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Statu quo sur les retraites, pas de trêve avant des négociations en janvier

reuters.com

Publié le 19 décembre 2019 à 18:32 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:00

Negociations sur la reforme des retraites au point mort, reunions en janvier

Negociations sur la reforme des retraites au point mort, reunions en janvier

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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PARIS (Reuters) - Les discussions engagées par Edouard Philippe avec les partenaires sociaux sur le projet de réforme des retraites n'ont pas permis de lever les désaccords de fond, notamment sur "l'âge d'équilibre" : la CGT et Force ouvrière ont rejeté jeudi toute trêve pendant les fêtes de fin d'année et appelé à une nouvelle journée de grèves et manifestations le 9 janvier.

Au lendemain de consultations bilatérales sur le projet de loi que le Premier ministre entend toujours soumettre au conseil des ministres le 22 janvier et au Parlement fin février, Edouard Philippe a réuni à Matignon syndicats et représentants du patronat pour une multilatérale qui n'a pas fait bouger les lignes, de l'avis des participants.

Le statu quo demeure, et avec lui les perturbations dans les transports publics, SNCF et RATP.

Pour seules ouvertures à ce stade, les syndicats ont obtenu la tenue de discussions début janvier sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière.

Sur l'instauration progressive à partir de 2022 d'un âge pivot à 64 ans à l'échéance 2027, le chef du gouvernement a dit avoir pris acte de l'hostilité des syndicats, la CFDT au premier chef, mais maintient le principe de cette option "juste" selon lui pour rééquilibrer financièrement le système.

L'ÂGE PIVOT, "UN CHOIX JUSTE" POUR PHILIPPE

"Dès les premiers jours de janvier, nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai mi-janvier une méthode qui nous permettra soit d'atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution proposée, soit d'améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats", a-t-il précisé lors d'une déclaration à l'issue des discussions.

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"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aurait que l'âge d'équilibre. Il y a des marges de manoeuvre, elles ne sont pas immenses mais elles existent", a-t-il ajouté, en se disant confiant en un accord avec, sans les nommer, les centrales réformistes de la CFDT et de l'Unsa, favorables au système par points.

"L'âge d'équilibre, ce n'est pas simplement demander à certains de partir un peu plus tard, c'est aussi pour beaucoup de permettre de partir beaucoup plus tôt", a-t-il notamment plaidé alors que la CFDT reste fermement opposée à un scénario paramétrique "inacceptable".

Edouard Philippe a fait état d'"avancées" à l'issue de la discussion de jeudi, mais plusieurs d'entre elles figurent déjà dans le document de travail diffusé par ses services après son discours du 11 décembre, notamment sur la pénibilité, le forfait jours ou la retraite progressive.

Il a en outre identifié des pistes d'amélioration pour le minimum contributif prévu par la réforme, parmi lesquelles une hausse "au-delà de 85% du smic" pour les carrières complètes.

Tout en maintenant l'objectif d'une suppression des régimes spéciaux, il a indiqué que les discussions au sein de la SNCF et de la RATP avaient ouvert des voies d'aménagement.

"En ce qui concerne les agents de SNCF au statut, le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de la mise en oeuvre de la réforme et le respect des droits acquis", a-t-il dit. Pour les agents de la RATP, "les derniers échanges ont permis d'aboutir à des avancées importantes sur la question des transitions, ces avancées sont sur la table, chacun les jugera."

"RIEN N'A CHANGÉ"

Le diagnostic était moins optimiste du côté des syndicats.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, pour qui "rien n'a changé", a appelé dès sa sortie de la réunion à une nouvelle journée d'actions interprofessionnelle le 9 janvier.

Pour Yves Veyrier (FO), "le Premier ministre essaye de nous prendre dans une forme de piège". "On nous propose des discussions très vite, mais avec une contrainte (...), le projet de loi est écrit", a-t-il indiqué. "C'est au gouvernement d'appuyer sur le bouton pause".

"Il y a un désaccord sur la temporalité qui consiste à dire qu'il y aura besoin urgemment de mesures punitives pour les travailleurs et un désaccord sur la méthode elle-même", a jugé Laurent Berger, tout en saluant "une volonté de dialogue" à l'issue de la réunion.

"Si début janvier cet âge d'équilibre était toujours dans l'horizon, nous aurions des initiatives", a ajouté le secrétaire général de la CFDT qui ne se joint pas à l'appel du 9 janvier.

L'UNSA-ferroviaire, deuxième organisation syndicale à la SNCF, a appelé à une pause dans la grève pendant les fêtes de fin d'année, mais la CGT-Cheminots, premier syndicat de l'entreprise publique, refuse toute trêve.

L'intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-FIDL-MNL-Unef-UNL appelle dans un communiqué commun à poursuivre "un mouvement social soutenu par la population (...) sans trêve" jusqu'au retrait du projet.

(Caroline Pailliez et Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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