La Centrafrique vote dans un climat de tension
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Elections generales en centrafrique dans un climat de tension
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par Antoine Rolland
BANGUI (Reuters) - Les Centrafricains ont voté dimanche pour des élections présidentielle et législatives marquées par des fusillades dans certains endroits de la part de rebelles tentant de dissuader les gens de se rendre aux urnes.
La participation a été massive malgré les incidents, a déclaré dans un communiqué le responsable de la mission des Nations unies dans le pays, Mankeur Ndiaye.
Le scrutin s'est déroulé alors que le gouvernement tente de contrôler une offensive des rebelles, lesquels ont pris le contrôle de villes et routes en dehors de la capitale Bangui.
Le dépouillement a commencé et les résultats devraient être connus avant la fin de la semaine.
Depuis que la Cour constitutionnelle a rejeté plus tôt ce mois-ci plusieurs candidatures, dont celle de l'ancien président François Bozizé, les milices hostiles au président sortant Faustin-Archange Touadera ont accentué leurs attaques.
Cette nouvelle crise en République centrafricaine a épuisé nombre des 4,7 millions d'habitants et alimenté les craintes de troubles sans précédent depuis plusieurs années. Les commerces ont fermé leurs portes ces derniers jours et la population s'est confinée.
Riche en diamants, bois et or, l'ancienne colonie française a été secouée par cinq coups d'Etat et de nombreuses rébellions depuis son indépendance en 1960.
"Je garde mes enfants près de moi depuis trois jours", a déclaré Israel Malongou, un entrepreneur de la capitale. "Je veux que les élections se terminent, peu importe le vainqueur, afin que nous puissions reprendre le cours de nos vies".
Faustin-Archange Touadera, qui brigue un second mandat, a peiné à reprendre de larges parties du pays contrôlées par les milices armées depuis son arrivée au pouvoir en 2016, trois ans après une rébellion ayant provoqué le départ de François Bozizé.
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Les vagues successives de violences depuis 2013 ont fait des milliers de morts et contraint plus d'un million de personnes à fuir.
Dix-sept candidats sont en lice pour l'élection présidentielle. Touadera est considéré comme favori, avec comme principal rival Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre battu au second tour en 2016 et désormais soutenu par Bozizé.
Au cours de la campagne, Touadera a mis en avant la reconstruction des institutions publiques et rejeté les appels de l'opposition à un report du scrutin. "Il n'y a pas de crise institutionnelle. Nous devons tout simplement continuer le processus électoral", a-t-il dit la semaine dernière.
Le président sortant et les Nations unies, qui ont déployé quelque 12.800 casques bleus dans le pays, ont accusé Bozizé d'avoir orchestré une tentative de putsch, ce qu'a démenti son parti.
La candidature de Bozizé a été rejetée au motif qu'il est visé par un mandat d'arrêt et des sanctions de l'Onu, qui l'accuse d'avoir ordonné des assassinats et des actes de torture lorsqu'il était au pouvoir. Bozizé a nié ces accusations.
(version française Jean Terzian et Patrick Vignal)
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