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Le service national universel accueilli avec scepticisme

reuters.com

Publié le 27 juin 2018 à 13:20 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:48

Le service national universel accueilli avec scepticisme

Le service national universel accueilli avec scepticisme

Amit Dave

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le service national universel (SNU), dont les grandes lignes ont été présentées ce mercredi en conseil des ministres, suscite réserves et scepticisme dans les rangs de l'opposition qui pointe des contours flous et évoque un "gadget" tenant du "bricolage".

Ce SNU, qui sera mis en place progressivement à partir de l'été 2019, concernera à terme 750.000 jeunes chaque année et comportera une partie obligatoire d'un mois et une facultative - entre trois et 12 mois, conformément aux préconisations du groupe de travail présidé par le général Daniel Ménaouine.

La première phase d'un mois, potentiellement pendant les vacances scolaires, concernera les jeunes d'environ 16 ans, "avec 15 jours d'intégration avec un brassage social et un hébergement collectif" et 15 jours "plus personnalisés par groupe de 15", a dit à la presse le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer à l'issue du conseil des ministres.

La deuxième phase, facultative, s'adressera aux jeunes entre 16 et 25 ans qui souhaitent "s'engager davantage encore pour trois, six ou douze mois" dans la culture, la défense, l'environnement, l'aide à la personne ou le tutorat.

Une consultation citoyenne, en ligne et sur le terrain, va être lancée jusqu'au 31 octobre sous l'égide du groupe de travail Ménaouine afin de trancher sur certaines questions, avant des arbitrages de l'exécutif prévues à la fin de l'année.

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Interrogé sur le coût du dispositif, l'Elysée a estimé qu'il était trop tôt, le chiffrage dépendant des modalités retenues.

Mais selon Juliette Méadel, ancienne secrétaire d'Etat sous le quinquennat de François Hollande et membre du groupe de travail Ménaouine, le coût des propositions faites par la commission serait inférieur à deux millions d'euros pour la première année, qui est une année d'expérimentation.

DEUX MILLIARDS D'EUROS PAR AN

Lorsque le rythme de croisière sera atteint, en 2026, "nous avons chiffré un coût total de 2 milliards d'euros par an", pour le seul fonctionnement, hors infrastructures, a-t-elle dit à Reuters, précisant qu'il s'agissait d'une estimation.

Source d'inquiétude pour les militaires ces derniers mois, le budget du SNU ne sera comme prévu pas inclus dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 sur laquelle les députés sont appelés à voter définitivement ce mercredi.

Souhaité par Emmanuel Macron qui vantait avant son élection "un véritable projet républicain, qui doit permettre à notre démocratie d'être plus unie et d'accroître la résilience de notre société", le SNU fait l'objet de débats.

Début juin, quinze organisations de jeunes ont signé une tribune dans laquelle ils déploraient "le cadre obligatoire, rigide et contraignant que le projet semble faire émerger" et affirmaient que "la mixité sociale ne se décrète pas".

"En réalité aujourd'hui cette idée n'est pas réalisable sauf à mettre beaucoup d'argent sur la table", a estimé Daniel Fasquelle, député Les Républicains, jugeant qu'un SNU qui aurait "du sens" devrait durer six mois.

Le co-président du groupe UDI, Agir et Indépendants à l'Assemblée nationale Jean-Christophe Lagarde a jugé pour sa part "décevant" le SNU, notant "le fossé entre ce qu'avait promis Emmanuel Macron et ce qu'on nous propose aujourd'hui".

Pour Sébastien Chenu, député Rassemblement national (RN, ex FN), le SNU proposé "est une sorte de colonie de vacances améliorée" qu'il compare à un "gadget".

Même sentiment de "bricolage" dans les rangs de La France insoumise, dont le député Adrien Quatennens a rappelé sur Sud Radio la proposition de son parti d'un "service citoyen" de neuf mois, entre 18 à 25 ans, rémunéré "au smic qui permettrait de faire un bilan en français, en maths, de passer le permis de conduire pourquoi pas et également des examens médicaux, et si possible avec une partie sur le maniement des armes mais avec un droit à l'objection de conscience".

(Marine Pennetier, Elizabeth Pineau, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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