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Migrations: Macron salue "une victoire" après un accord fragile

reuters.com

Publié le 29 juin 2018 à 10:03 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:47

Macron dit avoir refuse un centre pour migrants en france

Macron dit avoir refuse un centre pour migrants en france

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BRUXELLES (Reuters) - L'accord trouvé par les dirigeants européens sur les migrations constitue "une victoire", a déclaré Emmanuel Macron vendredi, après des semaines de tensions et de crises politiques dans l'Union européenne à moins d'un an des élections européennes.

Le président français, à l'origine de la proposition franco-italienne sur la base de laquelle les conclusions du Conseil ont été rédigées, n'a pas caché sa satisfaction, sans aller jusqu'à explicitement revendiquer une victoire personnelle.

"C'est pour moi une vraie satisfaction et une victoire. L'Europe s'est décidée, même si ça prend du temps", a-t-il dit au second jour du Conseil européen de Bruxelles.

Après neuf heures de négociations, les Vingt-Huit ont pris des engagements souvent encore flous sur un renforcement des frontières de l'UE, des "plateformes de débarquement" hors d'Europe et des "centres contrôlés" d'accueil de migrants dans les pays européens de première arrivée volontaires.

Ces centres, portés par la France, risquent cependant de n'être qu'une proposition symbolique si l'Italie, première destination des migrants et pays au coeur de la crise politique européenne sur ce sujet, choisit de ne pas en ouvrir.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, s'est félicité de l'accord, jugeant que l'Italie n'était plus "seule", et précisé que son pays déciderait ultérieurement de se doter ou non de centres d'accueil.

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Le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue d'extrême droite qui a relancé la crise européenne, a salué l'accord tout en précisant qu'il attendait de voir des "engagements concrets".

Les "plateformes de débarquement" hors d'Europe ne trouvent quant à elles guère d'écho dans les pays concernés et suscitent le scepticisme ou l'opposition de nombreux experts.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé vendredi que les centres pour migrants devaient être en Europe et exprimé son inquiétude "insurmontable" quant à d'éventuelles "plateformes" en Libye du fait de l'insécurité qui y règne.

LA FRANCE "À LA MANOEUVRE"

Plusieurs sources françaises ont insisté sur l'implication d'Emmanuel Macron pour parvenir à cet accord.

Il a rencontré jeudi les dirigeants des quatre pays de l'Est qui refusent d'accueillir des migrants, avec la volonté de trouver un compromis, et le président du Conseil italien qui avait décidé de bloquer l'adoption de conclusions du Conseil.

"Nous sommes à la manoeuvre", a dit jeudi l'une de ces sources. Une seconde source a expliqué qu'Emmanuel Macron jouait le rôle de "pont" entre des sensibilités farouchement opposées.

Emmanuel Macron a insisté vendredi sur le contexte de tensions sur fond de montée en puissance des forces extrémistes en Europe et de fragilisation des exécutifs nationaux comme la coalition gouvernementale péniblement formée par Angela Merkel.

"Nous avons obtenu un accord hier, ce qui est une très bonne chose à un moment où nombre des commentateurs prédisaient l'absence d'accord et la rupture", a-t-il dit.

Le président et ses équipes expriment fréquemment leur inquiétude et insistent sur la nécessité d'agir face à une vague portant les régimes autoritaires, évoquant parfois le spectre d'un Parlement européen dominé par les populistes en 2019.

"Nous avons montré qu'un accord était possible, que les solutions de coopération étaient préférables et que l'Union européenne pouvait avancer sur des sujets essentiels", a-t-il ajouté.

A mi-chemin entre politiques européenne et française, il a dit avoir refusé l'ouverture d'un centre d'accueil des migrants en France, au nom des principes et des règles.

"La France n'est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, c'est un peu ce que les polémiques récentes ont conduit certains à nous pousser à faire. Je l'ai refusé", a-t-il dit.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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