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SOS Méditerranée déplore les "incohérences" de l'UE

reuters.com

Publié le 30 juin 2018 à 14:40 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:47

Sos mediterranee deplore les "incoherences" de l'ue

Sos mediterranee deplore les "incoherences" de l'ue

ANTONIO PARRINELLO

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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MARSEILLE (Reuters) - Au lendemain d'un sommet européen largement consacré à la crise migratoire, l'organisation humanitaire SOS Méditerranée a dénoncé samedi les "contradictions et les incohérences" des décisions prises dans l'Union sur ce dossier brûlant.

"Il n'y a aucune lisibilité dans ce modèle. C'est absolument flou et on ne peut pas repartir dans ces conditions", a dit à la presse la co-fondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, Sophie Beau. "Il y a une espèce de criminalisation des ONG. Mais le droit maritime et humanitaire s'applique en Méditerranée", a-t-elle ajouté.

La directrice de SOS Méditerranée a dit "vouloir prendre le temps" pour éclaircir des décisions qui ne sont pas simplement une question française mais européenne.

"On va prendre le temps de se poser avant de repartir au plus vite. Notre priorité est de reprendre la mer avec les meilleurs délais", a-t-elle souligné sans préciser la durée d'escale du bateau humanitaire à Marseille.

"C'est la rotation la plus éprouvante de l'Aquarius, la 40e, celle qui a été la plus compliquée pour nous", a-t-elle reconnu.

La situation change, pas forcément en bien", a souligné pour sa part le directeur des opérations de SOS Méditerranée, Frédéric Penard.

Le président de l'association humanitaire, Francis Vallat, a évoqué le "contexte extraordinairement changeant et confus" dans lequel les membres de l'Aquarius, actuellement en escale technique à Marseille, ont été "embarqués" contre leur gré.

"L'issue du Conseil européen et l'officialisation par l'Organisation maritime internationale d'un Centre de coordination des sauvetages en Libye ajoutent aux contradictions et incohérences du cadre dans lequel s'effectuent les secours en Méditerranée centrale. Il est urgent de revenir à une lecture stricte du droit comme unique et seul fondement à l'assistance des personnes en danger", a-t-il souligné.

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"DÉCENCE"

"On est dans le flou, on attend des éclaircissements dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté, reconnaissant "être en contact avec le cabinet de Matignon".

Une situation qui échappe pourtant aux ONG et provoque leur désarroi.

"Médecins sans frontières (MSF) demande aux gouvernements européens de faire preuve d'un minimum de décence, de ne plus utiliser les ONG pour détourner l'opinion publique des vrais problèmes", a pour sa part regretté Aloys Vimard, coordinateur de MSF à bord de l'Aquarius.

"Le fait de criminaliser et de décrédibiliser les opérations de sauvetage n'est qu'un écran de fumée pour détourner l'attention de ce qui se passe en Méditerranée", a ajouté le médecin MSF à bord de l'Aquarius, David Beversluis. "Nous sommes donc en colère et extrêmement frustrés que les dirigeants européens ne voient pas ces personnes en détresse, qu'ils ne s'inquiètent pas des corps des morts qui flottent en mer."

Pour les ONG, les autorités politiques se sont dédouanés de leurs responsabilités morales de sauver les personnes en situation de détresse en Méditerranée.

Après des heures de tractations, les dirigeants de l'Union européenne réunis à Bruxelles ont trouvé vendredi un accord sur les questions migratoires, s'épargnant ainsi une nouvelle crise.

Cet accord englobe des engagements encore flous sur un renforcement des frontières extérieures de l'Union européenne et explore la mise en place de "plateformes régionales de débarquement" hors du territoire européen "en coopération étroite avec les pays tiers concernés, le HCR et l'OIM."

Les dirigeants des Vingt-Huit ont accepté de se partager sur une base volontaire la charge de l'accueil des réfugiés et de créer sur leur territoire des "centres contrôlés" "avec le plein soutien de l'UE" pour étudier au cas par cas les demandes d'asile.

Après une rotation de trois semaines en mer, l'Aquarius avait préféré ne pas faire escale à Catane (Sicile), comme il le fait habituellement depuis deux ans, et l'autorisation de procéder à une escale technique dans un port maltais lui a été refusée.

Le port de Marseille a finalement été choisi pour une escale technique, malgré les cinq jours de voyage (aller-retour) qui sont une charge financière supplémentaire pour l'organisation humanitaire - le coût d'un jour de mer de l'Aquarius s'élève à 11.000 euros - et une perte de temps pour la présence du navire sur la zone de sauvetage au large des côtes libyennes.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Elizabeth Pineau)

reuters.com

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