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Alexeï Navalny transféré dans une unité de soins pénitentiaire

reuters.com  |   |  505  mots
Navalny dans un etat de sante satisfaisant, selon les autorites russes[reuters.com]
(Crédits : Maxim Shemetov)

par Anton Zverev

MOSCOU (Reuters) - L'opposant russe Alexeï Navalny a été transféré lundi dans une unité de soins pénitentiaire, l'administration pénitentiaire russe qualifiant son état de santé de "satisfaisant" alors que l'un de ses avocats a prévenu que sa situation continuait de se dégrader.

Âgé de 44 ans, Alexeï Navalny a entamé une grève de la faim le 31 mars en accusant les autorités de la prison où il est détenu depuis fin février de refuser de le soigner correctement pour de fortes douleurs au dos et aux jambes.

Alexeï Navalny risque une insuffisance rénale et sa vision se détériore, a déclaré ce week-end un syndicat de médecins proche de l'opposant.

Le principal détracteur du président Vladimir Poutine tente parallèlement de se remettre de ce que les médecins considèrent comme un empoisonnement via un agent toxique, en août dernier. Alexeï Navalny, soigné pendant cinq mois en Allemagne, purge une peine de deux ans et demi de prison à laquelle il a été condamné à son retour en Russie au début de l'année.

Les services pénitentiaires russes ont annoncé qu'Alexeï Navalny, transféré dans un hôpital pénitentiaire régional, s'était vu administrer des suppléments vitaminiques avec son accord et ils ont précisé que son état de santé était "satisfaisant".

L'un des avocats de l'opposant, Alexeï Lipster, qui a pu lui rendre visite, a de son côté signalé que l'état de santé d'Alexeï Navalny s'était encore dégradé et que la situation ne faisait qu'empirer.

Il a précisé que son client s'était encore vu refuser la possibilité d'être soigné par un médecin de son choix et qu'il était déterminé à poursuivre sa grève de la faim.

Les partisans d'Alexeï Navalny ont lancé des appels à manifester dans tout le pays dans les prochains jours mais le Kremlin a prévenu que ces rassemblements, s'ils avaient lieu, seraient considérés comme illégaux et réprimés comme tels.

Josep Borrell, le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, a prévenu ce lundi que les autorités russes étaient tenues "pour responsables de l'état de santé de M. Navalny".

Washington a pour sa part mis en garde le pouvoir russe dimanche, le prévenant qu'il y aurait des "conséquences" si l'opposant venait à mourir.

Le Kremlin a précisé lundi qu'il riposterait à toute sanction à l'encontre de la Russie et a rejeté les commentaires émanant de l'étranger.

"L'état de santé des personnes condamnées et emprisonnées sur le territoire russe ne peut pas et ne devrait pas être une question qui les intéresse", a déclaré le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov.

(Avec Gabrielle Tétrault-Farber, Anastasia; Teterevleva, Maxim Rodionov et Maria Vasiliyeva à Moscou, Jason Hovet et Jan Lopatka à Prague ; version française Nicolas Delame et Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey)