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Etats-Unis : L'inflation ralentit plus que prévu, à 8,5% sur un an

reuters.com  |   |  595  mots
Etats-unis: l'inflation ralentit plus que prevu, a 8,5% sur un an[reuters.com]
(Crédits : Mike Segar)

WASHINGTON (Reuters) - La hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis a ralenti plus que prévu en juillet en raison d'une forte baisse du coût de l'essence, montrent les statistiques officielles publiées mercredi.

Les marchés espèrent que ces chiffres inciteront la Réserve fédérale (Fed) à atténuer l'ampleur du resserrement de sa politique monétaire.

L'indice des prix à la consommation (CPI) a stagné le mois dernier après une hausse de 1,3% en juin, a annoncé le département du Travail. Sur un an, il affiche un bond de 8,5%, après +9,1% le mois précédent.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un ralentissement moins marqué, avec en moyenne une augmentation de 0,2% d'un mois sur l'autre et de 8,7% en rythme annuel.

Il s'agit de la plus forte décélération de l'inflation d'un mois sur l'autre depuis 1973. Elle fait suite à une baisse d'environ 20% des prix de l'essence.

Les prix à la pompe se sont envolés au premier semestre en raison de la guerre en Ukraine, atteignant un niveau record à plus de 5 dollars le gallon (un gallon = 3,78 litres environ) à la mi-juin, selon l'association d'automobilistes AAA.

La montée en flèche des prix ces derniers mois s'explique également par le blocage des chaînes d'approvisionnement mondiales et les mesures de relance massives prises par le gouvernement au début de la pandémie de COVID-19.

L'indice d'inflation de base ("core CPI"), qui exclut l'énergie et les produits alimentaires, a lui augmenté de 0,3% le mois dernier et sur un an, il est en hausse de 5,9%, comme en juin.

Le consensus le donnait en hausse de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 6,1% en rythme annuel.

"C'EST UN DÉBUT"

Les contrats à terme sur les indices de Wall Street et les Bourses européennes ont grimpé après la publication de ces statistiques, les anticipations d'une hausse de taux de trois quarts de points de la Réserve fédérale ayant été revues à la baisse.

Les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux reflètent désormais la probabilité que la banque centrale américaine relèvera ses taux de 50 points de base en septembre, et non plus de 75 points de base comme estimé avant la publication des chiffres de l'inflation.

Sur le marché obligataire américain, les rendements des bons du Trésor sont en nette baisse, celui à deux ans - le plus sensible aux anticipations d'évolution des taux directeurs - perdait plus de 16 points de base à 3,1253% tandis que le dollar amplifiait sa baisse face à un panier de devises de référence.

La Réserve fédérale a toutefois indiqué qu'un ralentissement de l'indice CPI sur plusieurs mois serait nécessaire avant qu'elle ne mette fin au resserrement agressif de sa politique monétaire.

"Avec un indice CPI à 8,5% et une inflation de base à 5,9%, ce n'est pas encore la baisse significative que la Fed recherche. Mais c'est un début et nous nous attendons à voir des signes plus larges de réduction des pressions sur les prix au cours des prochains mois", a déclaré Paul Ashworth, économiste en chef chez Capital Economics.

La trajectoire de remontée des taux de la Fed est d'un intérêt capital pour les investisseurs, les entreprises et les consommateurs. Les responsables de l'institution ont indiqué la semaine dernière qu'ils poursuivraient les hausses de taux jusqu'à obtenir des preuves solides et durables que l'inflation est en voie de revenir à l'objectif de 2%.

Tableau

(Reportage Lindsay Duismuir, version française Laetitia Volga, édité par Kate Entringer)