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Terré à la Maison blanche, Trump rumine son échec et refuse d'évoquer l'avenir

reuters.com

Publié le 18 décembre 2020 à 10:06 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 21:53

Terre a la maison blanche, trump rumine son echec et refuse d'evoquer l'avenir

Terre a la maison blanche, trump rumine son echec et refuse d'evoquer l'avenir

JONATHAN ERNST

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Steve Holland et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - Enfermé dans ce qu'un ancien responsable de la Maison blanche qualifie de "caverne présidentielle", Donald Trump se fait peu à peu à l'idée qu'il devra quitter le Bureau ovale tout en refusant obstinément d'aborder la question de son avenir.

A un peu plus d'un mois de l'investiture de Joe Biden, l'ancien homme d'affaires se réfugie dans le mutisme dès que le sujet est évoqué tandis que les membres de l'équipe présidentielle mettent leurs CV à jour ou que son épouse Melania recherche en Floride un établissement scolaire pour leur fils Barron.

"Il coupe court à toute conversation liée à ce qu'il fera quand il quittera les lieux", affirme un proche du président s'exprimant sous le sceau de l'anonymat.

"Il sait qu'il va devoir partir mais il cloisonne les choses. Aussi longtemps qu'il sera le président, il voudra rester le président."

La discrétion dont Donald Trump fait preuve depuis plusieurs semaines - il se contente de communiquer avec l'extérieur en tweetant - offre un contraste saisissant avec la flamboyance de son mandat. Remisant ses interventions tapageuses, il essaye à peine de montrer qu'il reste aux commandes.

Selon un responsable gouvernemental, le 45e président ne s'est pas ou peu impliqué dans la réaction gouvernementale à l'attaque informatique qui a visé les Etats-Unis. "Ce n'est pas son rayon et la Russie est impliquée, ce qui complique les choses."

"AVOCATS EN DEROUTE"

Donald Trump limite désormais ses interactions à un petit groupe de conseillers, son vice-président Mike Pence et le secrétaire général de la Maison blanche Mike Meadows notamment, qui le tiennent informés de l'évolution de la campagne de vaccination ou des discussions au Congrès sur un nouveau plan de soutien à l'économie.

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Officiellement, Donald Trump n'a toujours pas admis sa défaite et son équipe est priée de poursuivre son combat pour faire admettre l'existence d'une vaste fraude électorale dont les démocrates se sont selon lui rendus coupables.

Le président passe ainsi de longues heures au téléphone avec le chef de file de son équipe de juristes, l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani, ou avec ce qu'un ancien responsable de la Maison blanche qualifiait de "bande hétéroclite d'avocats qui entretiennent la flamme".

Depuis le 3 novembre, il n'aura que très rarement quitté la Maison blanche, si ce n'est pour se rendre sur les greens pour s'adonner à sa passion pour le golf ou en Géorgie pour soutenir deux républicains candidats au Sénat.

Il ne manque pas une occasion de rappeler à ses conseillers qu'il a obtenu 74 millions de suffrages, 9 millions de plus que Barack Obama lors de sa réélection en 2012, et que les 80 millions de voix récoltées par son adversaire Joe Biden attestent de la fraude électorale commise par les démocrates.

Selon deux sources de Reuters, Donald Trump n'a pas apprécié que Mitch McConnell ait reconnu la victoire de Joe Biden dans la foulée de son élection par le collège électoral et il menace désormais le chef de file des républicains au Sénat d'opposer son veto à un gigantesque plan de dépenses militaires pour se venger.

EMBARRAS JUDICIAIRES

Le président américain s'affaire également à dresser la liste des grâces qu'il pourrait accorder avant de quitter la Maison blanche, s'intéressant en premier lieu à ceux de ses proches qui sont les plus menacés par la justice.

S'il reste hermétique à cette Amérique qui attend qu'il passe le relais à son successeur, Donald Trump ne peut sans doute pas ignorer les préparatifs bruyants de l'investiture de son successeur, Joe Biden, le long de la Pennsylvania Avenue qui passe devant la Maison blanche.

Selon une source de Reuters, il est difficile d'imaginer que Donald Trump se conforme aux traditions et qu'il se rende le 20 janvier à la cérémonie qui marquera le terme définitif de ses quatre ans à la Maison blanche et qu'il prenne place derrière Joe Biden qu'il n'a eu de cesse de dénigrer tout au long de sa campagne électorale.

Quant à son avenir, le sujet reste tabou et personne ne sait vraiment ce que fera l'actuel président. Selon un membre de son entourage, Donald Trump a caressé l'idée de pirater la cérémonie d'investiture de Joe Biden en annonçant le même jour sa candidature à l'élection présidentielle de 2024.

Son entourage s'efforce pourtant de le convaincre de renoncer à toute annonce officielle et de se contenter de l'évoquer pour éviter ainsi de se retrouver au centre d'une attention dont il pourrait se passer.

Une des sources de Reuters souligne en outre qu'une candidature officielle inciterait les démocrates à concentrer sur lui le feu de leurs attaques, notamment sur le plan judiciaire.

De fait, Donald Trump n'est pas à l'abri de soucis avec la justice, au pénal comme au civil, qui s'interroge sur la conduite de ses affaires avant son entrée à la Maison blanche.

"Si vous voulez réduire les risques d'enquêtes parlementaires en 2021 et 2022, la meilleure chose à puisse faire c'est d'arrêter de jouer avec ces ballons d'essais", considère la source de Reuters.

(Avec Andrea Shalal; version française Nicolas Delame, édité par Henri-Pierre André)

reuters.com

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