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Les syndicats de cheminots étalent leurs divisions

reuters.com  |   |  622  mots
Les syndicats de cheminots etalent leurs divisions[reuters.com]
(Crédits : Pascal Rossignol)

PARIS (Reuters) - Les syndicats de cheminots ont étalé mercredi leurs divergences sur l'avenir du mouvement de grève contre la réforme du secteur ferroviaire, menaçant pour certains de briser l'unité qui règne depuis le début du conflit le 3 avril.

La CGT, CFDT, l'UNSA et Sud Rail se rencontraient pour une nouvelle réunion sur l'avenir de la grève intermittente annoncée initialement pour durer jusqu'au 28 juin. Le climat est toutefois particulièrement tendu entre les quatre organisations.

Sud Rail, la CGT et l'UNSA reprochent à la CFDT d'avoir annoncé sans concertation qu'elle souhaitait une trêve de la grève pendant la semaine du baccalauréat afin d'acheminer les jeunes vers les épreuves.

Pour le secrétaire fédéral de Sud Rail, Bruno Poncet, il faut "mettre la pression sur le gouvernement" pour "gagner le retrait de cette réforme" plutôt que de parler de suspension. Il a fait savoir pendant la réunion qu'il "ne voyait pas l'intérêt d'une interfédérale" si la CFDT maintenait son appel.

L'UNSA, pour sa part, lui reproche sa volte-face sur le sujet, alors qu'elle avait elle-même fait cette proposition lors de la dernière rencontre intersyndicale. Elle estime que la CFDT met "en porte-à-faux" l'union syndicale.

"Nous, on a toujours eu cette volonté de travailler jusqu'au bout du conflit en intersyndicale. Aujourd'hui, force est de constater que certains ont pris un autre chemin", a déclaré le secrétaire général de la fédération, Roger Dillenseger.

Plusieurs dizaines de cheminots grévistes se sont retrouvés devant les locaux de la SNCF où se tient cette rencontre, dans le dixième arrondissement de Paris, pour manifester leurs craintes face à un arrêt possible du mouvement. Certains ont tenté de forcer l'entrée du bâtiment.

D'AUTRES MOBILISATIONS POSSIBLES

A l'issue de la rencontre, la CGT-Cheminots a voulu se montrer rassurante quant à la force du mouvement.

"Les organisations syndicales, CGT, UNSA, Sud Rail et CFDT ont analysé l'état du rapport de force qui démontre que les cheminots sont toujours hostiles à la réforme", a déclaré son secrétaire général, Laurent Brun.

Il a appelé les cheminots à "se mobiliser massivement" sur la journée du 28 juin, dernière date prévue de la grève, pour montrer qu'ils restaient "déterminés" et a prévenu que si la tripartite du 15 juin était "improductive", de nouvelles mobilisations seraient programmées.

La tripartite (Etat, patronat et syndicats) doit permettre de discuter de la nouvelle convention collective du secteur.

Le secrétaire général de la CFDT cheminots, Didier Aubert, a nuancé pour sa part son appel à la trêve.

"A aucun moment dans le communiqué, nous n'avons appelé à suspendre le mouvement. La CFDT a demandé (...) à ce que nos collègues puissent se mettre à disposition de la SNCF pour assurer les trains du quotidien (TER et RER) tout en continuant à appeler à la mobilisation", a-t-il dit. Cela représenterait 3 à 4.000 agents de conduite sur 150.000 cheminots, selon lui.

Il a admis qu'il y avait "plusieurs sensibilités au sein de l'intersyndicales" mais que cela ne remettait pas en question "la participation de la CFDT (...) à la nécessaire mobilisation dans la période pour obtenir satisfaction aux revendications des cheminots".

Les députés français ont adopté mercredi, à une large majorité de 452 voix contre 80, la réforme de la SNCF appelée à entrer en vigueur le 1er janvier 2020.

Issu de l'accord trouvé lundi en commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat, le texte doit être définitivement entériné jeudi par un vote en séance à la chambre haute.

(Arthur Connan avec Caroline Pailliez et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)