Zimbabwe: Mnangagwa appelle l'unité, l'opposition conteste
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Zimbabwe: mnangagwa elu president, l'opposition conteste
Philimon Bulawayo
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Zimbabwe: mnangagwa elu president, l'opposition conteste
Philimon Bulawayo
par MacDonald Dzirutwe et Joe Brock
HARARE (Reuters) - Emmerson Mnangagwa a appelé le Zimbabwe à s'unir derrière lui après avoir été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de lundi, un résultat contesté par l'opposition.
A la tête du pays depuis qu'il a écarté son dirigeant historique Robert Mugabe en novembre dernier, le "Crocodile", candidat de la Zanu-PF au pouvoir depuis l'indépendance, a obtenu 50,8%, a annoncé vendredi matin le président de la commission électorale zimbabwéenne (ZEC).
Nelson Chamisa, candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et principal adversaire de Mnangagwa, est crédité de 44,3% des voix.
Le décompte présenté par la ZEC accorde 2,46 millions de voix à Mnangagwa contre 2,15 millions à son adversaire.
Chamisa a annoncé qu'il allait utiliser tous les moyens légaux et constitutionnels à sa disposition pour contester ce résultat qu'il estime frauduleux.
Fort de ce succès, Mnangagwa a estimé que son succès était juste et a affirmé ne rien avoir à cacher tout en dénonçant les scènes de violences commises par l'armée qui ont abouti à la mort de six personnes.
"C'est un honneur pour moi d'avoir été élu président de la seconde République du Zimbabwe. Même si nous avons été divisés dans les votes, nous sommes unis dans nos rêves", écrit-il sur Twitter.
"C'est un nouveau départ. Unissons-nous, en paix, dans l'unité et l'amour. Et ensemble, bâtissons un nouveau Zimbabwe pour tous !", poursuit-il.
Le président du MDC, Morgen Komichi, avait annoncé avant même la proclamation des résultats officiels que l'opposition les rejetait.
Il a expliqué sa décision à la télévision par le fait que les délégués de l'opposition avaient, selon lui, été évacués de la commission électorale par la police avant de pouvoir vérifier les résultats.
Le candidat de l'opposition a dénoncé, lui aussi, l'évacuation des délégués de l'opposition, exhortant la commission électorale à publier des "résultats corrects et vérifiés, approuvés par les partis"
"Le scandale de la ZEC, qui a publié des résultats faux et non vérifiés, est regrettable. La ZEC a refusé qu'un de nos délégué accède aux résultats avant l'annonce officielle", déplore-t-il sur Twitter, ajoutant que le niveau d'opacité, de décadence morale, ainsi que le manque de fiabilité et de valeurs étaient "déconcertants".
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"Je crois que la force de la volonté devrait primer sur celle de la force", écrit-il encore.
SEIZE INTERPELLATIONS AU SIÈGE DU MDC
L'opposition est convaincue que Nelson Chamisa l'a emporté et six de ses partisans ont été tués mercredi lorsque l'armée a dispersé des manifestants qui accusaient le parti au pouvoir de chercher à truquer les résultats de la présidentielle - sans toutefois en apporter de preuve.
Il s'agissait du premier scrutin depuis que Robert Mugabe, 94 ans, seul dirigeant qu'ait connu le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, a été écarté du pouvoir par l'armée en novembre dernier après de grandes manifestations contre son règne.
Les autorités zimbabwéennes avaient assuré que ces élections parachèveraient la transition démocratique du pays mais elles ont opté pour la manière forte face à l'opposition, malgré les appels à la retenue des pays étrangers et des organisations internationales.
Jeudi, avant l'annonce du résultat de la présidentielle, la police avait ainsi encerclé le siège du MDC avant de pénétrer à l'intérieur et d'interpeller 16 des permanents qui y étaient retranchés.
Interrogé sur la possibilité de saisir la justice en cas de défaite, Nelson Chamisa avait déclaré dans la journée ne pas vouloir "se jeter dans la gueule du lion", disant douter de l'indépendance des magistrats.
La commission électorale avait déjà annoncé cette semaine la victoire aux élections législatives de la Zanu-PF, reprise en main par Emmerson Mnangagwa.
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a appelé vendredi tous les Zimbabwéens à respecter la victoire d'Emmerson Mnangagwa.
"Le président Ramaphosa appelle tous les dirigeants politiques et les Zimbabwéens à accepter le résultat de l'élection, et s'ils ont des problèmes, ils doivent utiliser des moyens légaux prévus par la constitution et la loi électorale", dit un communiqué de la présidence.
(Joe Brock et MacDonald Dzirutwe; Tangi Salaün pour le service français)
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