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Grande-Bretagne : Le gouvernement proroge son plan d'aide, prévoit une hausse des impôts en 2023

reuters.com  |   |  706  mots
Grande-bretagne: le gouvernement promet le necessaire face au covid dans son projet de budget[reuters.com]
(Crédits : Toby Melville)

par William Schomberg et David Milliken

LONDON (Reuters) - Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a annoncé mercredi une prolongation des programmes d'aide d'urgence face à la crise du coronavirus mais aussi une prochaine hausse des impôts afin de commencer à réduire les déficits publics.

S'exprimant devant le Parlement à l'occasion de son exposé budgétaire annuel, Rishi Sunak a déclaré que l'économie britannique devrait retrouver son niveau d'avant-crise à la mi-2022, soit six mois plus tôt qu'initialement estimé, grâce à son programme de vaccination contre le COVID-19.

Le produit intérieur brut britannique sera cependant dans cinq ans en retrait de trois points de pourcentage par rapport au niveau qu'il aurait atteint sans la crise sanitaire, a-t-il ajouté. Selon lui, un nouveau soutien reste par ailleurs nécessaire au regard des restrictions actuelles pour lutter contre la pandémie.

Parmi les nouvelles mesures de soutien figurent une extension de cinq mois d'un vaste plan de protection de l'emploi, une aide accrue aux indépendants, la poursuite de la hausse des prestations sociales et une prorogation du dispositif de réduction de la TVA pour le secteur de l'hôtellerie.

Une réduction d'impôt accordée aux nouveaux propriétaires immobiliers a également été reconduite jusqu'à fin juin.

"Premièrement, nous allons continuer de faire tout ce qu'il faut pour soutenir le peuple et les entreprises britanniques pendant cette période de crise", a déclaré Rishi Sunak.

"Deuxièmement, une fois que nous serons sur le chemin du rétablissement économique, il nous faudra commencer à réparer les finances publiques", a-t-il poursuivi, disant vouloir faire preuve d'honnêteté sur les projets du gouvernement.

"Enfin, troisièmement, dans le budget de ce jour nous commençons les travaux pour construire notre future économie", a-t-il conclu.

LA PRÉVISION DE CROISSANCE 2021 REVUE À LA BAISSE

Reprenant les prévisions de l'Office for Budget Responsibility (OBR), l'équivalent de la Cour des comptes, Rishi Sunak a déclaré que l'économie devrait croître de 4% en 2021, contre une prévision de 5,5% fournie en novembre, en raison du confinement instauré en janvier.

A long terme, l'OBR prévoit une croissance du produit intérieur brut britannique de 7,3% en 2022, de 1,7% en 2023 et de 1,6% en 2024. En novembre, ces prévisions étaient respectivement de 6,6%, 2,3% et 1,7%.

Rishi Sunak s'est engagé à tout faire pour soutenir l'économie durant ce qu'il espère être les ultimes mois des restrictions sanitaires face à la pandémie.

Le chancelier de l'Echiquier a jusqu'à présent alloué près de 300 milliards de livres (346 milliards d'euros) en mesures de soutien en urgence à l'économie et en exonérations d'impôts.

Les emprunts britanniques sont à un niveau record depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un déficit représentant 17% du PIB sur l'exercice 2020/2021 clos en avril. Sur le prochain exercice, il s'élèvera à 10,3% du PIB, un niveau toujours historiquement élevé.

Pour réduire les déficits, Rishi Sunak a annoncé que l'impôt sur les sociétés passerait de 19% à 25% à compter de 2023, date à laquelle l'économie devrait être sortie de la crise liée au coronavirus.

"Même après cette modification, le Royaume-Uni aura toujours le taux d'imposition sur les sociétés le plus bas des pays du G7, plus bas que celui des Etats-Unis, du Canada, de l'Italie, du Japon, de l'Allemagne et de la France", a-t-il plaidé.

Le taux de 19% sera maintenu pour les entreprises dont les bénéfices ne dépassent pas les 50.000 livres, a-t-il ajouté.

De nombreuses entreprises britanniques font par ailleurs face aux difficultés générées par le Brexit, la Grande-Bretagne ayant quitté formellement le marché unique de l'Union européenne le 1er janvier, tandis que le gouvernement est confronté au défi d'investir massivement pour atteindre son objectif d'une neutralité carbone de son économie d'ici 2050.

La Grande-Bretagne déplore le plus grand nombre de décès liés au COVID-19 en Europe et a encaissé le choc économique le plus dur parmi les pays riches lors de la crise sanitaire, montrent les principales données officielles. L'économie britannique s'est contractée l'an dernier de 9,9%, un record en trois siècles.

(version française Jean Terzian et Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)