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Le gouvernement prêt à examiner l'hypothèse d'un confinement à Paris

reuters.com  |   |  636  mots
Le gouvernement pret a examiner la proposition d'un confinement a paris[reuters.com]
(Crédits : Gonzalo Fuentes)

PARIS (Reuters) - Le gouvernement va étudier l'hypothèse évoquée par la mairie de Paris d'un confinement strict dans la capitale contre l'épidémie de COVID-19, a déclaré vendredi Gabriel Attal, tout en émettant des doutes sur la pertinence d'une telle solution.

Paris fait partie des vingt départements placés par les autorités sous surveillance renforcée en raison d'une situation épidémiologique et hospitalière préoccupante, a annoncé jeudi le Premier ministre Jean Castex.

Des mesures de freinage, telles qu'un confinement le week-end instauré à Nice ou Dunkerque, sont à l'étude pour ces territoires et seront annoncées la semaine prochaine après consultation des élus locaux, a-t-il ajouté.

Le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a évoqué jeudi l'hypothèse d'un confinement strict de trois semaines qui permettrait par la suite de rouvrir les bars, restaurants ou lieux culturels de la capitale. Cette proposition va être discutée avec la préfecture de police et l'Agence régionale de santé avant d'être soumise en début de semaine prochaine au gouvernement.

Lors d'une conférence de presse vendredi, Emmanuel Grégoire a réaffirmé l'hostilité de la municipalité à un confinement limité au week-end. "On ne peut pas s'engager pendant des mois dans un modèle métro-boulot-dodo (...) sans qu'il soit autorisé d'aller se promener le week-end", a-t-il dit.

"On doit aussi pouvoir réfléchir à l'idée de faire des efforts plus importants à court terme avec la perspective de rouvrir beaucoup plus rapidement plutôt que de rester en couvre-feu pendant des mois et des mois", a ajouté Emmanuel Grégoire.

"La proposition de la mairie sera étudiée, c'est pour ça qu'on fait une concertation", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France Inter.

"J'entends très peu de scientifiques qui disent qu'en trois semaines on peut terrasser le virus", a-t-il toutefois ajouté. "En Allemagne, ils ont annoncé en décembre un confinement pour trois semaines. Ils y sont toujours. (...) Parce que les variants changent la donne."

Gabriel Attal a également souligné que cette proposition de la mairie de Paris devait être examinée au niveau régional et que la fermeture des écoles préconisée par la municipalité devait être une mesure de dernier recours en raison de son impact "majeur" sur la santé des enfants.

Lors de sa conférence de presse, Emmanuel Grégoire a précisé qu'une décision de reconfinement "ne pourrait être prise qu'à l'échelle de l'Ile-de-France ou au moins de la zone dense", ajoutant que la mairie de Paris était "favorable au maintien de l'ouverture des écoles".

"Soit ça va mieux, c'est peu probable, soit ça se stabilise dans les jours qui viennent et auquel cas, les mesures d'ajustement - recours au télétravail obligatoire, campagne de dépistage ciblée accélérée, accélération de la vaccination - suffisent pour maintenir le contrôle de l'épidémie. Soit la tendance s'aggrave. Nous sommes contre les demi-mesures qui ne feraient que retarder un confinement plus dur."

Pour Gabriel Attal, certains signaux concernant la vaccination ou les traitements permettent de garder un relatif optimisme.

"Le nombre de foyers de contamination dans les Ehpad a baissé et le taux d'incidence chez les personnes âgées diminue, (il) est inférieur maintenant à la moyenne nationale. On commence à avoir un impact de la vaccination sur les personnes qui font le plus de formes graves et se retrouvent pour certaines d'entre elles en réanimation", a-t-il expliqué.

"Ce qu'on peut espérer, c'est que d'ici au printemps, à mesure qu'on aura vacciné un grand nombre de personnes vulnérables et qu'on aura allégé la pression sur l'hôpital, on pourra alléger des restrictions."

(Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)