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Benalla: Philippe monte au front pour parer les attaques contre Macron

reuters.com

Publié le 24 juillet 2018 à 14:14 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:42

Benalla: une derive individuelle ne fait pas une affaire d'etat, declare philippe

Benalla: une derive individuelle ne fait pas une affaire d'etat, declare philippe

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PARIS (Reuters) - Edouard Philippe a ramené mardi l'épisode Benalla, présenté par l'opposition comme une affaire d'Etat dont Emmanuel Macron serait responsable, au niveau d'une simple "dérive individuelle" sanctionnée de manière proportionnée par l'Elysée.

A l'occasion de questions au gouvernement largement centrées sur l'ancien collaborateur du chef de l'Etat filmé en train de malmener deux personnes en marge des violentes manifestations du 1er-Mai, le Premier ministre a multiplié les interventions pour faire descendre la pression qui s'était accumulée sur l'Elysée au fil des auditions parlementaires de la veille.

"Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d'Etat. Les copinages malsains évoquées hier par le préfet de police ne font pas une affaire d'Etat", a-t-il déclaré en écho aux propos du préfet de police de Paris Michel Delpuech.

"Je conçois que l'on puisse poser des questions sur l'éventuelle proportionnalité de la décision prise, mais la célérité de la décision n'est pas contestable", a-t-il dit en référence à la suspension de deux semaines prononcée par l'Elysée du 4 au 19 mai à l'encontre d'Alexandre Benalla, sanction qu'il a jugée "proportionnée".

"Rien n'a été masqué, rien n'a été omis", a-t-il ajouté au fil de réponses destinées à enrayer les critiques de l'opposition et enterrer l'idée d'un dysfonctionnement structurel engageant la légitimité de l'Etat.

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Le Premier ministre a dit devant les députés sa confiance envers les procédures engagées, et notamment envers les commissions des lois de l'Assemblée et du Sénat qui se sont saisies du dossier. En écho aux propos du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui a estimé lundi que l'Assemblée tournait au "tribunal politique", Edouard Philippe a cependant évoqué une "confusion".

"L'Assemblée nationale n'est pas un tribunal, les députés ne sont ni procureurs ni juges, et lorsque, rarement mais parfois, je les entends vociférer, je me dis qu'il est bon pour la justice que cette confusion ne s'installe pas", a-t-il dit.

Il a démenti en outre que le report à la rentrée de l'examen de la révision constitutionnelle soit un renoncement et assuré que les engagements d'Emmanuel Macron seraient tenus.

"SANG-FROID ET SOLIDARITÉ"

"Les mesures qui s'imposent pour éviter que de tels dysfonctionnements puissent se reproduire" seront prises dès la publication des conclusions de la police des polices, l'IGPN, attendues d'ici la fin de semaine selon le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, a annoncé Edouard Philippe, précisant qu'il en rendrait compte aux députés.

En réponse au premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, il a dressé un parallèle avec l'affaire Cahuzac, dans laquelle l'ancien ministre du Budget de François Hollande a été mis en examen pour fraude fiscale et estimé que les délais de sanction avaient été bien plus courts pour Alexandre Benalla.

Le Premier ministre avait appelé dans la matinée les députés de La République en marche au sang-froid et à la solidarité face à une opposition qui souhaiterait avec cette affaire nuire à Emmanuel Macron, au gouvernement et à la majorité.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau réclamé mardi l'audition d'Emmanuel Macron par la commission des Lois, une éventualité rejetée comme n'ayant "aucun sens" dans la matinée sur France 2 par François de Rugy.

Le chef de groupe des Républicains (LR) à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a annoncé le dépôt prochain d'une motion de censure contre le gouvernement, motion symbolique puisqu'elle n'a aucune chance d'être adoptée par la chambre, où le parti présidentiel est majoritaire.

Le chef de l'Etat, qui ne s'est pas exprimé publiquement sur les faits concernant son ex-collaborateur, a tweeté mardi pour la première fois depuis les début de l'affaire jeudi, pour dire la solidarité de la France envers la Grèce, face aux incendies qui ont fait au moins 60 morts près d'Athènes.

Emmanuel Macron a reculé de quatre points (deux points pour Edouard Philippe) dans l'opinion dans le sillage de l'affaire source de secousses politico-judiciaires inédites depuis le début du quinquennat, selon la dernière édition du baromètre politique Ipsos pour Le Point publié mardi.

(Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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