Deux journalistes de Reuters inculpés en Birmanie
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Deux journalistes de reuters inculpes en birmanie
Ann Wang
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Deux journalistes de reuters inculpes en birmanie
Ann Wang
par Antoni Slodkowski et Shoon Naing
RANGOUN (Reuters) - Deux journalistes birmans de l'agence Reuters emprisonnés depuis décembre dernier en Birmanie ont été inculpés lundi à Rangoun de détention de secrets d'Etat, à l'issue de six mois d'audiences préliminaires.
Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été inculpés aux termes de la loi sur les secrets d'Etat, qui date de l'époque coloniale. Ils risquent une peine pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.
Les deux hommes ont plaidé non coupables, assurant avoir suivi l'"éthique journalistique".
Au moment de leur arrestation, en décembre dernier, ils menaient une enquête sur l'assassinat de dix Rohingyas, des musulmans apatrides, dans un village de l'Etat d'Arakan, dans l'ouest de la Birmanie, au cours d'une opération de l'armée.
"Nous sommes inculpés mais nous sommes innocents. Nous ne céderons pas", a déclaré Wa Lone aux journalistes après son inculpation, avant d'être emmené par les policiers.
L'affaire a été renvoyée au 16 juillet et entrera alors dans la phase du procès.
Les avocats de la défense appelleront des témoins à la barre, notamment les deux accusés eux-mêmes. Les débats devraient prendre plusieurs semaines. L'un des défenseurs des deux journalistes, Khin Maung Zaw, a dit espérer que "tout cela se terminera bien".
L'ambassade des Etats-Unis en Birmanie a fait part de "sa profonde déception" après cette inculpation, qui marque selon elle "un revers pour la liberté de la presse et l'Etat de droit en Birmanie".
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Le président et rédacteur en chef de Reuters, Stephen J. Adler, a dénoncé une procédure judiciaire "qui ne repose sur rien".
"Ces journalistes de Reuters faisaient leur travail de manière indépendante et impartiale. Aucun fait, aucun élément n'indique qu'ils aient fait quelque chose de mal ou violé la loi", a-t-il ajouté.
L'Union européenne a demandé à la Birmanie de renoncer à ce procès, dénonçant une atteinte à la liberté d'expression.
Lors de la précédente audience le 2 juillet, Khin Maung Zaw avait affirmé que l'accusation n'avait ni établi comment les documents allégués étaient entrés en possession des reporters, ni montré comment ils représentaient une menace pour la sécurité nationale. Les informations contenues dans ces documents avaient déjà été rendues publiques et n'étaient donc pas secrètes, avait-il souligné.
(Avec Simon Lewis, Kanupriya Kapoor et Ay Min Thant, Robert-Jan Bartunek à Bruxelles; Guy Kerivel pour le service français)
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