Téléchargez
notre application
Ouvrir

Nucléaire : L'Iran donne des signaux positifs en vue d'échanges informels

reuters.com  |   |  648  mots
Nucleaire: l'iran donne des signaux positifs en vue d'echanges informels[reuters.com]
(Crédits : Raheb Homavandi)

par John Irish

PARIS (Reuters) - L'Iran a donné ces derniers jours des signes encourageants sur une possible ouverture de discussions informelles avec les puissances mondiales et les Etats-Unis sur son nucléaire, ont déclaré jeudi deux sources européennes, après que les puissances européennes ont renoncé à une résolution critiquant Téhéran.

Jusqu'à présent, Téhéran a refusé de participer à une réunion avec les parties toujours prenantes du Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) et les Etats-Unis, que l'ancien président américain Donald Trump a retiré de l'accord sur le programme nucléaire iranien signé en 2015.

"Les choses bougent dans la bonne direction et nous avons eu des signaux plus encourageants cette semaine et en particulier les derniers jours", a dit une source diplomatique française.

L'objectif, a-t-elle ajouté, est de "mettre tout le monde autour de la table avant le début de Norouz", le Nouvel an perse, le 20 mars.

Cette source a aussi souligné que la fenêtre commencerait à se refermer à partir de mi-avril, lorsque débutera en Iran la campagne pour l'élection présidentielle.

"Nous faisons tout pour que (cette réunion) puisse avoir lieu dans les prochains jours ou les prochaines semaines", a-t-elle dit.

Une deuxième source européenne a déclaré qu'il y avait eu des signaux positifs en provenance de Téhéran.

Pour revenir à la table des négociations, l'Iran a fixé des préconditions destinées à garantir que les sanctions américaines le visant seront allégées à l'issue d'une potentielle réunion, une hypothèse que les Etats-Unis ont refusée.

PAS DE RÉSOLUTION TRANSMISE À L'AIEA POUR LE MOMENT

"La question n'est pas de donner l'assurance de quelque chose que nous ferons", a déclaré à Reuters un haut représentant américain sous couvert d'anonymat. "Il s'agit de s'asseoir et de faire en sorte que les deux camps - qu'il s'agisse d'un premier, d'un second pas, peu importe - prennent des mesures positives", a-t-il poursuivi.

"Nous ne pouvons pas leur dire en avance ce que nous allons faire, si nous ne savons pas ce qu'ils vont faire", a-t-il dit.

Un représentant iranien a décliné une demande de commentaire.

L'Allemagne, la France et le Royaume-uni ont renoncé à déposer auprès du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), réuni cette semaine à Vienne, une résolution critiquant la décision de l'Iran de réduire sa coopération avec l'agence onusienne, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques, dans le but de donner une nouvelle chance à la diplomatie.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a parallèlement annoncé qu'il entamerait début avril un dialogue "technique" avec l'Iran visant à obtenir davantage d'explications concernant des particules d'uranium découvertes sur d'anciens sites non déclarés. Il a dit espérer refaire un point devant le conseil des gouverneurs d'ici le mois de juin.

Une source française a prévenu toutefois que les Européens pourraient proposer l'organisation d'une réunion extraordinaire et plaider en faveur d'une résolution avant le prochain conseil de l'AIEA, prévu en juin, si l'agence onusienne éprouvait des difficultés avec le régime iranien.

L'Iran, qui a annoncé le mois dernier qu'il cesserait d'appliquer les mesures de transparence volontaires prévues par l'accord de 2015 sur son programme nucléaire, a mis en garde contre toute initiative à son encontre à l'occasion de la réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA cette semaine à Vienne.

Téhéran s'affranchit par étapes de l'accord de Vienne depuis 2019, suite au retrait des Etats-Unis de l'accord décidé un an plus tôt par Donald Trump, qui a rétabli d'importantes sanctions économiques contre l'Iran.

(John Irish, avec Francois Murphy à Vienne et Arshad Mohammed à Washington; version française Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame et Jean Terzian)