Un éditeur renommé, critique du Hezbollah, tué au Sud-Liban
reuters.com

Un editeur renomme, critique du hezbollah, tue au sud-liban
Mohamed Azakir
reuters.com

Un editeur renomme, critique du hezbollah, tue au sud-liban
Mohamed Azakir
BEYROUTH (Reuters) - L'éditeur chiite libanais Lokman Slim, célèbre dans son pays pour ses critiques à l'encontre du Hezbollah, a été retrouvé mort dans une voiture jeudi dans le sud du Liban, ont déclaré deux responsables des services de sécurité et sa famille.
Selon une source judiciaire, Lokman Slim a reçu quatre balles dans la tête et une dans le dos.
Une source proche de la sécurité a dit que le téléphone de Lokman Slim avait été retrouvé au bord d'une route.
Le motif n'a pas été déterminé, ont ajouté les deux sources au sein des services de sécurité.
Lokman Slim, qui était né en 1962, était l'une des principales voix chiites à s'être élevée contre ce qu'il considérait comme des tactiques d'intimidation du Hezbollah, le mouvement chiite libanais qu'il accusait d'intolérance envers les autres opinions politiques.
Il avait été vu pour la dernière fois après avoir quitté la maison d'un ami poète dans la nuit de mercredi. Sa famille a déclaré qu'il avait disparu pendant la nuit.
Un proche a dit avoir appris sa mort grâce à une alerte diffusée aux informations alors qu'il se trouvait dans un poste de police pour signaler sa disparition.
Le ministre de l'Intérieur libanais par intérim a dénoncé "un crime terrifiant" et s'est engagé à suivre l'affaire, qu'il a qualifiée d'"assassinat".
La soeur du défunt, Racha, a déclaré qu'il n'avait pas parlé de menaces récemment, évitant d'inquiéter sa famille.
Les critiques de Lokman Slim à l'encontre du Hezbollah se sont heurtées à la réprobation des partisans du mouvement libanais, à la fois parti politique et milice, qui l'ont parfois qualifié de "chiite d'ambassade", l'accusant d'être un agent des Etats-Unis.
Washington, qui considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, a multiplié les sanctions contre ses responsables et alliés au Liban, dans le cadre d'une campagne de pression contre Téhéran.
L'organisation n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.
Dans une récente interview sur la chaîne de télévision saoudienne al-Hadath, Lokman Slim avait dit qu'il pensait que le Hezbollah avait joué un rôle dans l'explosion massive du port qui a dévasté Beyrouth en août dernier, faisant plus de 200 morts et 6.000 blessés.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Fin 2019, l'éditeur libanais avait dit avoir été pris pour cible par des personnes rassemblées devant son domicile familial et ses bureaux, scandant insultes et menaces à son encontre. Il avait alors tenu le chef du Hezbollah pour responsable.
Lokman Slim avait également dit avoir reçu à la même époque des menaces de mort après avoir pris la parole au cours d'un débat dans un camp monté par des protestataires à Beyrouth dans le cadre des manifestations contre le gouvernement.
(Ellen Francis, Laila Bassam, Maha El Dahan et Alaa Kanaan, version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Stéphane Brosse)
reuters.com