Les bombardements s'intensifient dans le sud-ouest de la Syrie
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Syrie: quarante-six morts dans des raids aeriens depuis mercredi rapporte l'osdh
SANA
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Syrie: quarante-six morts dans des raids aeriens depuis mercredi rapporte l'osdh
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BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne intensifie depuis mercredi son offensive lancée il y a dix jours contre les zones rebelles du sud-ouest du pays, près de la frontière jordanienne et du plateau du Golan annexé par Israël, et le bilan des morts a doublé, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
En deux jours, les frappes aériennes de l'aviation gouvernementale ont fait au moins 46 morts dans la province de Deraa, qui fut en 2011 le berceau de l'insurrection contre le président Bachar al Assad.
Parmi les morts figurent 17 civils, dont cinq enfants, qui s'étaient réfugiés dans une cave dans la ville d'Al Moussaïfrah.
Depuis le début de l'offensive la semaine dernière, les affrontements ont fait 93 morts, ajoute l'OSDH.
L'armée syrienne a pris le contrôle de la ville d'Al Harak, située au nord-est de Deraa, a annoncé jeudi le service de presse du Hezbollah libanais, allié du régime syrien.
Selon l'OSDH, l'armée syrienne est entrée dans le centre-ville d'Al Harak et les combats continuent.
Un responsable de l'opposition a déclaré que les forces pro-gouvernementales cherchaient aussi à réduire de moitié le territoire occupé par les rebelles dans le sud-ouest du pays en prenant d'assaut une base aérienne située près de la frontière avec la Jordanie.
Plusieurs localités, dont Bousra al Cham, Nawa et Rakham, ont été bombardées.
"On n'arrive même plus à compter les frappes aériennes", a déclaré Abdallah Mahamid, un chef rebelle dans la ville de Deraa.
Abou Djihad, un responsable de l'opposition, a précisé qu'au moins 11.000 personnes avaient été contraintes de fuir leurs maisons depuis mercredi.
La télévision publique syrienne a rapporté que l'aviation avait visé jeudi des positions rebelles à Bousra al Cham, dans l'est de la province, et que les forces gouvernementales étaient entrées dans deux villages plus au nord-est.
Elle a ajouté que 450 combattants rebelles du secteur de Lajat s'étaient rendus aux forces loyalistes.
LA FRANCE "EXTRÊMEMENT PRÉOCCUPÉE"
Le négociateur en chef de l'opposition syrienne dans les négociations internationales, Nasr al Hariri, a déploré jeudi le "silence des Etats-Unis" face à cette offensive dans une région qui a pourtant été proclamée l'an dernier "zone de désescalade" à la suite d'un accord entre Washington, Moscou et Amman.
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Pour lui, seul un "coup tordu" peut expliquer l'inertie actuelle des Etats-Unis, qui sont intervenus par le passé ailleurs en Syrie pour contrer des attaques des forces gouvernementales.
A Paris, le ministère français des Affaires étrangères s'est dit "extrêmement préoccupé" par cette offensive conduite "en violation de l'accord de désescalade devant garantir la stabilité de cette zone".
"Ces attaques portent un risque d'escalade et de déstabilisation régionale", poursuit le Quai d'Orsay, qui appelle "la Russie à faire respecter les engagements qu'elle a souscrits concernant le cessez-le-feu dans le sud-ouest syrien".
Paris se dit "particulièrement attentif aux conséquences humanitaires de cette offensive sur la population civile et aux attaques perpétrées contre les infrastructures médicales et sanitaires, qui constituent des violations graves du droit international humanitaire".
D'après le Quai d'Orsay, ces opérations ont forcé près de 45.000 personnes à fuir. "Ces nouveaux déplacés s'ajoutent à près d'un million de personnes déplacées par le conflit depuis le début de l'année 2018."
(Ellen Francis à Beyrouth, Suleiman al-Khalidi à Amman, Sarah Dadouch à Ryad et John Irish à Paris, Eric Faye, Guy Kerivel et Jean Terzian pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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