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La lettre de démission de Boris Johnson

reuters.com

Publié le 09 juillet 2018 à 19:38 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:45

La lettre de demission de boris johnson

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LONDRES (Reuters) - Boris Johnson a renoncé lundi à ses fonctions de ministre britannique des Affaires étrangères, après la présentation, vendredi, du plan de sortie de l'Union européenne de la Première ministre Theresa May, qui prévoit de maintenir des relations commerciales étroites avec les "27".

Voici les principaux extraits de la lettre de démission qu'il lui a adressée et qu'il a diffusée sur Twitter :

Chère Theresa,

Les Britanniques ont voté il y a plus de deux ans pour quitter l'Union européenne en se fondant sur la promesse sans équivoque et catégorique que, s'ils le faisaient, ils reprendraient le contrôle de leur démocratie.

On leur a dit qu'ils seraient en mesure de gérer leur propre politique d'immigration, de récupérer les sommes d'argent actuellement dépensées par l'UE et, surtout, qu'ils seraient en mesure d'adopter des lois de manière indépendante et dans l'intérêt des citoyens de ce pays.

Le Brexit devait être une opportunité et un espoir. Ce devrait être une chance de faire les choses différemment, d'être plus souples et dynamiques, et de maximiser les avantages particuliers du Royaume-Uni en tant qu'économie mondialisée, ouverte et tournée vers l'extérieur.

Ce rêve est en train de mourir, étouffé par un déficit injustifié de confiance en nous.

Nous avons remis à plus tard des décisions cruciales - notamment les préparatifs en vue d'une absence d'accord, comme je l'ai dit dans ma lettre de novembre dernier - ce qui nous conduit vers un demi-Brexit dans lequel de vastes pans de l'économie resteront prisonniers du système européen, alors que nous n'auront plus de prises sur ce système.

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Il semble désormais que l'offre d'ouverture de nos négociations suppose que nous ne soyons pas en mesure de rédiger nos propres lois. En effet, il semble que nous ayons reculé depuis la dernière réunion de Chequers (villégiature de la Première ministre, où plusieurs séminaires gouvernementaux sur le Brexit ont eu lieu, NDLR) en février. J'avais alors exprimé ma déception, en tant que maire de Londres qui cherchait à protéger les cyclistes des poids-lourds.

Nous voulions abaisser la hauteur des fenêtres de la cabine pour améliorer la visibilité et, même si de tels dispositifs étaient déjà sur le marché, même s'il y avait eu une terrible série de décès, principalement des femmes, nous avions été invités à attendre que L'UE légifère en la matière.

Ainsi, lors de ce séminaire de Checkers, nous avons élaboré une procédure de divergence par rapport aux règles de l'UE. Or même cela semble maintenant ne plus être d'actualité et il ne reste aucun moyen aisé de prendre des initiatives.

Pourtant, le Brexit prendrait tout son sens s'il permettait aux ministres et au Parlement de faire les choses différemment pour protéger les administrés. Si un pays ne peut pas adopter une loi pour sauver la vie des cyclistes, alors que cette proposition est soutenue par l'ensemble du gouvernement britannique, je ne vois pas comment on peut le qualifier d'indépendant.

Inversement, le gouvernement britannique a passé des décennies à s'opposer à telle ou telle directive de l'UE, au motif qu'elle était trop lourde ou mal conçue. Nous en sommes arrivés aujourd'hui à affirmer de façon ridicule qu'il faut accepter des quantités énormes de directives de l'UE, sans pouvoir y changer un iota, parce qu'elles sont essentielles pour notre santé économique, alors que nous n'aurons plus aucun moyen de peser sur leur élaboration.

A cet égard, nous nous dirigeons vraiment vers un statut de colonie et beaucoup auront du mal à voir l'avantage économique ou politique de cette formule particulière. Il est également clair qu'en renonçant à notre législation sur les marchandises et l'agroalimentaire (entre autres choses), nous rendrons beaucoup plus difficile la conclusion d'accords de libre-échange. Et puis il y a l'obstacle supplémentaire d'avoir à plaider pour un arrangement douanier inapplicable, qui ne ressemble à aucun autre.

Plus inquiétante encore est notre offre d'ouverture. Nous proposons le statut final du Royaume-Uni avant même que l'autre partie n'ai présenté de contre-proposition. C'est comme si notre avant-garde partait au combat avec des drapeaux blancs. En fait, j'ai craint, à lecture du document de vendredi, qu'il n'y ait d'autres concessions sur l'immigration, ou que nous finissions par payer effectivement pour avoir accès au marché unique.

Vendredi, j'ai reconnu que mon point de vue était trop minoritaire pour l'emporter et vous ai félicité d'avoir au moins été en mesure de prendre une décision gouvernementale sur la marche à suivre (...) Comme je ne peux pas, en toute conscience, défendre ces propositions, j'en ai malheureusement conclu qu'il me fallait partir.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

reuters.com

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