May maintient le vote "significatif" de mardi sur le Brexit
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Des elus conservateurs demandent un report du vote sur le brexit
Toby Melville
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Des elus conservateurs demandent un report du vote sur le brexit
Toby Melville
par Elizabeth Piper et Guy Faulconbridge
LONDRES (Reuters) - Le vote sur l'accord de retrait de l'Union européenne aura lieu comme prévu mardi à la Chambre des communes, a déclaré lundi à la mi-journée une porte-parole de la Première ministre britannique, Theresa May.
Plusieurs élus conservateurs, rapportait le quotidien The Times, avaient demandé à May de repousser la tenue de ce vote afin de se laisser davantage de temps pour convaincre une majorité de soutenir le texte négocié avec Bruxelles. D'autres médias évoquaient la possibilité d'un simple vote consultatif ou provisoire.
Mais la porte-parole de Downing Street a assuré que le gouvernement, à 18 jours de la date fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, s'en tenait au calendrier exposé fin février par la Première ministre ainsi qu'à la nature de la motion qui sera soumise aux députés, soit un vote significatif ("meaningful vote").
La dirigeante conservatrice a proposé la tenue d'un nouveau vote ce mardi sur l'accord de Brexit négocié avec Bruxelles - et massivement rejeté par 432 voix contre 202 le 15 janvier dernier à la Chambre des communes.
Si la Chambre continue de rejeter l'accord de retrait négocié avec les Européens, un deuxième vote aura lieu mercredi pour dire si elle soutient ou non une sortie sans accord à la date prévue du 29 mars.
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Dans la double éventualité où l'accord de retrait de même que la perspective d'un Brexit sans accord auraient été rejetés, les députés auront à se prononcer une troisième fois jeudi, cette fois sur un report "court et limité" du Brexit.
Certains élus craignent qu'un tel report ne conduise à un abandon pur et simple du projet de sortie de l'UE, dont Theresa May laisse aussi planer la menace.
"SAMEDI SOIR, IL SEMBLAIT QUE LES ÉQUIPES DE NÉGOCIATION
ÉTAIENT PROCHES D'UN ACCORD"
A Bruxelles, des sources communautaires ont indiqué lundi qu'un accord avait semblé à portée dans la journée de samedi, l'Union européenne ayant mis en avant des mécanismes juridiques qui auraient permis au Royaume-Uni de sortir unilatéralement de l'union douanière.
La veille, sur son compte Twitter, le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, avait précisé les choses: "L'UE s'engage à donner au Royaume-Uni l'option de sortir unilatéralement de l'union douanière à condition que les autres éléments du 'backstop' soient maintenus afin d'éviter une frontière 'dure'. Le Royaume-Uni ne sera pas bloqué contre sa volonté dans une union douanière", écrivait https://twitter.com/MichelBarnier/status/1104052380088393733 notamment le négociateur français.
Parmi les autres éléments de cette clause de sauvegarde censée s'appliquer, à défaut d'une meilleure solution, pour éviter le rétablissement d'une frontière entre la république d'Irlande et l'Irlande du Nord, figure notamment le maintien de la province nord-irlandaise dans le marché unique européen - un casus belli pour les Brexiters du Parti conservateur et pour les élus nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (DUP) dont dépend la majorité parlementaire de Theresa May.
"Samedi soir, il semblait que les équipes de négociation étaient proches d'un accord", a déclaré une source européenne, rendant compte des éléments d'information apportés aux ambassadeurs des Vingt-Sept lors d'une réunion qui s'est tenue lundi à Bruxelles.
"Mais au final, la Première ministre May n'a pas réussi à convaincre son cabinet, et en a informé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de leur discussion téléphonique de dimanche soir", a ajouté cette source.
La dirigeante britannique et le président de la Commission se sont de nouveaux entretenus par téléphone ce lundi.
Le porte-parole de la Commission européenne a rappelé pour sa part qu'il appartenait à présent au Parlement britannique de prendre d'"importantes décisions" cette semaine.
L'Union européenne, a ajouté Margaritis Schinas, reste déterminée à ratifier l'accord de retrait d'ici au 29 mars mais se tient également prête à rencontrer à tout moment les négociateurs britanniques.
La Commission, a observé Schinas, "a fait des propositions sur des assurances supplémentaires que le 'backstop', s'il devait être déclenché, s'appliquerait temporairement".
Faute de changement significatif, l'accord de retrait négocié par Londres et Bruxelles et entériné fin novembre par les dirigeants européens est voué à subir mardi un nouvel échec cinglant au Parlement de Westminster, ont prévenu dimanche deux chefs de file des députés eurosceptiques, le conservateur Steve Baker et le numéro deux du Parti unioniste démocrate (DUP), Nigel Dodds.
(avec Gabriela Baczynska à Bruxelles; Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français)
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