Téléchargez
notre application
Ouvrir

Les tensions transatlantiques "plus vastes" que la question des sous-marins, déclare Breton

reuters.com  |   |  526  mots
Les tensions transatlantiques plus vastes que la question des sous-marins, declare breton[reuters.com]
(Crédits : Johanna Geron)

par Andrea Shalal

WASHINGTON (Reuters) - Les tensions dans les relations transatlantiques s'accumulent depuis des années et ne peuvent être réduites uniquement à la frustration consécutive à l'annulation brutale par l'Australie d'un contrat de sous-marins de 40 milliards de dollars avec la France, a déclaré mardi le commissaire européen à l'Industrie.

S'exprimant devant des journalistes à Washington, Thierry Breton a souligné que de nombreux responsables politiques ou citoyens européens partageaient le "sentiment grandissant" que quelque chose est "cassé dans nos relations transatlantiques" après une série de surprises de la part de l'administration du président américain Joe Biden au cours des derniers mois.

"Malheureusement ce sentiment s'accroît. Il n'est pas juste de penser que cela est dû simplement à ce qui s'est passé la semaine dernière. C'est plus vaste que cela", a-t-il dit, rappelant la mise sur écoute du téléphone de la chancelière allemande Angela Merkel et les multiples critiques de l'ancien président américain Donald Trump à l'encontre de l'Europe pendant quatre ans.

Paris a qualifié de "coup dans le dos" la décision de l'Australie de renoncer soudainement à un contrat de fourniture de sous-marins français au profit d'un partenariat avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Thierry Breton a fait savoir que les chefs d'Etat et de gouvernement européens allaient se prononcer sous peu sur le maintien ou non de la réunion inaugurale du nouveau Conseil du commerce et des technologies entre les Etats-Unis et l'UE, censée avoir lieu le 29 septembre à Pittsburgh.

Ce rendez-vous a été présenté comme une avancée majeure dans l'alliance transatlantique.

Dans le sillage de la France, l'Allemagne a critiqué mardi les Etats-Unis pour avoir secrètement négocié un pacte sécuritaire avec l'Australie et la Grande-Bretagne. Le chef de la diplomatie allemande a déclaré qu'il serait difficile de rebâtir la confiance.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lundi que la France avait été traitée de manière "inacceptable".

Soulignant l'importance de rebâtir la confiance dans les relations transatlantiques, Thierry Breton a indiqué qu'il allait comme prévu s'entretenir avec des représentants américains durant sa visite aux Etats-Unis. Il doit notamment rencontrer la secrétaire au Commerce, Gina Raimondo.

Il a par ailleurs déclaré qu'il ne faudrait pas tirer trop d'enseignements d'un possible report de la réunion de Pittsburgh, ajoutant que celle-ci ne devait pas aboutir sur des avancées majeures.

A ses yeux, les frustrations européennes ont été alimentées par l'incapacité de Washington à communiquer sur le retrait des troupes américaines d'Afghanistan, le maintien des restrictions sur les voyages à destination des Etats-Unis instaurées par Donald Trump, et l'accord sécuritaire avec l'Australie et la Grande-Bretagne.

Thierry Breton a aussi dit avoir été informé seulement une demi-heure avant sa réunion avec Jeff Zients, en charge à la Maison blanche de la lutte contre la crise sanitaire du coronavirus, de la décision de l'administration Biden de lever les restrictions de voyage pour les personnes vaccinées contre le COVID-19.

(Reportage Andrea Shalal; version française Jean Terzian)