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Nucléaire iranien: Les USA et l'Iran s'affrontent sur les sanctions, Washington voit une possible "impasse"

reuters.com

Publié le 10 avril 2021 à 09:46 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 21:33

Nucleaire iranien: les usa et l'iran s'affrontent sur les sanctions

Nucleaire iranien: les usa et l'iran s'affrontent sur les sanctions

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par Francois Murphy, John Irish, Arshad Mohammed et Humeyra Pamuk

VIENNE/PARIS (Reuters) - Les responsables américains et iraniens se sont affrontés vendredi sur les sanctions que les États-Unis devraient lever pour recommencer à respecter l'accord nucléaire de 2015, Washington prédisant une impasse si Téhéran s'en tient à une demande de suppression de toutes les sanctions depuis 2017.

Les deux pays ont adopté des positions fermes alors que les pourparlers indirects menés à Vienne sur la manière de ramener les deux pays en pleine conformité avec l'accord se terminaient pour la semaine, certains délégués faisant état de progrès.

Les pourparlers, au cours desquels des représentants de l'Union européenne font la navette entre les autres parties à l'accord et les États-Unis, visent à rétablir le compromis qui est au coeur de l'accord : des restrictions sur les activités nucléaires de l'Iran en échange de la levée des sanctions américaines et internationales.

Les États-Unis ont été les premiers à revenir sur cet accord sous la présidence de Donald Trump, qui s'y est opposé avec véhémence. L'ancien président américain s'est retiré de l'accord, a réimposé les sanctions qui avaient été levées et en a introduit de nombreuses autres. L'Iran a répondu en enfreignant de nombreuses restrictions nucléaires.

"Toutes les sanctions imposées par Donald Trump étaient contraires au JCPOA et doivent être supprimées - sans distinction entre les désignations arbitraires", a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif, sur Twitter, en désignant l'accord par son nom complet, le Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPOA en anglais).

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Les États-Unis se disent prêts à lever "les sanctions qui sont incompatibles avec le JCPOA". Bien qu'ils aient refusé de donner des précisions, cela semble exclure les sanctions qui ne sont pas officiellement liées aux questions nucléaires couvertes par l'accord.

Un représentant du département d'État américain a déclaré aux journalistes que les États-Unis avaient constaté certains signes de sérieux de la part de l'Iran concernant le retour au pacte nucléaire, mais "certainement pas assez".

"Si l'Iran s'en tient à la position selon laquelle chaque sanction imposée depuis 2017 doit être levée ou il n'y aura pas d'accord, alors nous nous dirigeons vers une impasse", a déclaré le haut fonctionnaire américain aux journalistes lors d'une conférence téléphonique.

Il reste à voir si ces déclarations sont des manœuvres d'ouverture ou des positions plus fermes. Les responsables européens ont déclaré que l'Iran négociait durement dès le départ.

Les parties restantes de l'accord - l'Iran, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne et la Russie - se sont réunies à nouveau vendredi après le début officiel des pourparlers mardi et sont convenu de poursuivre les discussions, ont indiqué les émissaires russes et chinois.

"Les participants au #JCPOA ont fait le point sur le travail effectué par les experts au cours des trois derniers jours et ont noté avec satisfaction les premiers progrès réalisés", a déclaré sur Twitter Mikhaïl Ulyanov, l'envoyé de la Russie auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) des Nations unies, à l'issue de la réunion officiellement connue sous le nom de Commission mixte.

"La Commission se réunira à nouveau la semaine prochaine afin de maintenir la dynamique positive".

Les parties restantes ont formé deux groupes de travail dont la tâche est de dresser des listes de sanctions que les États-Unis lèveront et de restrictions nucléaires que l'Iran mettra en œuvre. Leur travail se poursuit entre les réunions de la Commission mixte.

"Toutes les parties ont réduit leurs divergences et nous constatons qu'un consensus se dégage progressivement", a déclaré à la presse Wang Qun, ambassadeur de la Chine auprès de l'AIEA.

"L'IRAN DONNE LE TON"

Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que les diplomates se réuniraient à nouveau mercredi à Vienne. Les pourparlers devraient durer des semaines.

"Compte tenu de la complexité technique des aspects nucléaires et des subtilités juridiques de la levée des sanctions, il serait très optimiste de penser à quelques semaines", a déclaré une source diplomatique européenne.

Certains diplomates espèrent qu'un accord pourra être conclu avant l'élection présidentielle iranienne du 18 juin, faute de quoi les discussions risquent d'être repoussées à plus tard dans l'année.

"L'Iran donne le ton. Si Téhéran décide d'avancer rapidement avant l'élection présidentielle de juin, les États-Unis seront presque certainement réceptifs", a déclaré dans une note Henry Rome, analyste au cabinet de recherche Eurasia Group.

"Cela nécessiterait que l'Iran fasse des compromis sur ses exigences en matière de sanctions et de séquençage. Si Téhéran n'est pas satisfait de la position américaine, ou si le guide suprême Ali Khamenei se méfie des conséquences politiques d'une percée diplomatique en pleine campagne présidentielle, Téhéran freinera des quatre fers."

Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions d'État, s'est opposé à tout assouplissement progressif des sanctions.

(version française Camille Raynaud)

reuters.com

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