Yémen: L'Arabie propose un cessez-le-feu, les Houthis sceptiques
reuters.com

Yemen: l'arabie propose un cessez-le-feu, les houthis sceptiques
AHMED YOSRI
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Yemen: l'arabie propose un cessez-le-feu, les houthis sceptiques
AHMED YOSRI
DUBAI (Reuters) - L'Arabie saoudite a présenté lundi un nouveau plan visant à mettre fin au conflit au Yémen, prévoyant un cessez-le-feu national et la réouverture des liaisons maritimes et aériennes, mais les rebelles Houthis ont jugé la proposition insuffisante pour lever le blocus qui les vise.
Cette initiative, annoncée par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane Al Saoud, prévoit la réouverture de l'aéroport de la capitale Sanaa et l'autorisation des importations alimentaires et de carburant via le port de Hodeïdah, deux infrastructures contrôlées par les Houthis.
Il prévoit également la reprise des négociations politiques entre le gouvernement yéménite - soutenu par Ryad - et le mouvement Houthi - aligné sur Téhéran - et entrerait en vigueur, selon le ministre, dès son acceptation par les parties yéménites.
Saluée par les Nations unies, cette proposition a également été bien accueillie par le gouvernement yéménite dans un communiqué émanant du ministère des Affaires étrangères, basé à Aden, port du sud-ouest du pays.
Les Houthis ont en revanche estimé que ce projet ne proposait "rien de neuf", dans la mesure où il ne répondait pas à leur demande d'une levée complète du blocus sur l'aéroport de Sanaa et le port de Hodeïdah.
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"Nous escomptions que l'Arabie saoudite annonce la fin du blocus des ports et des aéroports et une initiative visant à permettre aux 14 navires retenus par la coalition d'accoster", a déclaré à Reuters le négociateur en chef des Houthis, Mohamed Abdoulsalam.
"L'ouverture des aéroports et des ports est un droit humanitaire et ne devrait pas être utilisé comme instrument de pression", a-t-il ajouté en précisant que les discussions avec les Saoudiens, avec les Etats-Unis, et avec le sultanat d'Oman, qui fait office de médiateur, se poursuivraient pour tenter de parvenir à un accord de paix.
La proposition saoudienne ne précise pas quelles seraient les liaisons autorisées vers l'aéroport de Sanaa, ni si les importations alimentaires et de carburant au niveau du port de Hodeïda seraient soumises à des autorisations préalables supplémentaires, en plus des inspections déjà réalisées à Djibouti sous l'égide de l'Onu.
L'Arabie saoudite, qui intervient militairement au Yémen depuis mars 2015 à la tête d'une coalition de pays du Golfe, fait l'objet d'une pression croissante pour mettre fin à ce conflit, alors que le nouveau président américain Joe Biden a retiré le soutien des Etats-Unis à cette campagne militaire, à l'origine de ce que les Nations Unies décrivent comme la pire catastrophe humanitaire actuelle.
La coalition menée par l'Arabie saoudite estime que l'accès aux ports et aéroports doit être restreint pour éviter l'approvisionnement en armes des Houthis, qui contrôlent la capitale et les zones les plus peuplées du pays.
La coalition a mené dimanche des dizaines de frappes aériennes contre ce qu'elle a décrit comme des cibles militaires des rebelles Houthis dans le nord du pays, dont la capitale Sanaa et le port de Salif sur le littoral de la mer Rouge.
(Aziz El Yaakoubi, avec Michelle Nichols à New York ; version française Jean Terzian et Myriam Rivet)
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