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Liesse des partisans de Kaïs Saïed, donné vainqueur de la présidentielle en Tunisie

reuters.com  |   |  545  mots
Kais saied donne large vainqueur de la presidentielle en tunisie[reuters.com]
(Crédits : Zoubeir Souissi)

TUNIS (Reuters) - L'universitaire conservateur Kaïs Saïed a remporté dimanche une victoire écrasante lors du second tour de l'élection présidentielle en Tunisie, selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes, provoquant la liesse de milliers de partisans qui se sont rassemblés sur les principales artères de Tunis.

Les résultats officiels du scrutin ne seront pas publiés avant lundi. L'adversaire de Saïed, l'homme d'affaires Nabil Karoui, n'a pas exclu la possibilité de faire appel des résultats.

Une enquête de l'institut Emrod, citée par la radio tunisienne Mosaïque FM, crédite Saïed de 72,53% des voix et un autre sondage, réalisé par Sigma Consulting et diffusé par la télévision publique tunisienne, attribue 76,9% des suffrages à ce professeur de droit à la retraite.

Kaïs Saïed, qui a promis de rebâtir la démocratie amorcée après la "révolution de jasmin" de 2011, est décrit par ses partisans comme un homme humble avec des convictions. Le candidat, qui a très peu dépensé pendant sa campagne, est critiqué par ses détracteurs sur ses opinions jugées conservatrices sur les sujets de sociétés et sur son soutien au parti religieux Ennahda.

"Nous devons restaurer la confiance entre le peuple et les dirigeants", a déclaré Kaïs Saïed à la télévision après la diffusion de ces deux sondages.

Son opposant, l'entrepreneur des médias Nabil Karoui, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il déciderait ou non de faire appel après l'annonce des résultats officiels par la commission électorale.

Il a estimé ne pas avoir eu l'occasion de rivaliser équitablement avec son adversaire.

L'homme d'affaires est sorti de détention seulement mercredi après avoir passé l'essentiel de la campagne électorale incarcéré en attendant le verdict de son procès pour corruption. Il dément toutes les accusations le visant.

L'élection de dimanche est le troisième scrutin national en cinq semaines, après le premier tour de l'élection présidentielle en septembre, lors duquel Kaïs Saïed a obtenu 18,4% des voix et Nabil Karoui 15,6%, et des élections législatives il y a une semaine.

D'après la commission électorale, le taux de participation va dépasser les 60%, contre 45% seulement pour le premier tour.

La faible participation et le rejet des candidats et partis traditionnels a mis en lumière le mécontentement vis-à-vis de la politique tunisienne, huit ans après une révolution qui a apporté la démocratie et inspiré le "printemps arabe".

Le nouveau président tunisien sera confronté à de nombreux défis. Sur le plan politique, la constitution d'une coalition pourrait être complexe, les législatives de la semaine dernière ayant abouti à la formation d'un Parlement fortement divisé, avec une légère avance pour le parti religieux Ennahda.

L'économie tunisienne est par ailleurs affectée par un chômage chronique, une inflation élevée et le pays doit faire face aux réductions de dépenses publiques exigées par les bailleurs internationaux.

(Tarek Amara et Angus McDowall; Gwénaëlle Barzic et Myriam Rivet pour le service français, édité par Jean Terzian)