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Émotion et tension au procès des attentats de Janvier 2015

reuters.com

Publié le 02 septembre 2020 à 08:17 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 22:15

Le proces des attentats de charlie hebdo et de l'hyper cacher s'est ouvert a paris

Le proces des attentats de charlie hebdo et de l'hyper cacher s'est ouvert a paris

CHARLES PLATIAU

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Tangi Salaün

PARIS (Reuters) - Les auteurs des attentats d'inspiration djihadiste de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo et un magasin casher voulaient "venger le prophète", a déclaré le président de la Cour d'assises spéciale, à l'ouverture d'un procès "hors norme", mercredi à Paris.

Après cinq ans d'enquête, 14 complices présumés de Chérif et Saïd Kouachi, auteurs de la tuerie du 7 janvier 2015 dans les locaux du magazine satirique, et d'Amedy Coulibaly, qui a attaqué l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes deux jours plus tard après avoir tué une policière la veille, vont comparaître pendant 10 semaines devant des magistrats professionnels au cours d'audiences filmées, une première en matière de terrorisme.

Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste pour l'aide sous formes diverses qu'ils ont pu apporter aux trois assaillants, tous tués par les forces de l'ordre le 9 janvier, et risquent de 20 ans de prison à la réclusion à perpétuité.

L'ouverture de ce procès ravive de profondes émotions en France en souvenir des 17 morts de ces attentats, les premiers d'une vague d'actes d'inspiration djihadiste qui déferlera ensuite sur le pays, faisant au total près de 250 morts.

"Toujours Charlie", a écrit mercredi sur Twitter le Premier ministre Jean Castex, en référence au slogan "Je suis Charlie" repris à l'époque à travers le monde pour témoigner de la stupeur ressentie par beaucoup et de la solidarité internationale avec la France.

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Le magazine a pour sa part choisi de publier à nouveau ce mercredi dans un numéro intitulé "Tout ça pour ça" des caricatures du prophète Mahomet mises en cause par les frères Kouachi.

"Nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais", promet Riss, le directeur de Charlie Hebdo, lui-même blessé pendant la tuerie, dans un éditorial dédié à la mémoire de "Ceux que nous avons perdus".

L'ÉMOTION DE RISS

Présent mercredi dans la salle d'audience du Tribunal judiciaire, Riss a écouté, yeux fermés et tête baissée, le président du tribunal, Régis de Jorna, faire le récit de la tuerie dans la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 en fin de matinée.

"Les frères Kouachi ont dit vouloir venger le prophète et se sont enquis de la mort de 'Charb' avant de partir rapidement", a-t-il dit en citant les témoins interrogés par les juges d'instruction.

Les parents de Stéphane Charbonnier, dit 'Charb', qui était déjà à la tête du magazine à l'époque de la publication des caricatures de Mahomet, en 2006, sont sortis de la salle, submergés par l'émotion.

Sur les 14 accusés, onze étaient présents mercredi devant le tribunal spécialement aménagé en trois salles d'audience pour accueillir les victimes, les avocats de près de 200 parties civiles et les journalistes.

S'exprimant derrière des vitres en verre, chacun surveillé par deux policiers masqués et vêtus de gilets par balles, tous ont déclaré qu'ils répondraient aux questions des juges.

AMBIANCE ÉLECTRIQUE

Les débats se sont ouverts dans une ambiance électrique en raison de la demande de supplément d'information formulée par Isabelle Coutant-Peyre, l'avocate du principal accusé, Ali Riza Polat, des parties civiles y voyant une manoeuvre "indécente" risquant de provoquer un renvoi du procès.

"Je n'ai pas de frustration. C'est le temps de la justice", a soufflé pendant une suspension de séance l'urgentiste Patrick Pelloux, arrivé à Charlie Hebdo juste après la tuerie.

La Cour n'a pas donné suite à la demande de l'avocate et le procès a pu s'ouvrir comme prévu dans l'après-midi, après un nouvel incident portant sur la nécessité, pour les accusés comme leurs avocats, de porter un masque quand ils s'expriment.

Trois accusés, parmi les principaux, sont jugés par contumace, dont deux, les frères Mohamed et Mehdi Belhoucine, sont présumés morts en Syrie. La troisième, Hayat Boumedienne, épouse religieuse d'Amedy Coulibaly, a quitté la France quelques jours avant les attentats et son sort est incertain.

L'attentat de Charlie Hebdo a été revendiqué par Al Qaïda dans la péninsule arabique, qui a félicité les frères Kouachi pour avoir tué "ceux qui figurent parmi les pires ennemis du prophète et de l'Islam".

Le lendemain de cette attaque, Amedy Coulibaly, proche des frères Kouachi, a abattu une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine). Le 9 janvier, il s'est enfermé avec des otages dans un magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, où il a tué quatre employés et clients juifs. Il a revendiqué son acte au nom du groupe Etat islamique.

Le fait que la vidéo de revendication ait été montée et mise en ligne après les attaques montre que Coulibaly "avait un complice ou un commanditaire" qui n'a pas été formellement identifié, a souligné le magistrat Régis de Jorna en lisant un résumé du rapport des juges d'instruction.

Les trois meurtriers ont été abattus lors d'assauts quasi simultanés lancés par la police à l'Hyper Cacher et dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), où les frères Kouachi s'étaient retranchés après deux jours de cavale.

(Edité par le service France)

reuters.com

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