est dévolu à un chiite, la présidence du parlement revient à un sunnite et la présidence, poste largement protocolaire, est réservé à la communauté kurde. Tous trois sont désignés par les parlementaires.
Un observateur du scrutin et deux électeurs ont été tués dans un attentat dans une région sunnite au sud de Kirkouk, une attaque liée aux élections selon les services de sécurité. Le groupe Etat islamique, qui avait menacé de perturber le scrutin, a revendiqué l'attentat.
Le scrutin survient au terme d'une semaine marquée par l'annonce du retrait américain de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire du voisin iranien. La décision de Donald Trump va rebattre les cartes diplomatiques et les équilibres géopolitiques dans la région. Téhéran et Washington sont chacun de leur côté des alliés de Bagdad.
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Le futur gouvernement irakien devra donc veiller à un maintien des équilibres entre ses alliés mais aussi entre les communautés qui forment la population irakienne face aux tensions confessionnelles et séparatistes toujours prégnantes, quatre ans après l'irruption spectaculaire de l'Etat islamique.
L'organisation djihadiste, aujourd'hui en déroute sur le terrain, s'était nourrie en partie du ressentiment de la minorité sunnite, s'estimant lésée par la majorité chiite et le gouvernement alors conduit par Nouri al Maliki (2006-2014).
PERSISTANCE DE LA CORRUPTION
Le Premier ministre sortant Haïdar al Abadi, 66 ans, aborde ces élections sans garantie de succès.
Porté au pouvoir il y a quatre ans pour tenter d'en finir avec les pratiques jugées discriminantes de son prédécesseur, cet homme de compromis, inconnu à sa prise de fonction, deux mois à peine après la conquête de Mossoul par les djihadistes, a su faire taire les sceptiques.
L'ancien ingénieur un temps chargé de la maintenance des ascenseurs de la BBC lors de son exil britannique, sous Saddam, a inscrit à son bilan la victoire militaire contre l'EI, l'apaisement des tensions interconfessionnelles et le maintien de l'unité territoriale du pays après le référendum d'autodétermination kurde.
Sa liste, l'Alliance de la victoire, est la seule à présenter des candidats dans la totalité des 18 provinces. "Depuis 2003, c'est la première liste à se présenter dans les 18 provinces avec des candidats sunnites, chiites, kurdes, chrétiens et yazidis", dit Badr al Fahl, candidat sunnite sur la liste d'Abadi à Tikrit.
Mais le Premier ministre sortant est parallèlement critiqué pour la persistance de la corruption au sein de l'appareil d'Etat, les difficultés économiques et les mesures d'austérité que son gouvernement a adoptées à la suite de la baisse des cours du pétrole et au nom du financement de la lutte contre l'EI, qui coûté quelque 100 milliards de dollars au pays.
DEUX GRANDS ADVERSAIRES
Si une partie de l'électorat sunnite sait gré à Abadi, à rebours de son prédécesseur, d'avoir mené une politique plus inclusive, ses liens avec les Kurdes se sont distendus depuis que Bagdad a stoppé le référendum de septembre dernier, dont les résultats ont été annulés par la Cour suprême, et imposé des sanctions au Gouvernement régional du Kurdistan.
Haïdar al Abadi a deux principaux adversaires, Nouri al Maliki, qui tente de revenir au pouvoir, et Hadi al Amiri, commandant d'une milice chiite soutenue par l'Iran.
Même si l'Alliance de la victoire décroche le plus grand nombre de sièges, des tractations complexes seront nécessaires pour parvenir à former un nouveau gouvernement de coalition.
Comme Abadi, Amiri a mené campagne sur la victoire contre les djihadistes de l'EI. Leader de l'Organisation Badr, architecte des Forces de mobilisation populaire, alliance de milices principalement chiites qui ont été essentielles dans la bataille, il a longtemps vécu en exil en Iran, combattant à distance le régime sunnite de Saddam Hussein qui l'avait condamné à mort.
Amiri, qui est âgé de 63 ans, entretient des liens étroits avec le corps des Gardiens de la révolution iranienne, et avec son commandant pour les opérations extérieures, Qassem Soleimani, une amitié qu'il exploite à coups de photographies montrant les deux hommes en uniforme, sur les champs de bataille. Maliki, marginalisé en 2014 après huit années de pouvoir, tente lui un retour politique en continuant de se poser en champion de la communauté chiite.
(avec Maher Chmaytelli et John Davison à Bagdad et Raya Jalabi à Mossoul; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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