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Renault renoue avec la croissance en fin d'année, prudence pour 2020

reuters.com  |   |  770  mots
Renault: les ventes rechutent en 2019, l'international eclipse l'europe[reuters.com]
(Crédits : Vincent Kessler)

par Gilles Guillaume

BOULOGNE-BILLANCOURT (Hauts-de-Seine) (Reuters) - Renault a renoué avec la croissance de ses ventes au quatrième trimestre grâce à ses nouveaux lancements mais s'est gardé de communiquer des objectifs de volumes pour 2020, jouant la prudence au seuil d'une année charnière pour le groupe au losange en matière d'électrification, de marchés et de gouvernance.

Le constructeur, ébranlé fin 2018 par la disgrâce de son ancien homme fort Carlos Ghosn et qui doit annoncer dans moins d'un mois le choix d'un nouveau directeur général, a vu ses ventes rebondir de 5,3% sur les trois derniers mois de l'année, après trois trimestres consécutifs de baisse.

"En 2020, nous avons un beau programme sur l'électrique et aurons en parallèle le plein effet des lancements de l'an dernier", a souligné Olivier Murguet, directeur commercial de Renault, au cours d'une conférence de presse.

Mais contrairement à janvier 2019, où Renault disait viser une légère hausse de ses volumes sur l'année, le groupe a joué cette fois la prudence en raison des incertitudes planant sur les marchés automobiles et sur le rythme du déploiement des véhicules électrifiés. Olivier Murguet n'a pas donné d'objectif de ventes, préférant insister sur l'amélioration du positionnement prix déjà engagé grâce à la nouvelle Clio 5.

A 12h22, l'action Renault gagnait 0,5312% à 39,745 euros à la Bourse de Paris, surperformant l'indice des valeurs automobiles européennes qui progressait à la même heure de 0,7%.

Prise dans sa globalité, l'année 2019 reste toutefois marquée pour le constructeur au losange par une baisse de 3,4% à 3,75 millions de véhicules de ses ventes mondiales, tournant le dos au record inscrit en 2018.

Le groupe avait averti à l'automne dernier sur son chiffre d'affaires et sa marge, qui seront publiés le 14 février.

DACIA FAIT MIEUX QUE RENAULT

Le plus international des constructeurs automobiles français a souffert de la fermeture du marché iranien après la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire et de la dégradation des marchés argentin et turc. Hors d'Europe, ses ventes ont baissé de 7,9%, tandis qu'en Europe elles ont progressé de 1,3%, grâce notamment à la marque low cost Dacia, faisant remonter la part du continent dans les ventes totales à près de 52% contre un peu moins de 50% en 2018.

A l'échelle mondiale, la marque au losange a vu ses ventes reculer de 6,9% tandis que celles de Dacia ont progressé de 5,4%.En 2020, Olivier Murguet prévoit une légère baisse du marché automobile en Europe et en France, mais aussi une stabilisation en Argentine et un rebond en Turquie.

La veille, PSA, qui reste derrière Renault par les volumes mondiaux, a fait état lui aussi d'une baisse de ses ventes (-10% à 3,5 millions d'unités), après un record en 2018.

Si le plan stratégique à moyen terme dévoilé en 2017 par Carlos Ghosn est actuellement réexaminé pour tenir compte de la nouvelle donne des marchés, l'ambition de porter à 12 véhicules la gamme électrifiée du groupe à l'horizon 2022 est confirmée.

"Tous ces modèles se feront, tout est en route", a répondu Olivier Murguet à une question sur les contours du futur plan.

Renault va ainsi dévoiler à Genève une Twingo électrique, qui viendra s'ajouter après l'été à la citadine Zoé, aux utilitaires et à la future version européenne du mini-SUV électrique chinois K-ZE.

En 2019, les ventes de véhicules électriques de Renault, l'un des précurseurs avec Nissan sur ce segment désormais stratégique pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2, ont atteint un record de 62.447 unités (+23,5%).

En 2020, Olivier Murguet prévoit une accélération avec une croissance de 70%.

En Europe, à fin novembre, Renault se classait en deuxième position sur le marché de l'électrique derrière Tesla. En revanche, si l'on additionne les ventes du groupe au losange et de son partenaire japonais de l'alliance, Renault-Nissan est en tête avec une part de marché de 27%, contre 26% pour le groupe californien.

Interrogé sur le processus de sélection du futur directeur général de Renault, poste pour lequel l'ex-patron de Seat Luca de Meo fait figure de favori, Olivier Murguet a refusé de faire un commentaire.

Prié de dire si la future équipe conserverait l'esprit collégial du triumvirat actuel - Cloltilde Delbos, directrice générale par intérim, est épaulée par deux directeurs généraux adjoints par intérim, dont Olivier Murguet, il a répondu: "C'est de la gouvernance, c'est du ressort du conseil d'administration."

(Edité par Jean-Michel Bélot)