Birmanie: Manifestations et appels à la grève pour dénoncer le putsch
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Birmanie: manifestations et appels a la greve pour denoncer le putsch
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Birmanie: manifestations et appels a la greve pour denoncer le putsch
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(Reuters) - La police birmane a recouru lundi à des canons à eau pour disperser des manifestants dans la capitale Naypyitaw, où des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour une troisième journée consécutive à travers le pays pour dénoncer le coup d'Etat mené la semaine dernière par l'armée.
Les appels à la désobéissance civile se sont multipliés depuis que l'armée a pris le pouvoir il y a une semaine et placé en détention la dirigeante démocratiquement élue Aung San Suu Kyi, un putsch qui a été condamné à travers le monde.
"Nous, le personnel de santé, faisons campagne pour exhorter l'ensemble des fonctionnaires à rejoindre" le mouvement de désobéissance civile, a déclaré Aye Misan, une infirmière d'un hôpital public de Rangoun, la plus grande ville du pays.
"Notre message est que nous avons pour but d'abolir complètement le régime militaire et que nous devons nous battre pour notre destinée", a-t-elle ajouté.
Reuters n'a pas été en mesure de contacter la junte pour obtenir un commentaire sur les manifestations, mais la presse d'Etat a annoncé que des mesures pourraient être prises contre les manifestants, première prise de position venant d'un canal gouvernemental.
Les autorités y affirment que l'opinion publique veut être débarrassée de tous les "malfaiteurs".
"Nous, le peuple, qui dans son ensemble, veut la justice, la liberté, l'égalité, la paix et la sécurité dénonce les malfaiteurs hors-la-loi et demande également qu'ils soient circonscrits et évincés par la coopération", dit un communiqué diffusé par la chaîne de télévision MRTV.
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Si elles ne sont pas signées par un quelconque groupe ou autorité, ces déclarations ont été ensuite reprises par un réseau appartenant à l'armée.
Des vidéos montrent des milliers de manifestants rassemblés à Naypyitaw avant que la police fasse usage de canons à eau pour les disperser.
A Rangoun, des moines et des nonnes se sont joints aux ouvriers et étudiants pour manifester au sein d'un cortège dans lequel ont notamment été brandis des drapeaux à l'effigie de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi, dont plusieurs membres ont aussi été arrêtés la semaine dernière.
"Relâchez nos dirigeants, respectez nos votes, rejetez le coup d'Etat militaire", était-il écrit sur une pancarte. Les messages "Sauvez notre démocratie" et "Dites non à la dictature" ont aussi été brandis, alors que de nombreux manifestants étaient vêtus de noir.
Les manifestations se sont jusqu'à présent déroulées pacifiquement, contrastant avec la répression sanglante lors des précédents mouvements de contestation en 1988 et 2007. L'arrivée dimanche soir à Rangoun d'un convoi de véhicules militaires a toutefois alimenté les craintes d'une bascule.
En marge des manifestations, médecins, enseignants et certains fonctionnaires appellent à la grève.
"Nous demandons aux fonctionnaires de tous les départements de ne pas se rendre au travail dès lundi", a déclaré l'activiste Min Ko Naing, qui avait déjà pris part aux manifestations de 1988.
(Bureaux de Reuters; version française Jean Terzian et Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault)
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