Téléchargez
notre application
Ouvrir

Les chefs d'entreprise anticipent une amélioration de l'activité en mai, selon la Banque de France

reuters.com  |   |  514  mots
Les chefs d'entreprise anticipent une amelioration de l'activite en mai, selon la banque de france[reuters.com]
(Crédits : Charles Platiau)

PARIS (Reuters) - Les chefs d'entreprise français anticipent une amélioration de l'activité en mai avec la levée progressive des restrictions sanitaires liées au coronavirus, même si plus d'un quart d'entre eux font état de problèmes d'approvisionnements, constate la Banque de France lundi.

Sur la base de son enquête de conjoncture menée auprès de 8.500 entreprises, la banque centrale estime que la perte de produit intérieur brut (PIB) par rapport au niveau d'avant-crise devrait se situer autour de -4% en mai, après environ -6% en avril et -5% en mars.

Le gouvernement a annoncé le 30 avril un calendrier de déconfinement en quatre étapes qui prévoit la réouverture des commerces et restaurants ainsi que la levée du couvre-feu entre le 3 mai et le 30 juin.

L'amélioration de l'activité en mai devrait particulièrement concerner l'industrie et les services. Dans le bâtiment, l'activité serait quasi-stable mais à un niveau toujours proche de celui d'avant-crise.

En avril, l'activité économique a été pénalisée par la mise en place de nouvelles restrictions nationales au début du mois, avec notamment la fermeture des établissements scolaires et des commerces non essentiels.

L'activité durant cette période s'est repliée dans les services marchands mais a résisté dans l'industrie (hors automobile) et le bâtiment.

PRESSIONS SUR LES MARGES

"Au total, dans la plupart des secteurs, l'impact du durcissement des mesures sanitaires au mois d'avril a été légèrement moins marqué que celui du confinement du mois de novembre 2020", souligne la Banque de France dans sa note.

Elle met également en lumière une recrudescence des problèmes d'approvisionnements dans les entreprises. En avril, dans l'industrie, 27% des chefs d'entreprise ont mentionné ce problème et 26% l'ont évoqué dans le bâtiment, soit beaucoup plus que d'habitude dans les deux cas.

D'après Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, de nombreuses entreprises devaient reconstituer leurs stocks tout en répondant à l'amélioration de la demande des clients, ce qui a exercé une pression sur les chaînes d'approvisionnement.

"A ce stade, nous voyons cela plutôt comme un problème de redémarrage qu'un problème structurel", a-t-il déclaré lors d'un point presse.

Ces difficultés d'approvisionnement s'accompagnent par ailleurs d'une hausse des prix des intrants que les entreprises devront probablement absorber dans leurs marges car il y a peu de possibilités de la répercuter sur les clients, la demande étant encore en phase de reprise, a ajouté Olivier Garnier.

Compte tenu de l'amélioration de l'activité économique, la prévision de la Banque de France d'une croissance de 5,5% cette année tend à se confirmer, a-t-il ajouté. Elle devrait être actualisée le mois prochain.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a de son côté confirmé lundi sur France Info l'objectif fixé par le gouvernement de 5% de croissance en France en 2021. L'activité devrait retrouver son niveau d'avant-crise au premier semestre 2022, a-t-il ajouté.

(Leigh Thomas et Hayat Gazzane, édité par Bertrand Boucey)