Washington incite Téhéran à négocier pour éviter les sanctions
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Washington detaillera lundi le retablissement des sanctions contre l'iran
Edgar Su
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Washington detaillera lundi le retablissement des sanctions contre l'iran
Edgar Su
par Lesley Wroughton et Parisa Hafezi
WASHINGTON/ANKARA (Reuters) - Les sanctions économiques américaines contre Téhéran sont en place depuis mardi, conformément au souhait du président Donald Trump, dans le cadre du retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien annoncé en mai dernier.
La première vague de sanctions, annoncée à 00h01 heure de Washington (04h01 GMT), porte notamment sur les transactions financières en dollars, sur le commerce de l'or et des métaux précieux, sur le charbon et sur le secteur automobile.
Quelques heures avant le rétablissement des sanctions, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche a appelé l'Iran à accepter de négocier avec les Etats-Unis sous peine d'en subir les conséquences.
Toute négociation avec les Etats-Unis peut être envisagée seulement si Washington parvient à prouver qu'il est digne de confiance, a estimé pour sa part le président iranien.
Ce rétablissement graduel des sanctions américaines est la conséquence du retrait des Etats-Unis de l'accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien, dont le président Donald Trump a dénoncé les "affreuses erreurs".
Donald Trump a annoncé sa décision début mai, en dépit des avertissements de ses alliés européens et des rapports de l'Onu indiquant que l'Iran se conformait aux clauses du Plan d'action global commun (JCPOA) - le nom officiel de l'accord de Vienne qui a suspendu les sanctions économiques frappant Téhéran en échange d'un encadrement des activités nucléaires iraniennes.
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Dans le cadre de ce retrait, une première période transitoire de 90 jours avait été fixée avant le rétablissement d'un premier train de sanction. Elle a pris fin lundi.
Une seconde période de transition, de 180 jours, expirera début novembre, avec rétablissement notamment des sanctions contre les exportations iraniennes de pétrole.
"Ils pourraient accepter l'offre du président (Trump) de négocier avec eux, d'abandonner complètement et de manière vérifiable leurs programmes balistique et nucléaire", a déclaré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche.
"Si les ayatollahs veulent se soustraire aux pressions, ils doivent venir à la table des négociations. Les pressions ne diminueront pas tant que les négociations se poursuivent", a ajouté John Bolton dans un entretien à Fox News.
Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a expliqué dans la nuit de dimanche à lundi qu'il s'agissait "d'une part importante de nos efforts visant à repousser les activités malveillantes de l'Iran".
DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES
La perspective d'un retour des sanctions américaines a provoqué le plongeon du rial, la devise iranienne qui a perdu la moitié de sa valeur depuis avril. Conjuguée à une inflation forte, cette chute accentue les difficultés économiques de la population iranienne, qui attendait beaucoup des contreparties de l'accord négocié sous l'égide du président Hassan Rohani.
Les autorités iraniennes ont annoncé dimanche un assouplissement des règles de contrôle des changes afin de tenter d'endiguer le plongeon du rial.
Donald Trump s'est dit prêt, la semaine dernière, à oeuvrer à une amélioration des relations entre Washington et Téhéran en proposant de s'entretenir avec les dirigeants iraniens, une proposition rapidement rejetée par des représentants iraniens.
"Nous sommes toujours favorables à la diplomatie et aux discussions, mais les discussions nécessitent de l'honnêteté", a déclaré le président iranien Hassan Rohani, dans une allocution télévisée.
"Les Etats-Unis rétablissent des sanctions contre l'Iran et se retirent de l'accord nucléaire et veulent ensuite ouvrir des discussions avec nous", a-t-il ajouté. "L'appel de Trump en faveur de discussions directes ne sont destinées qu'à la politique nationale américaine en amont des élections et qu'à provoquer le chaos en Iran."
Cité par la télévision publique iranienne, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a affirmé lundi que le rétablissement des sanctions américaines allait isoler les Etats-Unis et leurs alliés saoudiens et israéliens.
"Aujourd'hui, Trump, (le prince héritier saoudien Mohamed) ben Salman et (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu sont devenus dans le monde entier les symboles du soupçon", a-t-il dit.
"Leurs politiques répressives et leurs mesures violentes les ont isolés. Le monde a pris ses distances vis-à-vis de leurs politiques hostiles contre l'Iran", a poursuivi Zarif.
TRUMP MET EN GARDE LES AUTRES SIGNATAIRES DE L'ACCORD
L'Union européenne et les trois puissances européennes signataires de l'accord de juillet 2015 (France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont dit lundi "regretter profondément la réimposition de sanctions par les Etats-Unis du fait de leur retrait du Plan d'action global commun (JCPOA)".
"La levée des sanctions liées au nucléaire est une partie essentielle de cet accord: elle vise à avoir une incidence positive non seulement sur les relations commerciales et économiques avec l'Iran mais également et surtout sur la vie du peuple iranien", ont précisé les Européens.
Leur communiqué ajoute que "les États qui demeurent parties au JCPOA se sont engagés à agir, notamment, pour préserver et maintenir des circuits financiers effectifs avec l'Iran et pour assurer la poursuite des exportations de pétrole et de gaz iraniens".
Dans une déclaration publiée lundi, Donald Trump a cependant prévenu que les entités qui ne réduiront pas leurs activités économiques avec l'Iran s'exposeront à de "graves conséquences".
"Les Etats-Unis sont pleinement engagés à faire appliquer toutes nos sanctions, et nous travaillerons étroitement avec les nations ayant des relations d'affaires avec l'Iran pour nous assurer d'une mise en conformité totale", a-t-il dit.
(Lesley Wroughton, David Brunstromm, Doina Chiacu et Lisa Lambert à Washington, Pariza Hafezi à Ankara, Robert-Jan Bartunek et Alissa de Carbonnel à Bruxelles; Jean Terzian, Arthur Connan, Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français)
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