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Syrie : Russie et Turquie cherchent à désamorcer la crise d'Idlib

reuters.com  |   |  439  mots
Syrie: russie et turquie cherchent a desamorcer la crise d'idlib[reuters.com]
(Crédits : Khalil Ashawi)

ANKARA (Reuters) - Moscou et Ankara envisagent de procéder à des patrouilles conjointes dans la province syrienne d'Idlib pour ouvrir la voie à un arrêt des combats et enrayer l'afflux de réfugiés vers la Turquie, a indiqué jeudi un membre de l'administration turque.

La veille, le président Recep Tayyip Erdogan avait promis une intervention militaire imminente pour mettre fin à l'offensive que les forces syriennes mènent avec l'appui de l'armée russe dans cette province du Nord-Ouest où se trouvent les dernières positions de l'insurrection syrienne.

La Turquie, qui a accueilli 3,7 millions de réfugiés depuis le début du conflit, redoute un nouvel afflux et accuse la Russie de violer les accords de "désescalade" conclus en 2018.

Après deux séries de discussions avec Moscou ces deux dernières semaines, Ankara, qui exige le retrait des forces syriennes engagées dans la province avant la fin du mois, a jugé mardi que ces négociations n'étaient "pas satisfaisantes" et a annoncé l'envoi de renforts. Une opération militaire turque n'est plus qu'"une question de temps", a déclaré mercredi Recep Tayyip Erdogan.

Selon un membre de l'administration turque ayant requis l'anonymat, les pourparlers avec la Russie n'ont toutefois pas été "complètement infructueux".

La Russie, qui demande depuis le début à la Turquie de se retirer d'Idlib et d'évacuer ses postes d'observation, est restée sur ses positions, a-t-il poursuivi.

"Ni le retrait d'Idlib ni l'évacuation des postes d'observation ne sont à l'ordre du jour", mais "divers exercices" sont selon lui en discussion.

"Par exemple, assurer la sécurité par le biais de responsables de la sécurité turcs et russes et organiser des patrouilles conjointes pourrait être possible", a précisé le haut fonctionnaire, selon lequel les présidents russe et turc vont "mettre fin au problème".

Des représentants turcs, russes et iraniens doivent selon lui se rencontrer début mars à Téhéran et une délégation russe pourrait se rendre auparavant à Ankara.

Le ministre turc des Affaires étrangères avant auparavant fait état d'un rapprochement avec la Russie lors des entretiens au sujet de la province d'Idlib, tout en le jugeant insuffisant.

A Moscou, on estime qu'une intervention turque serait le "pire des scénarios" et on assure que le gouvernement russe fera le nécessaire pour empêcher une aggravation de la situation. L'Iran, autre allié de Damas, s'est par ailleurs dit prêt à jouer les médiateurs entre la Syrie et la Turquie.

(Orhan Coskun avec Tuvan Gumrukcu et Ece Toksabay, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Michel Bélot)