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Macron assure que la France ne lâchera pas ses pêcheurs, qui dénoncent un abandon

reuters.com

Publié le 19 novembre 2021 à 15:27 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 20:58

Macron presse bruxelles d'agir, sinon "la france le fera"

Macron presse bruxelles d'agir, sinon "la france le fera"

STEPHANE MAHE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Elizabeth Pineau

AULNOYE-AMERIES, Nord/GUISE, Aisne (Reuters) - Emmanuel Macron a pressé vendredi la Commission européenne de veiller à l'application des accords post-Brexit sur la pêche, que "les Britanniques ne respectent pas", soulignant que la France se battrait "jusqu'au bout" et prendrait l'initiative si Bruxelles continuait d'agir "trop lentement et trop mollement".

Lors d'un déplacement dans les Hauts-de-France, le président de la République a également déclaré qu'il recevrait les pêcheurs de toutes les régions concernées une fois qu'il aurait reçu "les retours de l'exécutif européen. "

"Avant Noël, la France aura pris une position à leur apporter", a promis le chef de l'Etat, ajoutant que c'était "à la Commission de le faire en commun".

"Je ne veux pas en faire un sujet de la présidence française" de l'Union européenne, qui débute le 1er janvier 2022, a prévenu Emmanuel Macron.

La Grande-Bretagne joue "avec nos nerfs", a estimé le chef de l'Etat dans le Nord.

"Si la Commission ne joue pas son rôle, la France le fera. (...) La Commission doit défendre les intérêts communautaires, ça va trop lentement et trop mollement", a dit le président français à des journalistes.

La France "ne lâchera", "ne cédera pas", "on va se battre jusqu'au bout", a martelé Emmanuel Macron en réponse aux inquiétudes des pêcheurs.

Le secrétaire aux Affaires européennes, Clément Beaune, a confirmé vendredi sur BFM TV que la France continuerait à "se battre" pour obtenir des licences pour ses pêcheurs, car "le compte n'y est pas".

"Il faut être très clair, ce n'est pas un jeu de gentlemen", a-t-il dit.

"Ce que nous voyons, c'est qu'effectivement nous avons avec le Brexit moins de coopération et moins de confiance avec les Britanniques. Si la négociation n'aboutit pas, nous pourrons prendre un certain nombre de mesures européennes ou françaises contre les Britanniques, c'est très clair", a-t-il de nouveau menacé.

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La position de la France, a-t-il ajouté, est inchangée : "Le dialogue autant que possible, la fermeté autant que nécessaire."

Un message tout autant adressé à Londres qu'aux pêcheurs français, qui ont estimé que le gouvernement les laissait tomber après que leur ministre de tutelle eut évoqué un plan d'indemnisation.

"ILS NOUS LAISSENT TOMBER"

Annick Girardin a annoncé jeudi préparer un plan de sortie de flotte pour les pêcheurs français qui devraient cesser leurs activités s'ils n'obtenaient pas de licences du Royaume-Uni pour accéder aux eaux britanniques.

"Ils abandonnent le combat. Ils nous laissent tomber. Ça fait onze mois qu'ils nous disent de ne pas bouger le petit doigt, qu'ils obtiendront les licences, que s'ils ne les obtiennent pas, il y aura des mesures de rétorsion. Aujourd'hui, on n'a pas les licences et il n'y a pas de mesures de rétorsion. On se sent trahis", a témoigné sur BFM TV Pierre Vogel, pêcheur à Saint-Malo.

On compte à ce jour quelque 220 licences accordées par les autorités britanniques, environ 150 manquent à l'appel.

Le conflit a pris un tour électoral, à l'approche de l'élection présidentielle française.

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a accusé vendredi sur Twitter Emmanuel Macron de "capituler avant même de mener le combat".

"Le temps est venu de défendre réellement nos pêcheurs et d'appliquer des sanctions à l'encontre de l'Angleterre !", écrit-elle.

Le candidat à l'investiture présidentielle des Républicains, Xavier Bertrand, a rencontré pour sa part vendredi matin une délégation de pêcheurs à Boulogne-sur-Mer

"Je demande au président de recevoir rapidement une délégation de pêcheurs. Il est dans la région, qu'il reçoive sans tarder nos pêcheurs", a-t-il dit, selon des propos rapportés par La Voix du Nord.

"Face aux Britanniques, on a des moyens de pression. (...) On peut augmenter le prix de vente de l'électricité envoyée aux îles anglo-normandes, on peut contrôler tous les camions anglais entrant en France", a-t-il estimé.

(Reportage Elizabeth Pineau, avec la contribution de Dominique Vidalon à Paris, rédigé par Sophie Louet et Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)

reuters.com

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