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L'UE appelle Cuba à libérer les manifestants "détenus arbitrairement"

reuters.com  |   |  358  mots
L'ue appelle cuba a liberer les manifestants detenus arbitrairement[reuters.com]
(Crédits : Alexandre Meneghini)

par Sarah Marsh

LA HAVANE (Reuters) - L'Union européenne a déclaré jeudi dans un communiqué être "très préoccupée par la répression" des manifestations à Cuba, appelant le gouvernement cubain à libérer tous les manifestants de manière arbitraire, dans ce qui constitue à date sa prise de position la plus ferme à l'égard de la contestation dans l'île.

Cette déclaration intervient alors qu'ont débuté les procès de certains des contestataires arrêtés après des manifestations d'une ampleur sans précédent survenues le 11 juillet, sur fond d'une crise économique amplifiée par l'épidémie de coronavirus et les sanctions américaines contre Cuba.

D'après des ONG, environ 700 personnes dont plusieurs mineurs ont été arrêtées. Le gouvernement n'a pas fourni de bilan officiel mais nie avoir procédé à des arrestations pour le simple fait d'avoir manifesté, évoquant des troubles de l'ordre public et des actes de vandalisme notamment.

"Nous appelons le gouvernement cubain à respecter les droits humains et les libertés inscrites dans les Conventions universelles sur les droits de l'homme", a déclaré le chef de la diplomatie européenne.

"Nous exhortons (le gouvernement cubain) à relâcher tous les manifestants détenus arbitrairement, d'écouter les voix de ses citoyens et d'ouvrir un dialogue inclusif à propos de leurs griefs", a ajouté Josep Borrell.

Depuis la signature en 2016 d'un nouvel accord de normalisation des relations n'imposant à Cuba aucune contrainte de réforme démocratique, l'UE évite généralement toute confrontation publique avec le régime communiste sur la question des droits de l'homme.

S'exprimant via Twitter, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a "rejeté fermement" le communiqué de Bruxelles, qu'il a critiqué pour ne pas avoir mentionné le "blocus génocidaire des Etats-Unis" que le gouvernement cubain considère comme la source des maux économiques de l'île.

Washington a sanctionné la semaine dernière un membre du gouvernement cubain et une unité de sécurité pour des violations présumées aux droits de l'homme lors de la répression des manifestations.

(Reportage Sarah Marsh; version française Jean Terzian)