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La Chine dément vouloir un droit de regard sur les investissements des géants de l'internet

reuters.com  |   |  507  mots
La chine veut un droit de regard sur les investissements des geants de l'internet[reuters.com]
(Crédits : Thomas Peter)

HONG KONG/PEKIN (Reuters) - Le régulateur chinois du cyberespace a démenti mercredi avoir diffusé un document présentant de nouvelles directives pour contraindre les grandes sociétés internet du pays à obtenir son approbation avant d'entreprendre des investissements ou des levées de fonds.

Ce démenti de l'Administration chinoise du cyberespace (ACC) intervient après la publication sur les réseaux sociaux d'un document détaillant de telles directives.

Via son compte sur la messagerie en ligne WeChat, l'ACC a déclaré n'avoir "pas publié ce document et l'information est fausse".

Elle n'a pas donné davantage de précisions, laissant planer dans l'immédiat un doute sur le fait qu'elle contestait uniquement l'existence du document ou qu'elle niait tout projet de régulation supplémentaire.

Plus tôt dans la journée, citant des personnes au fait du dossier, Reuters a rapporté que l'ACC avait rédigé un projet de nouvelle réglementation lui conférant un droit de regard sur les investissements ou les levées de fonds envisagés par toute plateforme numérique rassemblant plus de 100 millions d'utilisateurs ou dont le chiffre d'affaires dépasse 10 milliards de yuans (1,39 milliard d'euros).

L'ACC n'a pas répondu à des demandes de commentaire sur l'information rapportée par Reuters et n'a pas donné suite, dans l'immédiat, à une demande de commentaire sur son démenti.

D'après les sources, certaines des entreprises concernées ont déjà été informées des nouvelles directives en élaboration. Il est possible que des modifications soient apportées au projet, ont précisé les sources.

Par ailleurs, toute société opérant dans les secteurs figurant dans la "liste négative" sur les investissements étrangers, publiée l'année dernière par la Commission nationale chinoise du développement et de la réforme (CNRD), devra également demander une autorisation, ont dit les sources.

Les règles proposées intensifieraient encore la surveillance exercée par Pékin sur les grands groupes technologiques chinois dans des domaines tels que les investissements ou la gestion des données personnelles des utilisateurs.

Les types d'investissements ou de levées de fonds susceptibles d'être affectés par ces nouvelles directives n'ont pas été précisés.

Un cadre supérieur de l'industrie technologique a déclaré que ces nouvelles règles pouvaient être sources d'inquiétude si elles venaient à s'appliquer aux investissements sur le marché primaire, notamment avant une introduction en bourse.

La Chine met régulièrement à jour une "liste négative" interdisant les investissements étrangers pour des secteurs tels que l'enseignement, les médias et les terres rares.

En fin d'année dernière, la CNRD a exigé des entreprises de ces secteurs qu'elles obtiennent les autorisations des régulateurs avant de pouvoir coter leurs actions en dehors de Chine continentale.

(Reportage Xie Yu à Hong Kong, Yingzhi Yang à Pékin et Zhang Yan à Shanghai, avec Kane Wu et Selena Li à Hong Kong; version française Khadija Adda-Rezig et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey)

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