Téléchargez
notre application
Ouvrir

Trump prêt à provoquer un "shutdown" pour financer son mur

reuters.com  |   |  721  mots
Immigration: trump menace de recourir a l'armee pour eriger le mur[reuters.com]
(Crédits : Jose Luis Gonzalez)

par Roberta Rampton

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a déclaré mardi qu'il serait ravi de bloquer le fonctionnement de l'administration fédérale américaine (shutdown) s'il n'obtient pas du Congrès les crédits qu'il réclame pour construire un mur à la frontière avec le Mexique, l'une de ses promesses de campagne.

Le président américain a fait cette déclaration après une rencontre marquée par de vifs échanges verbaux, inhabituels en public, avec les dirigeants démocrates de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et du Sénat Chuck Schumer à la Maison blanche.

"Cela s'appelle la transparence", a commenté Trump pour justifier la conversation tendue qu'il a eue avec les deux parlementaires.

"Si nous n'obtenons pas ce que nous voulons, d'une manière ou d'une autre - par vous, par l'armée ou par n'importe quel autre moyen - je fermerai le gouvernement", a déclaré Trump en fin de réunion.

"Je serai ravi de fermer le gouvernement pour des raisons de sécurité frontalière parce que les gens de ce pays ne veulent pas de criminels et de personnes avec des tas de problèmes liés à la drogue dans notre pays", a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui réclame un budget de cinq milliards de dollars (4,4 milliards d'euros), a eu plusieurs fois recours à la menace du shutdown pour obtenir le financement de cet édifice frontalier qu'il a promis à ses électeurs lors de la campagne présidentielle.

Depuis son entrée en fonction en janvier 2017, le président américain n'a cessé de se heurter à l'opposition du Congrès sur cette question et a besoin des démocrates pour otebnir une majorité.

Le Congrès sortant doit mettre la dernière main à des dépenses alors que certains budgets fédéraux parviennent à expiration le 21 décembre.

KELLY REMPLACÉ DANS UNE OU DEUX SEMAINES

La rencontre entre Trump et les dirigeants démocrates n'a pas permis de dégager un terrain d'entente et Pelosi et Schumer ont expliqué devant la presse que les Américains ne souhaitaient pas un shutdown et appelaient de leurs voeux un compromis.

Le Parti démocrate a reconquis la majorité à la Chambre des représentants à la faveur des élections de mi-mandat de novembre et se prépare à contrarier l'agenda présidentiel lors de l'installation du 116e Congrès des Etats-Unis en janvier.

Cette question est devenue un point de fixation pour Donald Trump qui entend obtenir un succès politique symbolique présentable à ses partisans au moment où il est pris dans les révélations sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016.

Avant cette rencontre peu cordiale, Trump avait eu recours dans la matinée à son instrument de communication favori, Twitter, menaçant dans une série de messages de recourir à l'armée pour bâtir son mur.

"Si les démocrates ne nous accordent par les voix pour protéger notre pays, l'armée construira les tronçons manquants", a-t-il prévenu.

Le président américain a salué les efforts déployés par ses services pour empêcher la "caravane" de migrants d'atteindre les Etats-Unis.

L'armée américaine est présente à la frontière mexicaine où elle a été déployée à l'initiative de la présidence peu de temps avant des élections de mi-mandat dont l'issue a été fatale à la majorité républicaine à la Chambre des représentants.

Signe des tensions qui règnent à la Maison blanche depuis les midterms, Donald Trump peine à trouver un remplaçant au secrétaire général de la présidence John Kelly qui a fait les frais de la récente défaite électorale des républicains.

Nick Ayers, directeur de cabinet du vice-président Mike Pence, a décliné la proposition de Donald Trump expliquant qu'il entendait se consacrer à ses triplés en bas âge.

Face à ce refus inattendu, le président américain a fait savoir qu'il désignerait le remplaçant de John Kelly dans une semaine ou deux et qu'il était en train de consulter plusieurs candidats pour le poste.

S'exprimant devant la presse dans le bureau Oval, Donald Trump a affirmé ne pas être pressé de pourvoir au remplacement de John Kelly.

(Susan Heavey, Nicolas Delame et Pierre Sérisier pour le service français)