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Pas de catastrophe en vue sur l'inflation, dit Generali

reuters.com

Publié le 18 février 2021 à 07:18 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 21:43

Pas de catastrophe en vue sur l'inflation, dit generali

Pas de catastrophe en vue sur l'inflation, dit generali

Stefano Rellandini

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Il ne faut pas craindre une accélération brutale de l'inflation qui obligerait les banques centrales à resserrer leur politique monétaire, dit-on chez Generali Investments.

La remontée des anticipations d'inflation reflétée par la hausse des rendements obligataires crée sur les marchés une inquiétude qui paraît excessive à Benoist Grasset, gérant de portefeuille obligataire pour la branche de gestion d'actifs de l'assureur italien.

"Ce débat sur l'inflation me fait penser à celui sur le bitcoin dans le sens où l'on a un camp qui croit dur comme fer à un retour de l'inflation assez violent et un autre qui n'y croit pas trop mais qui se dit qu'on ne sait jamais", dit-il à Reuters.

Si l'inflation remonte, elle ne fait que se rapprocher d'un objectif que l'on a longtemps reproché aux banques centrales de ne pas atteindre, fait-il valoir.

"On ne peut complètement écarter le risque qu'à moyen ou long terme, l'inflation devienne plus sensible à la croissance et accélère mais si vous regardez l'inflation sous-jacente et toute une série de facteurs structurels, il n'y a pas de raison de s'inquiéter d'une accélération incontrôlée", dit-il.

Les grandes banques centrales ne craignent pas l'inflation et ne cessent de répéter leur volonté de demeurer durablement accommodants, poursuit-il.

"Quand on veut faire peur aux gens avec l'inflation, on dit que les banques centrales vont être obligées de tout couper", dit-il. "Le vrai risque, ce n'est pas ça, comme Christine Lagarde et Jerome Powell l'on dit très clairement."

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Le risque principal porte non sur l'inflation mais sur la stabilité financière, juge le gérant avant d'évoquer le débat qui fait rage au sein de la Banque centrale européenne entre ceux qui souhaitent toujours plus de stimulation et les partisans d'un retour à une politique monétaire plus orthodoxe.

"Il y a un risque de voir les banques centrales ralentir leurs achats d'obligations, d'autant plus qu'on a à la fois une politique monétaire très souple et un discours sur la politique budgétaire qui a complètement changé avec le COVID-19", dit-il.

LE "HIGH YIELD" MIEUX PLACÉ QUE L'"INVESTMENT GRADE"

Le thème de la reflation est visible sur le marché obligataire mais également sur d'autres actifs comme les matières premières, le pétrole et aussi, d'une certaine manière, les actions, prolonge-t-il avant de donner l'exemple de l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo qui vient de renouer avec les 30.000 points, soit son niveau de 1990.

"Ce thème a des conséquences, notamment sur les obligations souveraines de longue échéance, mais du côté du crédit, il n'y a pas vraiment de quoi s'inquiéter. Le crédit s'est toujours bien accommodé de périodes où l'inflation remontait, en particulier lorsque l'on partait d'un niveau d'inflation bas", souligne Benoist Grasset.

Il ne faudrait cependant pas que l'inflation remonte trop mais ce scénario n'est pas le plus probable, dit-il avant de décrire un paysage obligataire plus favorable à la dette à haut rendement ("high yield") qu'à celle classée en catégorie investissement ("investment grade"), pénalisée par le resserrement des écarts de rendement avec la dette souveraine ("spreads").

"L'investment grade est moins bien placé avec des taux nominaux et des spreads de crédit très bas. Si les taux nominaux se mettent à monter avec un peu d'inflation, les spreads ne sont plus là pour absorber un choc même minime", dit-il.

"En revanche, le high yield est beaucoup mieux placé parce que les taux réels restent bas, qu'il est moins exposé au risque de remontée des taux et qu'il a une duration moins élevée."

La dette classée en catégorie spéculative offre en outre l'avantage de récupérer plus vite que les actions en cas de correction, ajoute le gérant.

"Il y aura très probablement une correction à un moment donné, en sachant que la caractéristique du high yield par rapport aux actions est que, s'il y a correction, il y a généralement une forme de retour à la moyenne qui fait que les mauvaises périodes sont mécaniquement compensées", dit-il.

"Si vous avez une correction et si vous avez une vue catastrophiste, sur l'inflation par exemple, il vaut mieux être sur du crédit high yield que sur des actions parce que vous avez ce phénomène de retour à la moyenne qui diminue, sinon la volatilité, du moins la dispersion attendue des rendements à deux ou trois ans."

(édité par Marc Angrand)

reuters.com

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