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Trump signe son décret contre les réseaux sociaux, qu'il accuse de "pratiques professionnelles déloyales"

reuters.com

Publié le 29 mai 2020 à 05:30 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 22:31

Trump signe son decret contre les reseaux sociaux, qu'il accuse de "pratiques professionnelles deloyales"

Trump signe son decret contre les reseaux sociaux, qu'il accuse de "pratiques professionnelles deloyales"

JONATHAN ERNST

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par Jeff Mason et Nandita Bose

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump, qui se dit victime de censure de Twitter depuis deux jours, a signé jeudi un décret présidentiel visant les opérateurs de réseaux sociaux et a annoncé qu'il s'efforcerait de faire adopter une loi pour le compléter.

Quelques heures après avoir menacé de réguler ou de fermer des entreprises du secteur, les accusant de vouloir étouffer les voix conservatrices, le président américain a déclaré devant la presse que lorsque Twitter décide de réviser un tweet ou de bloquer un utilisateur, il prend une position éditoriale.

De même, a-t-il ajouté, quand Twitter décide de vérifier un tweet ou au contraire de l'ignorer, il se livre à une forme d'activisme politique qui est, a-t-il poursuivi, inappropriée.

Le décret, dont la Maison blanche a annoncé qu'il était signé, signifie que les entreprises gérant les réseaux sociaux pourraient ne plus bénéficier de protection contre leur responsabilité sur des contenus écrits par des internautes, a indiqué Trump, disant s'attendre à des recours en justice mais indiquant que son administration y est prête.

Jugeant que ces entreprises sont "l'équivalent d'un monopole", il a ajouté qu'il avait donné instruction à son Attorney General (ministre de la Justice), William Barr, de coopérer avec les Etats du pays pour faire appliquer leurs propres lois contre ce qu'il a qualifié de "pratiques professionnelles déloyales" et de préparer une proposition de loi sur les entrepreneurs des réseaux sociaux.

L'objectif, a dit Trump, pourrait être de "supprimer ou de modifier" la section 230 d'une loi de 1996, la Communications Decency Act, conçue à l'origine pour lutter contre la pornographie en ligne.

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Pour l'essentiel, cette loi a été invalidée par les tribunaux comme entrave à la liberté d'expression, mais cette Section 230 est restée en vigueur. En pratique, elle protège les sites web ou autres services diffusant des contenus de poursuites judiciaires liées à des contenus écrits par des internautes. Seul le Congrès peut la défaire.

"Ce que je pense, c'est que nous pouvons dire que cela va être régulé", a dit Trump.

"DIVERSION DÉSESPÉRÉE", DÉNONCE NANCY PELOSI

Le différend a éclaté mardi quand Twitter a ajouté sous un double message de Donald Trump un avertissement incitant les utilisateurs du réseau social à vérifier la véracité des affirmations du président américain à propos du vote par correspondance.

Cela a provoqué la colère du chef de la Maison blanche, qui a multiplié les séries de messages dans lesquels il a accusé les principaux réseaux sociaux de biais politiques.

Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a estimé jeudi qu'en se déchaînant contre les réseaux sociaux, Donald Trump se livrait à une tentative "de diversion désespérée" visant à faire oublier le contexte de la pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 100.000 morts et contaminé près de 1,7 million de personnes aux Etats-Unis, selon les dernières données collectées par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

"En terme de tentatives présidentielles pour limiter les commentaires critiques contre la personne du président, je pense qu'il faudrait remonter jusqu'à la loi de 1798 sur la sédition, qui rendait illégal le fait de dire des choses fausses à propos du président et de certains autres dépositaires de l'autorité publique, pour retrouver une attaque censément ancrée dans la loi menée par un président contre toute entité qui commente ou imprime des commentaires relatifs à des questions publiques et des personnalités publiques", a pour sa part commenté Floyd Abrams, avocat spécialiste des dossiers relatifs au Premier amendement, qui garantit notamment la liberté de la presse et la liberté d'expression.

Mais pour Donald Trump, qui ambitionne d'être réélu à la présidence américaine le 3 novembre prochain, les géants du numérique utilisent leur "pouvoir considérable" pour recourir à la censure en vue du scrutin. "Si cela se produit, nous ne disposons plus de notre liberté", ajoutait-il mercredi.

Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, a déclaré mercredi en fin de soirée que les propos présidentiels sur le projet de vote par correspondance en Californie "pourraient induire les gens en erreur" en les laissant croire qu'ils n'ont pas besoin de s'inscrire pour voter.

Dans un communiqué distinct, Twitter a dit que les tweets du président américain avaient été ainsi signalés dans le cadre des efforts de l'entreprise pour mettre en oeuvre sa "politique d'intégrité civique".

(avec Susan Heavey, Doina Chiacu et Mohammad Zargham; version française Jean Terzian et Henri-Pierre André)

reuters.com

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