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Italie : Draghi poursuit ses consultations pour former un gouvernement

reuters.com  |   |  509  mots
Italie: draghi poursuit ses consultations pour former un gouvernement[reuters.com]
(Crédits : Handout .)

par Angelo Amante et Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi s'est entretenu vendredi avec les dirigeants de plusieurs partis politiques italiens pour mesurer ses chances de former un gouvernement à la veille d'un entretien qui pourrait se révéler décisif avec le fondateur du Mouvement 5 Etoiles, Beppe Grillo.

L'économiste et ancien banquier a été chargé mercredi par le président italien Sergio Mattarella de former un nouveau cabinet après la démission du président du Conseil Giuseppe Conte, le 26 janvier.

Mario Draghi a reçu le soutien de Forza Italia, le parti conservateur dirigé par Silvio Berlusconi qui a souhaité la formation d'une coalition élargie pour faire face aux défis sanitaires et économiques.

Les marchés financiers italiens ont progressé vendredi en pariant sur le succès de l'ancien patron de la BCE, mais l'arithmétique parlementaire n'est pour le moment pas encore favorable au président du Conseil désigné.

La Ligue, le parti anti-immigration de Matteo Salvini, qui rencontrera samedi Mario Draghi, a averti qu'elle ne soutiendrait pas un gouvernement appuyé par le M5S, tandis que le Parti démocrate de centre gauche a prévenu qu'il refuserait de s'allier à la Ligue.

Avec Forza Italia, seul l'ancien président du Conseil Matteo Renzi, qui a déclenché la crise politique en privant le gouvernement sortant de Giuseppe Conte de sa majorité au Sénat le mois dernier, a plaidé en faveur d'un front large dans le contexte de crise actuel.

Mario Draghi s'entretiendra également samedi avec Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement 5 Etoiles (M5S), premier parti au Parlement sans l'appui duquel la tâche de l'ancien président de la BCE s'annonce quasi impossible.

Depuis 2018, Beppe Grillo, qui est aujourd'hui âgé de 72 ans, s'est pratiquement retiré de la scène publique mais continue d'intervenir à certains moments cruciaux de la vie politique.

Fondateur du M5S en 2009, l'humoriste s'en est pris régulièrement à l'euro et à la BCE, mais le mouvement est devenu moins anti-européen ces dernières années, même si un bon nombre de ses partisans reste opposé à la perspective d'un gouvernement dirigé par un ancien dirigeant de l'institution de Francfort.

Matteo Salvini a démenti pour sa part que sa formation comptait s'abstenir en cas de vote sur un nouveau gouvernement Draghi. "Nous sommes dehors ou dedans", a-t-il dit à la Rai.

A l'extrême droite, le parti Fratelli d'Italia a déclaré qu'il s'opposerait à un gouvernement Draghi. Sa cheffe de file, Giorgia Meloni, a réclamé des élections anticipées.

L'alliance de gauche Libres et égaux (LEU) a exclu de son côté de participer à une coalition incluant la Ligue.

"Nous avons été très clairs là-dessus et je pense que cela a été noté", a déclaré à la presse la cheffe du groupe LEU au Sénat, Loredana De Petris, après une rencontre avec Draghi.

(Avec Giselda Vagnoni; version française Claude Chendjou et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)