Les taliban entrent dans Kaboul, le président afghan a quitté le pays
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Les taliban entrent dans kaboul, les occidentaux evacuent leurs ressortissants
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Les taliban entrent dans kaboul, les occidentaux evacuent leurs ressortissants
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KABOUL (Reuters) -Les taliban sont entrés dimanche dans Kaboul avec l'intention déclarée d'y reprendre le pouvoir d'ici quelques jours, adoptant un ton modéré alors que les Occidentaux et de nombreux habitants tentaient de quitter la capitale afghane.
Selon un haut responsable afghan, le président Ashraf Ghani a quitté l'Afghanistan, une information que la présidence afghane n'a pas commenté, invoquant des raisons de sécurité. Selon une source officielle au ministère de l'Intérieur, il aurait pris la direction du Tadjikistan.
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré que le personnel de l'ambassade des Etats-Unis était en route pour l'aéroport. D'autres pays, comme l'Allemagne, l'Italie et le Canada, ont annoncé la fermeture de leur ambassade et-ou l'évacuation du personnel diplomatique.
La Russie n'a en revanche pas jugé utile d'évacuer son ambassade pour le moment, selon l'agence Tass.
A Londres, le Parlement doit se réunir lundi pour examiner la situation en Afghanistan.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué que l'ambassadeur britannique restait à Kaboul et que le personnel diplomatique ferait tout son possible pour aider les ressortissants britanniques qui souhaitent quitter le pays, tout en indiquant avoir réduit son personnel.
Dimanche en début de journée, un haut responsable du ministère afghan de l'Intérieur a déclaré à Reuters que les taliban arrivaient "de tous côtés", sans fournir de détail.
Des tirs ont été entendus en divers endroits de la capitale, ont rapporté des témoins et le ministère de l'Intérieur.
Selon le porte-parole des taliban, Zabihullah Mujahid, ordre a été donné aux combattants d'entrer dans la capitale pour empêcher le pillage après le départ la police locale.
Plusieurs responsables taliban ont adopté un ton modéré dans leurs interventions, appelant de leurs voeux une transition sans violence.
Des représentants des deux parties devaient se rencontrer dimanche au Qatar, a déclaré à Reuters Fawzi Koofi, membre de l'équipe de négociation de Kaboul. Selon une source proche du dossier, la discussion portera sur une transition de pouvoir impliquant des responsables américains.
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Selon trois sources diplomatiques, Ali Ahmad Jalali, universitaire américain et ancien ministre afghan de l'Intérieur, pourrait être nommé à la tête d'une administration transitoire. Rien ne permettait cependant dans l'immédiat de dire que les taliban avaient donné leur accord.
AVANCÉE FULGURANTE
Tristement célèbres durant leurs années au pouvoir pour empêcher les filles d'aller à l'école et prononcer des peines telles que l'amputation et la lapidation, les taliban semblaient essayer de donner une image plus moderne.
L'un de leurs porte-parole, Suhail Shaheen, a déclaré à la BBC que les droits des femmes seraient préservés, tout comme les libertés des médias et des diplomates.
"Nous assurons la population, en particulier dans la ville de Kaboul, que leurs propriétés, leurs vies sont en sécurité", a-t-il dit, tablant sur un transfert de pouvoir d'ici quelques jours.
Le ministre de l'Intérieur par intérim du gouvernement afghan, Abdul Sattar Mirzakawal, a évoqué lui-même l'éventualité d'une transition dans un message posté sur Twitter par la chaîne Tolo. "Il n'y aura pas d'attaque sur la ville, il est convenu qu'il y aura une passation pacifique", dit-il.
L'entrée dans la capitale parachève l'avancée fulgurante des militants islamistes, évincés du pouvoir il y a 20 ans par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.
Le peu de résistance de la part du gouvernement afghan a stupéfié les diplomates, alors que les services de renseignement américains estimaient la semaine dernière que Kaboul pourrait tenir au moins trois mois.
Un responsable de l'Otan a déclaré dimanche que l'organisation avait l'intention de garder une présence diplomatique en Afghanistan et de continuer à sécuriser l'aéroport.
Dans un communiqué publié samedi, le président Joe Biden a annoncé l'envoi sur place d'un renfort d'un millier de soldats supplémentaires pour aider à l'évacuation des Américains.
Toute action qui "mettrait en danger des ressortissants américains ou notre mission" déclencherait "une réponse militaire rapide et forte", a-t-il prévenu.
Le président installé à la Maison blanche depuis le début de l'année a de nouveau justifié son choix de mettre fin à 20 ans de présence américaine en Afghanistan.
"Une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n'auraient fait aucune différence, quand l'armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays", a-t-il écrit.
(Bureaux de Kaboul et de Washington ; Version française Elizabeth Pineau)
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