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Le gouvernement franchit le cap de la censure de l'opposition

reuters.com

Publié le 31 juillet 2018 à 11:41 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:41

Le pc et lfi voteront la motion de la droite, pas l'inverse

Le pc et lfi voteront la motion de la droite, pas l'inverse

Benoit Tessier

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Le gouvernement d'Edouard Philippe a aisément surmonté mardi les motions de censure de l'opposition dans l'"affaire Benalla", justifiant les sanctions prises et accusant des "oppositions de rencontre" de viser les réformes d'Emmanuel Macron.

Pour la première fois du quinquennat, le gouvernement faisait face à deux motions de censure - l'une portée par Les Républicains (LR), l'autre par La France insoumise, le Parti socialiste et le Parti communiste -, 15 jours après le début d'une crise sans précédent liée aux agissements de l'ex-chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla durant la manifestation du 1er-Mai à Paris, révélés le 18 juillet par Le Monde.

La première motion, votée par 143 députés, a été rejetée.

La seconde, votée par 74 élus, a subi le même sort.

L'"affaire" aux ramifications administratives, judiciaires et politiques a fragilisé le chef de l'Etat, coupable selon l'opposition d'une gestion erratique et opaque, déstabilisé une majorité jusqu'ici omnipotente et ragaillardi une opposition atone qui est parvenue à provoquer le report d'un des chantiers phares d'Emmanuel Macron - la réforme de la Constitution.

Cette "sinistre affaire", a déclaré Christian Jacob (LR), "ne fait que commencer et (...) laissera des traces profondes, des traces politiques et morales pour le chef de l'Etat et des traces institutionnelles".

Le gouvernement n'est en rien menacé par l'activation de l'article 49-2 de la Constitution puisque Les Républicains, avec 103 députés, et la gauche, avec 63 élus, ne pouvaient atteindre la majorité requise des 289 voix. La République en Marche, à elle seule, est forte de 312 députés.

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"ESPRIT CLANIQUE"

L'opposition veut croire que ce rappel à l'ordre avant la fin de la session parlementaire et les vacances mettra au jour ce qu'elle présente comme "un très long catalogue de privilèges d'un autre âge" (Christian Jacob) et "les dérives que produit un régime hyper-présidentialiste" (André Chassaigne, GDR).

Dans leurs interventions respectives à la tribune, les deux orateurs, qui ont attaqué en termes rudes ("turpitude", "indignité", "impunité" "mensonges") l'attitude de l'Elysée, ont estimé que cette affaire, qui fait l'objet de deux commissions d'enquête parlementaires, sonnait le réveil des contre-pouvoirs face aux "godillots" de LaRem.

"Les Français constatent aujourd'hui - et c'est une trahison pour eux - que la République des copinages malsains, elle n'est pas ici, elle de l'autre côté de la Seine, à l'Elysée", a lancé Christian Jacob.

"L'esprit clanique qui anime le sommet de l'Etat est contraire aux exigences de la culture républicaine", a déclaré pour sa part André Chassaigne, accusant les élus de la majorité, qui dénoncent une "instrumentalisation politique", d'être les "intestins silencieux de la bouche élyséenne".

Même de circonstance, la coalition de la droite et de la gauche a réitéré d'une même voix sa détermination à s'opposer avec force à la rentrée à la révision constitutionnelle, dont elle juge qu'elle affaiblit les pouvoirs du Parlement.

"MOTIONS DE BLOCAGE"

"Vous qui prétendez vous combattre, vous voilà désormais prêts à voter un texte analogue au nom de deux espoirs communs : (...) atteindre le chef de l'Etat" et "ralentir le rythme de la transformation du pays", a répliqué Edouard Philippe.

Le Premier ministre a défendu l'attitude de l'exécutif - "ce qui devait être fait l'a été" - et renvoyé droite et gauche à leur inertie supposée, dans le dossier des sondages de l'Elysée en 2010, sous Nicolas Sarkozy, et dans l'affaire Cahuzac en 2012 sous François Hollande.

"De notre côté, nous n'avons, ne vous en déplaise, jamais prétendu être infaillibles", a poursuivi Edouard Philippe, réaffirmant que les écarts d'Alexandre Benalla étaient "l'affaire de fautes individuelles, de compromissions insidieuses et de petits arrangements" dans une mise en cause directe de la préfecture de police de Paris.

"Les faits apparaissent désormais clairement", a-t-il avancé. "Ils ne permettent à personne de parler de dérive monarchique ni d'impunité".

"Les événements du 1er mai ne disent rien de la présidence d'Emmanuel Macron", a-t-il martelé.

"Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage", a dit le Premier ministre, soulignant que le gouvernement n'avait "nullement l'intention de ralentir".

"Nous ne lâcherons rien, nous irons jusqu'au bout de notre projet."

(avec service France, édité par Yves Clarisse et Julie Carriat)

reuters.com

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