Jean-Pierre Bemba de retour en RDC pour briguer la présidence
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Jean-pierre bemba de retour en rdc ou il veut etre candidat
Michael Kooren
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Jean-pierre bemba de retour en rdc ou il veut etre candidat
Michael Kooren
par Amedee Mwarabu
KINSHASA (Reuters) - Le chef de file de l'opposition congolaise, Jean-Pierre Bemba, a regagné mercredi la République démocratique du Congo (RDC), où il entend être candidat à l'élection présidentielle de décembre.
Son avion privé a atterri à l'aéroport N'Djili de la capitale Kinshasa, où Bemba, costume sombre et cravate rouge, a été accueilli par des milliers de ses partisans en liesse, beaucoup portant des t-shirts ou des robes ornés de son portrait.
Il a salué des parents et des responsables de son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC), avant de prendre la direction du centre-ville où il devait assister à une messe. Des milliers de personnes étaient alignées le long des rues pour l'acclamer.
Près de l'aéroport et dans le quartier de Limete, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui bloquaient la route.
Jean-Pierre Bemba déposera officiellement jeudi sa candidature à l'élection présidentielle, a précisé un responsable de son parti, Jean-Jacques Mbungani. Il se rendra ensuite à Gemena, la ville de sa famille dans le nord-ouest du pays, pour se recueillir notamment sur la tombe de son père.
Agé de 55 ans, Jean-Pierre Bemba, ex-chef rebelle puis vice-président de la RDC, avait quitté la République démocratique du Congo en 2007. Il a passé les dix dernières années en détention à La Haye.
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Il a été condamné par la Cour pénale internationale (CPI) en juin 2016 à 18 ans de réclusion pour des crimes commis en République centrafricaine en 2002 et 2003 mais a été acquitté en appel le 8 juin dernier.
"Les Congolais attendent ce moment depuis longtemps", a déclaré mercredi Toussaint Bodongo, un militant du MLC venu à l'aéroport de Kinshasa. "Bemba apportera probablement la solution dont nous avons besoin au Congo", a-t-il ajouté.
ÉLIGIBLE OU PAS ?
Bemba rentre au pays dans l'intention de briguer la présidence mais la coalition au pouvoir a déclaré vendredi dernier qu'il ne pouvait pas participer à l'élection à cause d'une affaire de subornation de témoins à La Haye.
Le président sortant Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en 2001, ne peut aux termes de la Constitution briguer un troisième mandat mais il n'a encore rien dit de ses intentions.
Depuis la fin 2016, quand Kabila a refusé de se retirer à la fin de son deuxième mandat, des affrontements entre opposants et forces de sécurité ont fait des dizaines de morts.
"Kabila doit partir", a souligné Bemba la semaine dernière dans une interview au quotidien français Le Monde. "L'opposition doit s'unir et avoir une seule candidature, que ce soit moi ou un autre, je l'accepterai", a-t-il ajouté.
Les candidats à la présidentielle ont jusqu'au 8 août pour déposer leur dossier devant la commission électorale.
Si la candidature de Bemba n'est pas validée, des troubles sont à craindre, notamment dans l'ouest du pays. Sa défaite face à Kabila en 2006 avait entraîné des affrontements dans les rues de Kinshasa.
"Si on essaie de l'exclure du scrutin, on sait bien que ce sera uniquement pour des raisons politiques", a déclaré Denise Vila, responsable provinciale de la Ligue des femmes du MLC.
Un autre responsable d'opposition, l'homme d'affaires et ancien gouverneur Moïse Katumbi, en exil depuis deux ans, prévoit de rentrer au Congo vendredi mais il risque d'y être arrêté en raison d'une condamnation pour fraude en 2016.
Selon un sondage rendu public mardi, Katumbi et un autre chef de l'opposition, Félix Tshisekedi, arrivent en tête des intentions de vote avec chacun 19%, devant Bemba, 17%, et Kabila, 9%, au cas où ce dernier se présenterait.
(Avec Fiston Mahamba; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)
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