Téléchargez
notre application
Ouvrir

Ukraine : Pas d'avancée majeure à Genève, le dialogue Etats-Unis-Russie va continuer

reuters.com  |   |  734  mots
Ukraine: pas d'avancee majeure a geneve, le dialogue etats-unis-russie va continuer[reuters.com]
(Crédits : Pool)

par Simon Lewis

GENEVE (Reuters) - La rencontre entre les chefs de la diplomatie russe et américaine vendredi à Genève n'a comme prévu débouché sur aucun résultat tangible, mais les deux pays sont convenus de poursuivre le dialogue pour tenter de trouver une issue à la crise ukrainienne.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a répété à l'issue de son entretien avec son homologue Sergueï Lavrov que la Russie devait se préparer à une riposte "rapide et sévère" si elle s'avise d'envahir militairement l'Ukraine après avoir massé des troupes à ses frontières.

Le ministre russe des Affaires étrangères a insisté de son côté pendant une conférence de presse sur la volonté de Moscou de recevoir une réponse écrite des Etats-Unis au sujet de ses demandes de garanties en matière de sécurité.

Tous deux se sont dits disposés à poursuivre le dialogue et à tenter de répondre à leurs préoccupations réciproques.

"Au vu des discussions que nous avons eues - au cours de la semaine écoulée et aujourd'hui ici à Genève -, je crois que nous avons matière à et les moyens de répondre à certaines de nos préoccupations mutuelles au sujet de la sécurité", a déclaré Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie américaine a estimé devant la presse qu'il appartenait désormais à la Russie de décider de la voie qu'elle veut prendre.

"Elle peut choisir le chemin de la diplomatie qui peut mener à la paix et à la sécurité, ou celui qui ne conduira qu'au conflit, à de sévères conséquences et à une condamnation internationale", a-t-il dit.

"Nous avons été clairs: si la moindre force russe franchit la frontière ukrainienne, ce sera une nouvelle invasion. Cela provoquera une réponse rapide, sévère et unie de la part des Etats-Unis et de nos partenaires et alliés."

Sergueï Lavrov a sans surprise estimé de son côté que la balle était dans le camp de Washington.

Tout en jugeant ses échanges avec Antony Blinken "ouverts et utiles", le ministre russe a souligné qu'il ne pourrait se faire une idée précise de leur utilité qu'une fois qu'il aurait entre les mains des engagements écrits des Etats-Unis.

MOSCOU VEUT UNE RÉPONSE ÉCRITE

"Je ne peux pas vous dire si nous sommes sur le bon chemin ou le mauvais chemin. Nous le saurons quand nous recevrons la réponse écrite des Américains à tous les points figurant dans notre proposition", a déclaré Sergueï Lavrov.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont déjà rejeté oralement la plus emblématique des demandes russes, l'arrêt de l'expansion vers l'Est de l'Otan.

Selon l'agence de presse russe RIA, qui cite une source diplomatique russe, les discussions russo-américaines sur les garanties réclamées par Moscou pourraient se poursuivre le mois prochain.

Antony Blinken et Sergueï Lavrov avaient prévenu avant leur rencontre bilatérale à l'Hôtel Président Wilson, sur les rives du lac Léman, qu'ils ne s'attendaient pas à des avancées significatives dans le dossier ukrainien.

La Russie, qui a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne et envoyé des troupes en Biélorussie pour des exercices militaires conjoints, nie toute intention belliqueuse.

Elle exige cependant de recevoir la garantie que l'Ukraine ne sera jamais autorisée à rejoindre l'Otan et a expliqué qu'elle pourrait lancer des actions militaires - sans préciser lesquelles - si ses demandes sécuritaires ne sont pas satisfaites.

Ces mouvements massifs de troupes ont attisé les tensions avec l'Occident, qui craint une nouvelle offensive russe en Ukraine après l'annexion de la péninsule de Crimée en 2014 et le soutien de Moscou aux séparatistes pro-russes de la région orientale du Donbass.

En écho à cette menace, le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, a annoncé vendredi que cette dernière allait débattre la semaine prochaine d'une proposition visant à demander à Vladimir Poutine de reconnaître l'indépendance des deux régions russophones sécessionnistes de l'est de l'Ukraine, Donetsk et Louhansk.

(Reportage de Simon Lewis à Genève, avec Alexander Ermochenko à Donetsk, Mark Trevelyan à Londres et Vladimir Soldatkin et Tom Balmforth à Moscou, rédigé par Paul Carrel ; version française Jean Terzian et Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

4 mn