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La prochaine séance de négociation Unédic reportée

reuters.com  |   |  617  mots
La prochaine seance de negociation unedic reportee[reuters.com]
(Crédits : Charles Platiau)

PARIS (Reuters) - La prochaine séance de négociation sur l'assurance chômage, qui devait avoir lieu mardi, sera reportée en raison de la crise des "Gilets jaunes", les partenaires sociaux jugeant la situation trop tendue pour des discussions apaisées, a-t-on appris vendredi auprès de leurs dirigeants.

Le Medef a dit vouloir s'associer à la démarche des syndicats qui ont réclamé à la mi-journée la suspension des négociations, le temps de trouver une solution la crise sociale sans précédent que connaît le gouvernement. Pour l'instant seule la prochaine séance est reportée.

"Il faut temporiser sur l'assurance chômage. Dans la période actuelle, on ne va pas avancer sereinement. Il faut faire une petite pause quitte à terminer plus tard", a déclaré à la presse le président de la CFTC, Philippe Louis, qui estime que la crise des "Gilets jaunes" ajoute une pression dans les discussions.

Il était invité, comme les autres partenaires sociaux, à rencontrer les ministres du Travail, des Transports et de la Cohésion des territoires pour présenter des pistes de solution.

"Nous souhaitons suspendre la négociation assurance chômage qui, dans le contexte actuel, est un peu hors-sol. Nous allons saisir le Premier ministre du report de l'échéance légale", a dit à Reuters, le secrétaire confédéral de FO, Michel Beaugas.

Les partenaires sociaux ont entamé début novembre des négociations pour une nouvelle convention d'assurance chômage devant permettre de réaliser des économies de 3 à 3,9 milliards d'euros sur trois ans. Ce nouveau texte doit être présenté au gouvernement fin janvier ou début février.

Mais les discussions sont électrisées par la révolte des "Gilets jaunes": les syndicats ont accusé le patronat de "mettre le feu aux poudres" en proposant des mesures qui amoindriraient les droits des demandeurs d'emploi.

CALENDRIER CONTRAINT

Quatre des cinq organisations syndicales représentatives du privé (CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) ont confirmé qu'elles souhaitaient au moins un report de la prochaine séance, prévue le 11 décembre, voire aussi de celle du 18 décembre, dernière rencontre avant la période des fêtes de Noël.

Le président de l'U2P, Alain Griset, juge, lui-aussi, que "ce n'est pas une mauvaise idée".

Pour le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, il faut plutôt "obtenir du gouvernement de retirer, comme les taxes carburants et énergie, sa lettre de cadrage inacceptable, qui rouvre la négociation pour obliger une baisse de 1,3 milliard d'euros (dans la fourchette haute, ndlr) par an".

Le calendrier devenait difficile à respecter, explique le secrétaire national CFE-CGC, Gérard Mardiné.

Le gouvernement souhaite s'entretenir avec les partenaires sociaux et les élus locaux deux fois par semaine, dit-on au ministère du Travail. La prochaine réunion pour fixer ce calendrier est prévue mardi prochain.

"Nous on est très engagé pour honorer toutes les discussions, toutes les concertations auxquelles on est associés, on va voir si on sait assurer l'ensemble des travaux en même temps. Honnêtement, l'assurance chômage peut attendre le règlement de la crise des 'Gilets jaunes'", a-t-il dit.

Les partenaires sociaux devaient aussi traiter mardi de la question sensible des intermittents du spectacle dont le régime est géré par l'Unédic. La CGT Spectacle a appelé ces derniers à manifester devant les locaux du Medef où se tiennent les négociations, à cette occasion.

Pour Philippe Louis, la demande de report n'est pas liée aux travailleurs du spectacle. "Les intermittents, on va certainement se mettre d'accord. Il faut que tout le monde soit raisonnable", dit-il.

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)