Réunion d'urgence à Londres après un décès dû au Novitchok
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Deces d'une britannique exposee au novitchok
HENRY NICHOLLS
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Deces d'une britannique exposee au novitchok
HENRY NICHOLLS
par Paul Sandle et William Schomberg
LONDRES (Reuters) - Le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid, présidera ce lundi une réunion du comité des situations d'urgence après la mort d'une quadragénaire hospitalisée depuis une semaine après avoir été exposée au Novitchok, l'agent neurotoxique utilisé pour tenter d'empoisonner en mars l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille.
La victime, Dawn Sturgess, était âgée de 44 ans. Elle et un homme de 45 ans, Charlie Rowley, ont été exposés au Novitchok le 30 juin à Amesbury, ville du sud de l'Angleterre située non loin de Salisbury, où l'ex-agent double russe Skripal et sa fille Ioulia avaient été empoisonnés le 4 mars.
Charlie Rowley reste hospitalisé dans un état critique.
La Première ministre Theresa May s'est dite consternée et sous le choc après la mort de Dawn Sturgess, qui laisse trois enfants.
"Cette très triste nouvelle ne fait que renforcer notre détermination à découvrir ce qui s'est exactement passé", a déclaré Sajid Javid.
Pour le commissaire adjoint Neil Basu, chef de la police antiterroriste du Royaume-Uni, Dawn Sturgess est décédée à la suite d'un "acte monstrueux, irresponsable et barbare".
L'enquête sur les deux attaques a été confiée au réseau anti-terroriste de la police britannique. Une centaine d'enquêteurs travaillent sur cette affaire jour et nuit aux côtés de leur collègues de la police du Wiltshire.
La police explique qu'elle enquête sur la façon dont Dawn Sturgess et Charlie Rowley ont pu être en contact avec un objet contaminé par le Novitchok, agent neurotoxique développé par les Soviétiques pendant la Guerre froide.
CONTACT MANUEL
Il n'y a aucune preuve permettant de dire que Dawn Sturgess et Charlie Rowley aient visité l'un des sites qui ont été décontaminés après la tentative d'assassinat de Sergueï et Ioulia Skripal, a annoncé dimanche la police.
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"Nous ne sommes pas en mesure de dire si l'agent neurotoxique provenait du même lot que celui auquel les Skripal ont été exposés", a réaffirmé lundi la police antiterroriste.
D'autres tests sur des échantillons prélevés sur Dawn Sturgess et Charlie Rowley ont montré qu'ils ont été exposés à l'agent neurotoxique après avoir eu un contact manuel avec un article contaminé, a indiqué la police.
Les autorités britanniques ont accusé la Russie d'avoir voulu empoisonner Sergueï Skripal et sa fille au Novitchok, sans toutefois apporter de preuves.
Cette affaire a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Moscou et l'Occident depuis la fin de la Guerre froide.
Une centaine de diplomates russes ont été expulsés de Grande-Bretagne et des Etats-Unis notamment. Moscou, qui dément toute responsabilité dans l'agression, a répliqué par des mesures équivalentes.
La police n'exclut pas que les deux affaires d'empoisonnement au Novitchok soient liées, a indiqué le ministre de l'Intérieur. Il a ajouté qu'il n'y avait pas de projet à ce stade de nouvelles sanctions contre la Russie.
La Russie, qui accueille actuellement la Coupe du monde de football, a démenti toute implication dans l'affaire Skripal. Elle a laissé entendre que les services de sécurité britanniques avaient mené l'attaque pour déclencher un sentiment anti-Moscou.
Lundi, le Kremlin a déploré le décès de Dawn Sturgess, affirmant qu'il était "totalement absurde" de vouloir lier la Russie à cette affaire.
LES RUSSES "PRÉOCCUPÉS"
"Nous continuons à être profondément préoccupés par la présence persistante de ces substances toxiques sur le territoire britannique", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "C'est un danger non seulement pour les Britanniques mais pour tous les Européens."
Salisbury et Amesbury sont situées à quelques kilomètres du centre de recherches ultra-secret de Porton Down, dépendant du ministère britannique de la Défense, qui abrite un laboratoire spécialisé dans la défense contre les armements chimiques.
Dawn Sturgess est morte à l'hôpital du district de Salisbury, le même établissement où les Skripal ont été soignés.
Ioulia Skripal est restée dans le coma pendant 20 jours. Elle a pu quitter l'hôpital cinq semaines après l'empoisonnement. Son père est sorti le 18 mai.
Selon Alastair Hay, professeur de toxicologie à l'Université de Leeds, l'hôpital de Salisbury a probablement plus d'expérience que n'importe quel établissement dans le monde sur le Novitchok, mais il y a des limites à ce que la médecine peut faire, a-t-il dit.
"Parce que les agents neurotoxiques compromettent les fonctions nerveuse et musculaire, leurs effets sont très étendus, et, dans les cas de décès, ceux-ci sont généralement dus à une insuffisance respiratoire ou circulatoire, ou aux deux", a déclaré Alastair Hay.
L'autorité de santé publique britannique a indiqué que les risques de contamination au Novitchok pour le public restaient faibles.
(Avec Elizabeth Piper, Kate Keeland et Polina Nikolskaya; Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)
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